RESIDENT EVIL : REQUIEM

BioHazard – Japon – 2026
Support : Nintendo Switch 2, Plasytation 5, Xbox Series, PC
Genre : Survival Horror
Développeur : Capcom
Musique : Alan Tyler, Satoshi Hori, Miwako Chinone, Akiyuki Morimoto
Durée de jeu : Longue
Langue : Français, Anglais et Japonais
Éditeur : Capcom
Date de sortie : 27 février 2026
LE PITCH
Vivez une expérience terrifiante de survival horror aux côtés de Grace Ashcroft, analyste du FBI, et plongez dans une action intense avec l’agent légendaire Leon S. Kennedy. Leurs destins et leurs styles de jeu uniques s’entremêlent dans une expérience palpitante et émouvante qui vous glacera le sang.
Tout le monde vous entendra crier !
Ha ! Resident Evil… Cela fait 30 ans que cette série malmène les joueurs. Avec une telle expérience, on pourrait croire que ces mêmes joueurs seraient devenus des vétérans de l’angoisse, poilus au cuir dur, blasés et imperturbables. Oui… Mais c’était sans compter le génie créatif de Capcom. Avec Resident Evil Requiem, l’éditeur / développeur signe tout simplement un chef d’œuvre à la fois technique, artistique et vidéo ludique.
Avant même que le pad ne commence à titiller le joueur, les yeux s’écarquillent. Resident Evil Requiem est une claque graphique immédiate ! Et plus le jeu avance, plus il affine sa direction artistique viscérale, où le gore et le baroque confrontent leurs codes pour engendrer un choc visuel et technique qui fera date. Clairement, cette impressionnante synthèse des dernières avancées du RE Engine s’impose d’emblée comme une référence de cette génération. Notamment pour sa gestion de la lumière, qui joue un rôle prépondérant dans l’immersion. Chaque recoin d’ombre est une menace potentielle, chaque salle bien éclairée est une zone trop exposée. Le son n’est pas en reste et bénéficie d’un travail d’une précision chirurgicale, mettant en valeur les environnements explorés et renforce ce sentiment d’oppression constante. Alors qu’on entend fréquemment les activités de nos ennemis sans trop savoir les localiser, on scrute souvent le sol devant nous pour chercher une ombre qui trahirait ce qui se cacherait au détour de ce fichu couloir. On retrouve complètement la peur du recoin hors champ qui fait le sel de bien des Resident Evil.
C’était 4 + 7 = 9
Tout comme Resident Evil Village, Requiem cherche à faire la synthèse des mécaniques de Resident Evil 4 et Resident Evil 7. Mais à l’inverse de Village, qui enchaînait les niveaux un peu trop rapidement, Requiem opère un retour aux sources en privilégiant une progression lente et méthodique. L’équilibre entre l’action et la survie est ici parfaitement dosé, avec un level design qui permet au joueur d’adopter une approche furtive face à des ennemis sensibles à différents stimuli. Comme le son est le principal déclencheur d’alerte, beaucoup de munitions enfermées dans des caisses à casser imposent un arbitrage forçant le joueur à une gestion drastique de son inventaire. Chaque munition consommée ressemble à un sacrifice et ce sentiment pousse à une planification rigoureuse de son parcours, dont le rythme est particulièrement bien réglé. Les résolutions d’énigmes environnementales plus ou moins complexes viennent ponctuer intelligemment les phases de confrontation et les scènes cinématiques sont nombreuses et accompagnent bien les enjeux et les mystères. C’est d’autant plus prenant que le jeu des acteurs français est excellent.
Les gros bras, c’est nourrissant
Côté gameplay, on sent que les déplacements gagnent en fluidité. Pour autant, ils ne transforment les protagonistes en super soldats. On garde cette course étrangement lente, qui, au moment de fuir, provoque le sentiment étrange d’une petite frustration qui ne peut pas prendre le temps de s’exprimer parce qu’il y a urgence et qu’on est happé par l’angoisse. Les héros de Requiem conservent ainsi cette vulnérabilité essentielle au genre du survival-horror. L’intelligence artificielle des ennemis a également bénéficié d’un soin particulier, rendant les affrontements moins prévisibles que par le passé. Les créatures ne se contentent plus de foncer tête baissée, comme c’était cas avec les loups garous de Village. Même lentes, elles utilisent le décor pour acculer le joueur, ce qui renouvelle souvent l’intérêt tactique des combats. On peut toutefois regretter quelques pics de difficulté parfois frustrants lors de certains affrontements majeurs, ainsi qu’une interface qui manque parfois d’ergonomie dans le feu de l’action. Ces légers accrocs ne parviennent cependant pas à entacher l’expérience globale tout bonnement exceptionnelle.
Dire que Resident Evil Requiem modernise une formule classique sans en trahir l’essence, c’est vraiment lancer LA phrase bateau du testeur. Mais parfois, c’est tout ce que les faits nous permettent de dire. Requiem est une œuvre qui transpire la maîtrise technique par tous les ports (jeu de mots) et qui sait jouer avec les nerfs des joueurs les plus chevronnés. En proposant une atmosphère aussi pesante que soignée, le titre s’inscrit comme une étape majeure de la série, capable de satisfaire les joueurs nostalgiques et la nouvelle vague. Requiem est une aventure sombre, exigeante et visuellement superbe qui confirme que la licence a encore un immense potentiel. Le jeu est disponible sur tous les supports, et il tourne même très bien sur Steam Deck et Switch 2. Bref : il est inutile de fuir.







