XENOBLADE CHRONICLES X : DEFINITIVE EDITION

XenobladeX Definitive Edition – Japon – 2015 / 2025
Support : Nintendo Switch
Genre : RPG, Space Opera
Développeur : Monolith Soft
Musique : Hiroyuki Sawano
Durée de jeu : Élevée
Langue : Français
Éditeur : Nintendo
Date de sortie : 20 mars 2025
LE PITCH
En 2054, la Terre se retrouva piégée au cœur d’une guerre apocalyptique entre deux races extraterrestres avancées. Alors que l’annihilation totale de l’espèce humaine était proche, les gouvernements du monde entier unirent leurs forces pour élaborer un plan d’évacuation planétaire appelée « projet Exodus ». Le projet Exodus entrant dans sa phase finale, les terriens rejoignirent tous la ville la plus proche de chez eux et une vaste flotte de vaisseaux les emmena à la recherche d’un nouveau monde. Parmi eux, un vaisseau appelé la Grande Blanche.
Le Monde perdu
Véritable exception sur l’ancienne Wii, Xenoblade s’affirmait sans soucis comme le meilleur (le seul ?) RPG de la machine, mais aussi l’un des essais du genre les plus ambitieux de l’histoire. En 2015 Chronicles X devait frapper fort. Et il frappa très fort. Mais sur une WiiU largement boudée et ne profita clairement pas de l’engouement auquel il aurait pu prétendre. 10 ans plus tard, l’heure de la revanche a sonné !
Véritable fresque sidérante de ramifications, le premier Xenoblade affichait une durée de vie colossale, ne dévoilant l’intégralité de son contenu qu’aux joueurs les plus acharnés. Mais attention, même ces derniers doivent s’accrocher pour voir le bout de ce chapitre à part de l’univers imaginé par Monolith Soft. Une sensation de liberté exponentielle, voir même tétanisante pour certains, qui repose sur la nouvelle orientation du scénario. Retrouvant discrétos certains atours des anciens Xenosaga (voir Xenogears), Xenoblade Chronicles X s’installe donc autour d’une base humaine exilée sur une planète étrangères, que le jeune héros (personnalisable et donc assez mutique) doit aider à développer et faire croitre. Pour cela, il s’engage dans les troupes des Blades, choisit sa classe (donnant accès à différents « arts »), constitue son équipe principale et s’embarque pour un tableau qui se tisse au cours des quelques missions principales, quêtes annexes presque infinies et surtout l’exploration de cette terre sauvage qui l’entoure. Un passage obligé puisque bien souvent le récit n’évoluera qu’à condition que le joueur ait augmenté son pourcentage d’exploration ou résolu quelques missions commanditées par les PNJ : installer des sondes FrontierNave pour extraire des ressources et augmenter les zones de reconnaissances, partir sauver une équipe perdue dans la pampa, découvrir des reliques passées ou des restes de La Grande blanche et bien entendu affronter les nombreuses créatures féroces qui passeront sur la route.
Une vie ailleurs
Toujours brillamment conçues ces dernières se coordonnent dans un écosystème plus que convaincant, affichant d’ailleurs clairement leur niveau de dangerosité, mais aussi si les ennemis font partis des Tyran, créatures sauvages aux capacités aux dessus de la moyenne. Mine de rien avec ses designs à la fois cohérents et très variés, Xenoblade Chronicles X fait presque mieux que les Monster Hunter de sa génération. En particulier lors de ces combats, toujours aussi fluides, dynamiques et en temps réel reposant sur des attaques automatiques, quelques commandes d’équipes et surtout des le bon choix des techniques spéciales (les arts) en fonctions de la position de l’ennemi, la distance et les actions de ses compagnons d’armes. Ultra prenant et donc constamment renouvelé, les combats profitent pleinement des copieuses possibilités de spécialisation des personnages. En fonction de leur rang et de leur classe, ces derniers voient ainsi apparaitre de nouvelles techniques au fur et à mesure des montées de niveaux, et doivent choisir celles qui seront usitées et bonifiées.
