R-TYPE FINALE 2

Japon – 2021
Support : Playstation 4, Xbox Series, Nintendo Switch, PC
Genre : Shoot’em up
Développeur : Granzella
Durée : longue
Langue : français
Editeur : NIS America
Date de sortie : 30 avril 2021
LE PITCH
Suite à l’invasion d’un organisme extraterrestre issu de l’empire Bydo, l’humanité est au bord de l’extinction. Mais la conception d’un appareil spatial de combat, le R-9A ARROWHEAD, permet de lancer la contre-attaque et de faire renaître l’espoir.
Final fantaisiste
Financé au bout de trois campagnes Kickstarter, R-Type Final 2 rappelle que le Shoot’em up, à défaut de séduire le grand public, continue de faire battre les cœurs des connaisseurs. Il est en effet difficile pour ceux-là de ne pas répondre à l’appel d’une licence aussi emblématique que celle qu’Irem a créé en 1987.
La société de Tokyo a toutefois délaissé le jeu vidéo arcade et console, laissant le soin à quelques ex-employés de reprendre le flambeau au sein de leur propre structure. Ainsi est né le studio Granzella, qui a d’abord relancé la saga Zettai Zetsume Toshi, que l’on connaît en Occident sous les titres SOS The Final Escape, Raw Danger ou encore Disaster Report. Mais, avec R-Type Final 2, c’est l’occasion de remonter plus loin dans l’histoire. D’abord à la fin des années 1980, quand les salles d’arcade proposaient les expériences les plus impressionnantes, puis en 2003, année de la sortie japonaise du premier R-Type Final. En 2021, le Shoot’em up n’occupe plus la même place dans le paysage vidéoludique. Mais les retours relativement récent de jeux culte tels que Darius ou Ikaruga (en espérant celui de Gradius !), ainsi que l’apparition assez régulière de successeurs, comme le très sympathique Pawarumi, montre que le genre est encore loin d’être enterré. On doit sans doute cette longévité à ce savant mélange entre la simplicité du principe et la richesse des systèmes que chacun d’entre eux propose, associé à un défi généralement à la hauteur des joueurs acharnés.
Armé jusqu’aux dents
R-Type Final 2 s’appuie sur la formule caractéristique de la série qui comprend au départ le tir rapide et le canon à onde, que l’on charge en maintenant le bouton adéquat. S’ajoute à cela la fameuse Force, cet auxiliaire qui vient se greffer à l’avant ou à l’arrière du vaisseau spatial pour en augmenter les capacités. D’une part, elle procure différents types de tirs spéciaux. Ces derniers diffèrent en fonction de l’appareil piloté, mais ils sont classés en trois catégories symbolisées par autant de couleurs. Les items rouges procurent un tir droit renforcé, les bleus octroient des attaques diagonales et les jaunes sont conçus pour atteindre des cibles situées directement au-dessus et en-dessous de son vaisseau ou de la Force. Mais cette dernière à en outre la capacité d’attaquer d’elle-même lorsqu’elle est détachée afin de mieux couvrir l’aire de jeu et de toucher un ennemi tout en restant dans une relative sécurité. Enfin, la Force est totalement indestructible et peut absorber les boulettes tout en occasionnant des dégâts au contact ; cela vient d’ailleurs remplir la jauge dite Dose, qui permet de lancer une attaque ultime lorsque celle-ci est pleine. Si l’on ajoute les différents types de missiles et les Bits, ces modules défensifs placés autour de l’appareil volant, on obtient la liste des composants personnalisables. R-Type Final 2 propose en effet une centaine de vaisseaux que l’on débloque de diverses manières, comme échanger des matériaux récolter en cours de missions, terminer un niveau spécifique ou découvrir un mot de passe. Chacun se présente avec des réglages prédéfinis, mais il est possible d’en modifier l’apparence et surtout l’armement afin de se préparer aux dangers qui guettent à chaque recoin.
Pas le temps de se Bydonner…
D’ailleurs, les connaisseurs ne le savent que trop bien, chaque épisode de R-Type offre un défi particulièrement relevé et ce Final 2 est loin de déroger à la règle, rappelant qu’il est inutile de remplir l’écran de boulettes pour mener la vie dure au joueur. Car, ici point de masque de collision minuscule pour le se faufiler telle une anguille au milieu d’un schéma surchargé : il faut faire preuve d’une précision sans faille et d’un sens aigu de l’anticipation pour se sortir de situations de plus en plus périlleuses. Le plus cruel, c’est que R-Type fait partie de ces titres qui renvoie le joueur quelques minutes en arrière à chaque vie perdue pour le confronter au même piège mais avec un équipement réinitialisé. Par conséquent, chaque erreur coûte extrêmement cher. Le jeu propose pourtant un niveau de difficulté dynamique qui évolue en fonction des performances. Mais, même avec cette fonctionnalité, parvenir au bout du parcours est déjà un véritable accomplissement pour un novice, voire un joueur moyen. Puis, une fois arrivé au générique de fin, l’histoire n’est pas terminée, entre les éléments de personnalisations à débloquer, les chemins alternatifs et l’immuable quête du meilleur score, qui passe forcément par le parcours sans crédit pour atteindre les sommets.
Ainsi, malgré quelques écueils qui risquent de décevoir les véritables spécialistes de la série, comme un léger manque de folie dans sa mise en scène, comparé à ses prédécesseurs, ou quelques séquences à la lisibilité imparfaite, R-Type Final 2 demeure un bel hommage à l’un des piliers du jeu de tir.