MERIDIA T1 : LES FLEURS DE DORKéïNE
France - 2011
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Dessinateur : Joël Mouclier
Scenariste : Thierry Gloris
Nombre de pages : 48 pages
Distributeur : Delcourt
Date de sortie : 4 mai 2011
Bande dessinnée : note
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LE PITCH
Sur le point d'être ordonné prêtre du Royaume de Meridia, Lysandre tombe dans un guet-apens avec sa délégation religieuse. Alors qu'il assiste impuissant au massacre des siens, il est sauvé de justesse par le chef barbare. Ce dernier n'est autre que son amour de jeunesse qui lui propose de le suivre dans une délicate mission : dérober à l'Église son bien le plus précieux, les fleurs de Dorkéïne.
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Opium des peuples

Étouffé par des enjeux seigneuriaux dont la bassesse n'a d'égale que les victimes, contrôlé par une église matriarcale obscurantiste, construit sur le corps d'esclaves ensorcelés, le pays de Meridia est en pleine décadence. Une odeur de pourriture qui voit pourtant naître une épopée enivrante.   
  

Si l'on prête un œil aux communiqués qui ont accompagné la sortie de ce premier album, il semble que Delcourt soit particulièrement fier d'avoir ramené Joël Mouclier dans le monde de la bande dessinée. Mais en même temps, lorsque l'on voit le travail qu'il a fournit ici, il serait difficile de leur en vouloir. Presque star de la BD francophone dans les années 90 avec des séries comme Les Remparts d'écume ou Dragons, il avait par la suite abandonné ce média (si l'on excepte le poste de coloriste sur La Malédiction de l'anneau) pour se lancer comme infographe indépendant pour des éditeurs de jeux vidéo ou des studios d'animation. Après plus de dix ans d'absence, l'artiste semble avoir fait un bond en avant gigantesque. Lui qui avait déjà un coup de crayon plus qu'attractif, à la personnalité délicate, fait preuve ici d'une maturité nouvelle, réussissant à mêler la fausse légèreté de ses débuts avec un trait réaliste, mais jamais besogneux, dont la perfection est entièrement au service des personnages.

 

L'esclave et la papesse


Expressifs, vivants, ses dessins deviennent grâce à son travail des couleurs par infographie, de superbes tableaux, comme peints à l'huile, que les compositions et l'impression de fauvisme imprègnent de tonalités très « renaissance ». Sans aucun doute le plus bel album de l'année, qui ne s'essouffle heureusement pas au-delà du plaisir des yeux. Si le style de Mouclier fait ainsi de telles merveilles, c'est clairement parce que le scénario de Thierry Gloris (Le Codex Angélique) se prête admirablement à une telle richesse. Féru d'histoire, il compose ainsi une nouvelle fois sur un mélange réussi entre univers fantastique (étonnants phacochères hominidés), trame complexe autour des jeux de cour et de pouvoir et parallélisme avec la décadence du monde contemporain. Construit comme une fresque d'aventure autour de la romance entre Lysandre et Baskia, deux anciens apprentis prêtres, Meridia ravive la flamboyance de la grande Italie, autant dans sa flamboyance que dans son obscurantisme clérical. Accrocheur par ses planches, passionnants par les atours de son récit, Les Fleurs de Dorkéïne constitue une introduction fascinante à une série qui on l'espère ne fera que se bonifier.   

Nathanaël Bouton-Drouard


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