NIER REPLICANT VER1.22474487139…

Japon – 2021
Support : Xbox One, Playstation 4, PC
Genre : Action-RPG
Développeur : Toylogic Inc.
Musique : Keiichi Okabe
Durée : longue
Langue : français
Editeur : Square-Enix
Date de sortie : 23 avril 2021
LE PITCH
Dans un monde où la menace des Ombres pèse en permanence, un jeune garçon est prêt à tout pour soigner sa jeune sœur, atteinte d’une maladie mystérieuse. Dans sa quête d’un remède miracle, il fait la rencontre d’un grimoire vivant aussi prolixe que caractériel.
Comme une chanson triste
En 2010, Square-Enix publie NieR Replicant et NieR Gestalt : si le premier est longtemps resté réservé au public japonais, il connaît onze ans plus tard une sortie internationale à l’occasion d’une « version améliorée » selon les mots de son réalisateur Yoko Taro.
La différence entre Replicant et Gestalt réside d’ailleurs dans l’apparence du protagoniste et du lien qui l’unit avec le personnage de Yonah. Dans la première version, on incarne un jeune garçon au chevet de sa petite sœur, tandis que, dans la seconde, on joue le rôle d’un père de famille. Cela dit, hormis leur design et quelques lignes de dialogue, cette différence n’a qu’un impact modéré sur l’expérience : se lancer dans cette version 1.22474487139… de NieR Replicant est surtout l’occasion de profiter des améliorations et du contenu supplémentaire apportés au jeu. Cela commence par quelques retouches techniques qui font la différence. Celle-ci ne saute pas forcément aux yeux sur le plan purement graphique, même si la nouvelle distance d’affichage donne ici plus d’ampleur aux décors extérieurs, bien aidée par la définition qui passe de 720 à 1080 lignes (voire plus pour les mieux équipés), tandis que les gros plans permettent d’admirer des visages finement retravaillés. On note surtout l’animation bien plus fluide, désormais cadencée à 60 images par seconde, qui vient soutenir une maniabilité bien plus souple. Les combinaisons d’attaques rapides et puissantes, même si elles demeurent sommaires, apportent un soupçon de dynamisme aux affrontements et le verrouillage de cible rend l’utilisation de la magie plus simple, notamment, le tir rapide ou Explosion Obscure. Même l’animation lorsque l’on ramasse un objet est maintenant plus brève, ce qui rend l’exploration d’autant plus confortable.
Le combat d’un… héros ?
Ces quelques retouches font beaucoup de bien à une œuvre devenue culte mais, il faut bien l’avouer, assez brute de décoffrage au niveau de la jouabilité dans sa mouture d’origine. En revanche, il est inutile d’espérer une quelconque retouche au niveau des innombrables « quêtes FEDEX » proposées par les PNJ ; les auteurs ne manquent d’ailleurs jamais une occasion de les tourner en dérision pour en faire rejaillir la vacuité au grand jour et ainsi troller les complétistes compulsifs. Heureusement, NieR est bien plus qu’une session de chasse au mouton sauvage ou de pêche à la sardine : avec son monde en proie au désespoir et ses personnages torturés, le jeu de Cavia est une véritable tragédie qui commence seulement à révéler son vrai visage une fois que l’on recommence l’aventure, après avoir débloqué à la première « fin ». Ceux qui ont récemment découvert la série grâce à NieR Automata, fruit d’une collaboration avec PlatinumGames, devraient donc reconnaître le mode opératoire du réalisateur, à ceux-ci près que ce prédécesseur ne propose aucun personnage alternatif pour renouveler les sensations. Mais, peu importe, l’atmosphère mélancolique, sublimée par les compositions ici réorchestrées de Keiichi Okabe et la voix d’Emi Evans, ainsi que les révélations chocs devraient suffire à motiver les joueurs, ne serait-ce qu’un peu, sensibles.
Si NieR Automata se suffit à lui-même, cette version 1.22474487139… est l’occasion idéale de découvrir son prédécesseur et, au passage, mesurer toute l’ampleur de cette œuvre singulière, grâce à quelques retouches bien senties, même si quelques archaïsmes, ainsi que les facéties créatives de M. Taro risquent de ne pas être au goût de tous. Puis, pourquoi ne pas se tourner ensuite, si ce n’est déjà fait, vers la trilogie Drakengard, véritable origine de la présente saga ?