YAKUZA : LIKE A DRAGON

龍が如く7 光と闇の行方 – Japon – 2020
Support : Playstation 4, Xbox One, PC
Genre : RPG, Policier
Développeur : Ryu ga Gotoku Studios
Musique : Divers
Durée de jeu : Élevée
Langue : Voix japonaises et anglaises, textes français
Éditeur : SEGA
Date de sortie : 10 novembre 2020
LE PITCH
Ichiban Kasuga est une petite frappe et membre des yakuzas à la recherche de la vérité. Il est mystérieusement trahi par son clan après avoir purgé volontairement 18 ans de prison pour un crime qu’il n’a pas commis, et ce dans le but de protéger son patriarche, véritable figure paternelle pour lui, Masumi Arakawa. En chemin, Ichiban rencontre une ribambelle de personnages hauts en couleur, dont le flic Adachi, l’ex-infirmier Nanba et Saeko, une hôtesse en mission. Ensemble, Ichiban et son équipe devront s’élever pour devenir les héros qu’ils ne s’attendaient pas devenir.
Dans l’enfer des gangs
Désormais constitué d’une quinzaine d’épisodes et remakes, la licence Yakuza, sacré pari apparu en 2005 sur PS2, avait forcément tendance à s’asseoir un peu trop confortablement sur ses petits trafics bien rodés. Rabattant, presque, totalement les cartes, Like a Dragon retrouve la fougue de la jeunesse en bazardant l’action-aventure au profite d’un RPG carrément couillu.
Il faut certainement en avoir pour faire du nouvel épisode d’une saga fructueuse une petite révolution interne. C’est que le public habituel des jeux d’action, aussi scénarisés soient-ils, n’a souvent rien à voir avec celui des amateurs de RPG japonais. Mais les développeurs de la team spécialisée de Ryu ga Gotoku Studio ont bel et bien décidés d’affirmer leur amour inconditionnel au genre et à Dragon Quest en particulier… Même si Like a Dragon par son contexte contemporain et son inscription naturelle dans un décors urbain à la mode, fait bien plus souvent penser à des essais des Persona. Exit donc les bourre-pif et les coups de lattes expulsés en martelant la manette, ici les affrontements se font au tour par tour et notre héros, le fougueux Ichiban Kasuga , se bat le plus souvent accompagné de deux acolytes aussi borderline que lui. Attaque de base, coups spéciaux, coups combinés, pas de grandes expérimentations au menu mais une mise en valeurs des pratiques éprouvées du genre, accompagné très efficacement à la fois par des ingrédients de tactique bien placés, et une gestion complète en amont des différents « jobs » proposés, spécialisation et bien entendu gestion des armes et équipements. Les amateurs ne seront pas dépaysés, et parfois même surpris par la précision d’un système sacrément carré à la difficulté progressive bien gérée, mais où les développeurs n’ont pas hésité à retrouver les séances de levelling si présents dans les Dragon Quest. Yakuza Like a Dragon n’a donc rien de la proposition molle ou timide, ou de l’exercice de style mal engagé.
La fureur de vaincre
D’ailleurs il n’y est pas question pour le studio de livrer un spin-off au rabais et l’opus ressemble certainement plus à un nouveau départ, cajolé à l’extrême et conçu avec un sérieux imposant. La preuve avec le destin de la nouvelle figure centrale, Ichiban Kasuga, chien fou qui après 18ans de prison pour un crime qu’il n’a pas commis, pour protéger son clan, se rend compte à sa sortie que le sens de l’honneur n’est pas si naturel chez tous les yakuzas. Jamais très loin des Outrage de Takeshi Kitano, et surtout des références absolus signées Kenji Fukazaku (Le Cimetière de la morale, Combat sans code d’honneur) mais avec quelques échappées plus délirantes dignes d’un Takashi Miike (First Love, Le Dernier yakuza, la trilogie Dead or Alive), Like a Dragon développe un passionnant scénario, complexe plein d’action, de révélation et de valeurs viriles, mis en valeur par un vrai casting de gueules modélisés de manière des plus convaincantes : Kaiji Tang, Shinichi Tsutsumi, Greg Chun, George Takei… L’une des forces de la série Yakuza, toujours prompt à venir taquiner ses modèles du cinéma, où l’importance des cinématiques et des longes échanges dialogués (les voix japonaises sont dispos, bonheur) s’inscrivent dans une reconstitution maniaque d’un décor nippon ultra réaliste. Ici on s’écarte des habituels faubourgs de Tokyo et Osaka pour découvrir les quartiers portuaires de Yokahama reproduits au bâtiment prêt, au cailloux prêts, où viennent se dissimuler une multitude impressionnante de quêtes secondaires exotiques, de scènes de vie truculentes et bien entendu de petites activités annexe toujours aussi irrésistiblement prenantes, du Dragon Kart à la gestion d’une petite entreprise pas forcément très honnête en passant par les soirées dans les bars à escorts. Devant une telle débauche de bon goût, on lui pardonnera aisément quelques animations rigides et petits temps de chargements longuets.