Même sensation vertigineuse du coté de l’équipement et des armes, où les pièces sont interchangeables (et apparaissent à l’écran in game au passage) et permettent vraiment de se faire une troupe à son image, tactique et équilibrée… ou pas. Et si les spécialistes n’en ont pas assez, ils peuvent toujours investir dans une entreprise de la citée pour l’aider à mettre au point de nouveaux items. La tache est immense, la colonisation ardue, et l’arrivée, tardive (plus d’une trentaine d’heure d’attente) des mécha nommés Skell relance encore l’attrait d’un soft qui n’en manque pas. De superbes méchas, là encore personnalisables à l’envie, qui vont permettre de s’attaquer aux bestiaux les plus imposants de Mira, voir même encore un peu plus tard de parcourir librement la carte gigantesque en volant. Si ces robots, transformables, coûtent une fortune en pièces et réparations, ils sont bien entendu l’un des arguments les plus reluisants de Xenoblade Chronicles X.
Les grands explorateurs
Avec tout cela, on en oublierait presque de remarquer les petits défauts qui marquent le jeu. Une construction éclatée qui empêche de véritablement s’attacher à des personnages bien moins charismatiques que les titres « numérotés », des informations textuelles en patte de mouche un peu gonflantes pour les dialogues, des allers-retours incessants et surtout une narration qui met du temps, beaucoup de temps, à démarrer vraiment. Largement inspiré par la trilogie Mass Effect, Monolith a ici clairement fait le choix d’un RPG en monde ouvert qui ne s’effeuillera qu’en fonction des choix et de l’implication du joueur, mais aussi possiblement de sa collaboration avec d’autres joueurs connectés en ligne. Un serveur dans la caserne est réservé à cette option, permettant d’entrer dans une escouade afin de partir en mission dangereuse à plusieurs (avec boss optionnels), d’échanger des informations et du matériel mais aussi d’aider ou de recevoir de l’aide temporairement.
En fait, devant toutes ces possibilités, la sensation constante d’un monde en constante mutation, le joueur peut se sentir perdu. Aucun doute que c’est là en partie la volonté de l’équipe de Koh Kojima, ancien scénariste de Baten Kaitos Origins (ce qui n’est pas rien) : installer à l’écran un univers époustouflant, profond et sublime, mais surtout à la logique interne cohérente et crédible. A l’instar d’ailleurs de la nouvelle bande originale de Hiroyuki Sawano (aujourd’hui adulé pour son travail sur l’anime de L’Attaque des titans) alternant la dub rock électrique en zone urbaine, avec des élans plus épiques et orchestraux dans le grand extérieur. S’affirmant à l’époque comme l’un des plus beaux titres de la Wii U, Xenoblade Chronicles X est une aventure qui méritait pleinement un petit lifting de saison.
Dix ans déjà
Cette Definitive Edition n’est donc pas un remake mais bien un remaster, et particulièrement soigné qui plus est. Il remet particulièrement bien en valeur la précision des éléments mécaniques, des bâtiments aux Skells, mais aussi de la caractérisation riche et complexe d’une nature florissante. Le bestiaire est superbe et varié, les passages foisonnants de détails et assurent même une profondeur qui tient plutôt bien les années. Reste les visages et les modélisations de nos héros, toujours aussi discutables, mais arrangée par quelques adoucissements des contours.
Mais l’attrait de cette ressortie se fait aussi dans les petites améliorations du gameplay comme une balle éclairante plus intelligente pour guider vers l’objet de la quête en cours ou une charge plus rapide des arts qui rend les affrontements plus dynamiques encore, ainsi que dans la possibilité enfin de jouer avec le doublage original japonais. On y découvre aussi une poignée de nouveaux personnages jouables et un mécha, stylé, mais dont l’impact sur l’aventure reste tout de même assez négligeable. Enfin, last but not least, ce Xenoblade Chronicles X se voit désormais doter d’un véritable épilogue venant enfin clarifier toutes les questions restées en suspens dans la version originale du titre. Un chapitre totalement inédit d’une bonne dizaine d’heures supplémentaires donnant accès, entre autres, à une vaste zone inconnue et dont l’éditeur Nintendo a demandé à la presse de ne divulguer aucun détail. Le mieux en effet étant d’en laisser la surprise à tous, véritable cerise sur un gâteau déjà copieux et savoureux.