HELLRAISER : THE TOLL

Etats-Unis – 2018
Genre : Horreur
Auteur : Mark Alan Miller
Nombre de pages : 140 pages
Éditeur : Faute de frappe Editions
Date de sortie : 1 juin 2025
LE PITCH
La vie de Kirsty Cotton a basculé lorsqu’elle a échappé aux griffes de Pinhead, prêtre de l’Enfer. Depuis trente ans, elle fuit son passé grâce à une nouvelle identité et un nouveau foyer. Pourtant, elle reçoit un jour une mystérieuse lettre adressée à celle qu’elle était autrefois… Malgré la surprise, elle décide d’y répondre et entame alors un voyage jusqu’à l’ultime confrontation.
L’évangile selon Kirsty
L’univers d’Hellraiser se déploie en pas moins de onze films (pour une bonne moitié très oubliables), mais seulement deux romans : The Hellbound Heart (Hellraiser) et The Scarlet Gospels (Les Évangiles écarlates), tous deux signés Clive Barker bien entendu. Du moins jusqu’à la publication de ce curieux The Toll, chapitre inédit et méconnu, mais officiel.
Texte sans doute le plus célèbre de l’auteur anglais Clive Barker, Hellraiser est une création qui a très rapidement totalement dépassé son créateur, transformant son mythique monstre tentateur, le fameux Cénobite Pinhead, en véritable icône de l’horreur au centre d’une franchise cinéma restée populaire malgré une chute considérable dans les petits royaumes des DTV. Consterné par la teneur de certains scénarios et le traitement de moins en moins glorieux de son personnage phare, il imagina alors Les Évangiles écarlates, presque trente ans après la nouvelle inaugurale, afin d’imposer sa vision définitive de son univers, le lier aux arcanes d’un autre de ses personnages récurrents, le privé de l’ésotérisme Harry D’Amour, et achever l’existence de Pinhead dans un ultime voyage aux enfers. Un point final qui a connu cependant trois ans plus tard un inattendu ricochet avec The Toll. Hérité des restes d’une nouvelle jamais achevée de l’auteur, Heaven’s Reply, remaniée un temps pour devenir le scénario d’un possible reboot cinéma, l’histoire a finalement été reprise et achevée avec l’aval de Barker mais par son camarade et collaborateur Mark Alan Miller, entre autres producteur sur Clive Barker’s Books of Blood et scénariste de certains des comics Hellraiser de Boom Studios.
La configuration finale
Un homme qui connait le terrain et qui s’intéresse ici en particulier au destin de Kirsty Cotton, héroïne malgré elle du premier roman, et que l’on retrouve des années plus tard toujours hantée par cet épisode cauchemardesque. En fuite à travers le monde, persuadée d’être définitivement traquée par les sbires de Pinhead, elle finit cependant par faire volte-face suite à la lecture d’une mystérieuse lettre (et un coup de fil qui ne l’est pas moins) et décide de se rendre là où tout aurait commencé : l’île du Diable dans les Guyane françaises… Proposant ainsi une origin story très éloignée de celle des longs métrages. Une aventure assez courte, égrenée de quelques croquis griffonnés par Barker, qui repose beaucoup moins sur sa trame proprement dite que sur son atmosphère constamment lourde, inquiétante et sulfureuse, étalant un monde pseudo-réel mais déjà comme transfiguré en alternative légèrement onirique, glissante et troublante. Le décor final, l’île du Diable donc, n’a d’ailleurs rien du lieu privilégié de nombreux touristes, mais ressemble certainement plus à la version en ruine, misérable, croisée dans la dernière partie du film Papillon. Même si The Toll se veut un compagnon des deux livres de Barker, il inclue d’ailleurs de nombreux éléments des premiers films (ou Kirsty n’a absolument pas le même background) créant des dissonances qui peuvent, au choix, soit perturber les lecteurs les plus pointilleux, soit ajouter à la constante étrangeté d’un récit qui avance comme en état second, jusqu’à la confrontation tant attendue entre la protagoniste et « The Cold Man » faisant directement échos aux évènements décris pour le coups dans Les Evangiles écarlates, qui à priori se déroulaient plus ou moins en parallèle.
Les fans des films s’y sentiront sans doute un peu perdus. Ceux qui ont bel et bien lu les deux autres romans s’efforceront d’imbriquer The Toll dans le puzzle général non pas comme une pièce manquante, mais comme une pièce supplémentaire qui achève, loin du grand opéra délirant de Barker, une partie plus modeste de la fresque, avec un petit quelque chose d’une fuite macabre au piano.


