THE LEGEND OF HEROES : TRAILS FROM ZERO

Eiyuu Densetsu: Zero no Kiseki Kai – Japon – 2010 / 2021
Support : Nintendo Switch, Playstation 4, PC
Genre : RPG
Développeur : Falcom
Éditeur : NIS America
Musique : Falcom Sound Team jdk
Durée de jeu : Élevée
Langue : Voix japonaises, Textes anglais
Date de sortie : 30 septembre 2022
LE PITCH
Lieu d’une lutte territoriale entre l’Empire Erébonien et la République de Calvard, Crossbell est devenue une cité-état prospère et l’un des principaux centres économiques du continent. Après trois années passées loin de sa ville natale, Lloyd Bannings fait son retour afin de suivre les traces de son défunt frère et de rejoindre le département de police de Crossbell. À son arrivée, il découvre qu’il a été affecté à la Section de Soutien Spécial, une nouvelle division qui s’occupe de tâches diverses et demandes mineures.
Zero to Hero (Just Like That !)
Considéré par les connaisseurs comme l’un des meilleurs opus de la longue saga The Legend of Heroes, Trails From Zero était resté jusque-là cantonné aux frontières japonaises. Un portage relativement discret mais qui permet aux amateurs de bons RPG classiques de mettre la main sur une petite pépite.
Lentement mais sérieusement, la saga The Legend of Heroes de Falcom a su s’installer comme une franchise de qualité où, malgré souvent des budgets bien en dessous de la machinerie Square-Enix, s’est imposé peu à peu un univers solide, de vraies ambitions scénaristiques et un gameplay classique mais maitrisé. Apparus en 2004 sur PSP, Trails From Zero venait d’ailleurs confirmer les dernières prouesses du précédent Trails in the Sky, mais en entamant la mise en place d’un nouvel arc narratif qui trouvera sa conclusion dans Trails of Azure (dont le portage est prévu pour l’année prochaine chez nous). Le récit prend alors de petites distances géographiques, embarque le joueur du côté de la cité libre et indépendante de Crossbell, devenu le centre de toutes les attentions géopolitiques depuis le boom économique née de ses avancées technologiques. Dans un décorum entre la révolution industrielle et les transformations de l’internet plus moderne, Trails From Zero va manier aussi bien la grande quête à tiroirs de tout bon RPG japonais, avec une trame beaucoup plus terre-à-terre de récit policier. Menée par Lloyd Bannings, la troupe de héros hauts en couleurs, forme ainsi une patrouille de police qui va être amenée à parcourir la cité-état afin de régler le service d’ordre, mettre fin à diverses menaces mais aussi enquêter sur quelques mystères. Une bonne façon de dynamiser l’exploration et les quêtes annexes, tout autant que de creuser une fois encore l’écriture, aussi bien pour les personnages que pour le background même. Tellement dommage que le titre soit resté bloqué à la traduction anglaise tant les dialogues et éléments textuels sont aussi nombreux que primordiaux.
De bonnes vieilles pistes
Accrocheur, maniant aussi bien l’humour léger que des accents beaucoup plus dramatiques, l’épisode a aussi le mérite d’être aussi bien passionnant pour les pratiquants des autres épisodes que pour les nouveaux venus qui y trouvent un récit auto-contenu long et prenant. Une aventure tout aussi solide du côté des combats au tour par tour d’apparences relativement simplistes avec ses différentes attaques parfois combinées, ses habilitées et/ou magies dépendantes d’une jauge dédiée, mais qui ne vont cesser de s’étoffer tout au long des heures de jeux. Le système des orbes fait d’ailleurs son retour avec un appareil pour chaque personnage où le joueur pourra placer jusqu’à sept objets couteux débloquant différentes capacités actives ou passives. Mais ce sont surtout les détails qui font mouche. Comme cette ligne de temporalité présentée à gauche de l’écran où les différentes commandes amis ou ennemis sont affichées dans leur ordre d’exécutions mais avec régulièrement des petits bonus qui vont leur apparition. Aux joueurs de ruser à coups de bonus / mallus, d’items et de sorts pour ralentir ou accélérer l’ordre du tour et booster ses propres personnages. Le hasard fait souvent bien les choses, mais Tales From Zero demande surtout de le tordre à son avantage. Si depuis des opus comme les Trails of the Cold Steel ont pu perfectionner encore ces systèmes, Trails From Zero s’avère toujours aussi solide et efficace. Enfin impossible de passer à coté du plaisir que peut procurer de jouer à un RPG en 3D mais s’amusant encore de modélisations SD et rondes toutes mignonnes, de textures sobres qui ne cherchent jamais à en mettre plein la vue, mais évoquent un univers qui peut rappeler parfois les belles heures de la Super Nintendo.
Rafraichi et revigoré par quelques polissages graphiques, par une introduction entièrement animée, Trails From Zero aura mis le temps à arriver jusqu’à nous et il serait dommage de s’en priver.