L’ART DE LE CHATEAU DANS LE CIEL

The Art of Laputa – Japon – 1986
Genre : Cinéma, Artbook
Auteur : Hayao Miyazaki
Nombre de pages : 192 pages
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 05 mai 2021
LE PITCH
Sorti tardivement en France, Le Château dans le ciel est le troisième long métrage de Miyazaki, et surtout, le premier film produit par le studio Ghibli. Les aventures de Pazu et Sheeta pour trouver l’île volante de Laputa ont charmé le jeune public tout autant que les adultes, et l’œuvre a aujourd’hui acquis une réputation culte.
L’envol
La collection des Artbook du Studio Ghibli s’agrandit chez Glénat. Après Mon Voisin Totoro, Le Voyage de Chihiro et Princesse Mononoke, c’est au tour de Le Château dans le ciel de voir son guide traduit en France. Presque 200 pages remplies de documents visuels à tomber et d’annotations toutes aussi lumineuses.
Finalement toujours assez chiches en suppléments et autres making of attendus en vidéo, le Studio Ghibli a cependant toujours proposé pour accompagner chacune de leurs productions des ouvrages de qualités, les « The Art of », proposant de poursuivre l’aventure du film et surtout d’en découvrir les petits secrets et trésors. Traduits depuis quelques années par Glénat, la gamme française est désormais enfin rejointe par Le Château dans le ciel. Encore une petite merveille d’Hayao Miyazaki qui certes n’était pas sa première réalisation, ni même son premier long métrage, mais qui cependant marqua la naissance du Studio Ghibli et donc la mise en place d’une tradition. Succédant au succès colossal au japon du sublime Nausicaa, ce nouveau film n’a rien eu d’une évidence et commença même comme une petite comédie sentimentale sur fond de canaux fluviaux (si, si…). Une idée qui périclita, mais fut finalement transformée en l’inédit documentaire Yanagawa horiwari monogatari dirigé par le copain Isao Takahata.
Pierre après pierre
La seule ligne directe de Miyazaki était finalement de s’adresser avec ce nouveau film à un des spectateurs plus jeunes, les enfants, qui, lui semblait-il alors se désintéressaient des anime. Des réflexions passionnantes, des hésitations constantes et une recherche d’excellence que l’on perçoit à chaque page grâce aux quelques commentaires laissés par le maître. Le voir questionner la pertinence de détails graphiques, de cadrages, d’animations, de traits de caractères ou d’effets techniques n’a pas de prix, tout comme découvrir les yeux émerveillés les nombreux croquis et aquarelles dessinés par le cinéaste pour capturer l’essence de l’œuvre en devenir. Un ouvrage qui n’est donc pas qu’un simple Artbook, mais bien un making of couché sur papier où viennent s’additionner des études de personnages, des cellulos d’origines, des peintures et des découpages de séquences, et de vraies petites apartés techniques. Des encadrés consacrés à des plans à effets, plus problématiques, où sont expliqués didactiquement les astuces d’articulations de cellulos, d’éclairage et de montage. A noter aussi en cahier final (sur un papier non glacé) la présence du 1er traitement du film, écrit de la main de Miyazaki et entièrement traduit, où l’on peut apprécier de nombreuses petites variations dans la seconde partie du film.
Ce n’est certes pas un livre exhaustif, mais une proposition des plus complètes et variées qui vient constamment célébrer le talent et la précision des équipes de Ghibli. Une autre belle façon de voyager sur la trace de Laputa.