YAKUZA SERIES : 20TH ANNIVERSARY EDITON

Japon – 2025
Support : Playstation 5, Xbox Series, PC
Genre : Action, Aventure
Développeur : Ryu Ga Gotoku Studio
Musique : Divers
Durée : Longue
Langue : Français
Éditeur : SEGA
Date de sortie : 8 décembre 2025
LE PITCH
En portant secours à Yumi, une amie d’enfance, Nishiki tue le chef de la famille Dojima. Mais Kiryu couvre sa fuite et décide de porter le chapeau, ce qui le conduit à passer dix années derrière les barreaux. Seulement, cette absence est loin d’être sans conséquence.
Gangsta-Star !
Le destin de la série Yakuza, alias Like A Dragon, est assez singulier : quand le cinquième volet est arrivé en Occident en 2015, uniquement au format dématérialisé et seulement traduit en anglais, cela ressemblait à la sortie de la dernière chance. Aujourd’hui, elle a atteint le sommet de sa popularité en dehors du Japon au point d’être omniprésente dans l’actu du jeu vidéo. La preuve avec cette compilation réunissant les trois premiers chapitres des aventures de Kiryu.
Si Yakuza a toujours été un titre majeur au Japon, c’est progressivement que la saga a trouvé la reconnaissance à l’international. Il faut dire que l’œuvre conçue sous la houlette de Toshihiro Nagoshi est parfois vue comme le successeur spirituel de Shenmue. Les deux super productions de SEGA ont en effet beaucoup en commun : une sorte de monde ouvert qui reproduit fidèlement la vie au Japon, une mise en scène cinématographique animée par des personnages charismatiques et même l’incursion régulière de QTE pour laisser au joueur la chance d’influer sur certaines phases scriptées. Et ce sont, de plus, deux œuvres qui ont atteint leur statut de jeu culte a posteriori.
Développé au départ pour la PS4 (avant des portages sur Xbox One et PC), Yakuza Kiwami n’est pas un simple lissage HD du jeu PS2, mais une refonte en profondeur. D’un point de vue technique, d’une part, puisqu’il s’appuie sur le moteur de Yakuza 3, premier volet de la PS3, qui affiche des visuels bien plus détaillés, notamment au niveau des visages. Mais cette version est aussi l’occasion d’enrichir quelque peu le système de jeu avec les styles de combat issus Yakuza 0. Bien que la maniabilité conserve la raideur de l’époque, on prend tout de même un vrai plaisir malsain à exploser la racaille de Kamurocho au cours de combat à la violence grotesque. D’autant que les nombreuses activités annexes et missions secondaires, véritables marques de fabrique de Yakuza, apportent un changement de rythme et de ton bienvenu. Plutôt destinée aux nouveaux venus, cette édition PS5 n’apporte pas de nouveauté notable mais bénéficie d’une définition UHD et, enfin, de plusieurs traductions, dont une Française, comblant ainsi un manque qui a certainement détourné une bonne partie du public.
Yakuza Kiwami 2
Sorti un an après, pratiquement jour pour jour, Yakuza Kiwami 2 a poursuivi l’opération raccrochage de wagons pour les joueurs qui auraient découvert la série en cours de route. Néanmoins, ce nouveau remake profite d’un tout nouveau moteur fait maison, le Dragon Engine développé spécialement pour un Yakuza 6 sorti avec un an d’intervalle au Japon. Ainsi, les quartiers de Kamurocho à Tokyo et de Sotenbori à Osaka paraissent plus vivants que jamais. Surtout que l’on peut désormais visiter la plupart des bâtiments sans aucun temps de chargement, ni aucune transition, juste en poussant la porte. Même les visages des personnages principaux ont encore gagné en finesse et en réalisme pour des scènes cinématiques encore une fois très convaincantes. La maniabilité se montre, par ailleurs, un peu moins rigide lors des affrontements, sans perdre de son énergie cathartique, même si les connaisseurs viennent aussi, si ce n’est avant tout, pour l’ambiance de polar régulièrement contrebalancée par la myriade d’activités secondaires plus ou moins loufoques. Enfin, outre la traduction en français, Kiwami 2 profite cette fois d’une animation à 60 images par seconde, ce qui devrait ravir les tatillons de la technique.
Yakuza 0 Director’s Cut
Après être également passé par la case exclu Switch 2 temporaire, la version Director’s Cut de Yakuza 0 complète ce lot spécial anniversaire que les collectionneurs peuvent, avec un peu de chance, trouver en édition physique chez leurs revendeurs favoris. Souvent présenté comme l’épisode favori de nombreux fans, celui-ci revient sur le passé de deux figures emblématiques de la saga, Kazuma Kiryu et Goro Majima, à une époque où ils n’étaient encore personne au sein du clan Tojo. Il constitue donc un très bon point d’entrée, même si la question demeure sujette à débat. Un joueur qui découvre Yakuza risque en effet de passer à côté des nombreux clins d’œil à l’ensemble des volets parus précédemment (jusqu’au cinquième, donc) ; en outre, sa jouabilité (légèrement) plus fine et son monde plus riche peut également accentuer l’aspect brut de décoffrage de Kiwami. Cependant, le premier Kiwami, fondé sur le jeu de 2005, mais développé après l’épisode 0, a été partiellement réécrit pour inclure des références à cette pré-suite. La question est donc de savoir à quel point l’on a envie de suivre la chronologie. Par ailleurs, si l’on garde ici la formule traditionnelle, ce volet se distingue à travers son contexte qui influence directement l’aventure. Le jeu se déroule en effet en 1998, alors que le Japon connaît un véritable boom économique. Conséquence : l’argent coule à flot et les mieux lotis, y compris les parrains du crime, s’enrichissent au point de ne plus savoir que faire de leur fortune. D’où le nouveau système de développement des personnages, puisque l’on ne dépense plus de points d’expérience mais directement les yens, extorqués chez les voyous ou obtenus via les activités commerciales des deux protagonistes, dans des arbres de compétences. Cette édition Director’s Cut apporte de nouvelles séquences cinématiques censées approfondir l’histoire (mais qui ne s’avèrent pas si indispensables au final), ainsi que plusieurs traductions et un mode multijoueur inédit permettant d’incarner une soixantaine de personnages pour faire face à des vagues d’ennemis.
Si l’acquisition de ces nouvelles révisions demeure largement dispensable pour ceux qui possèdent déjà les précédentes, c’est l’occasion idéale pour ceux qui n’avaient pas encore franchi le pas, notamment grâce à l’ajout d’une traduction en français, en plus d’une réalisation légèrement améliorée grâce au support du moment.






