MARVEL’S SPIDER-MAN : MILES MORALES

États-Unis – 2020
Support : Playstation 5
Genre : Action, Aventure
Développeur : Insomniac Games
Musique : John Paesano
Durée de jeu : Courte
Langue : Français disponible (audio et textes)
Éditeur : Sony Entertainment Interactive Europe
Date de sortie : 12 novembre 2020
LE PITCH
Assistez à l’avènement de Miles Morales en tant que héros, à mesure qu’il apprend à maîtriser de nouveaux pouvoirs détonants pour devenir sa propre version de Spider-Man.
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Difficile d’initier ce test sans trop en révéler sur certains détails de la fin du Spider-Man de la PS4. Disons sobrement qu’au sortir de ce titre plébiscité, les plus enthousiastes d’entre nous attendaient impatiemment de découvrir ce qui allait se jouer avec l’épisode qui suivant. Cet épisode, c’est celui de Miles Morales (MM). Miles Morales, c’est le petit dernier qui doit encore se faire un nom. Présentez le dans sa tenue d’homme araignée et la majorité pensera reconnaître Peter Parker dans un nouveau costume. C’est vrai pour le personnage… ça l’est également pour son jeu.
S’appuyant sur les bases très solides de son illustre prédécesseur, MM n’a finalement que peu de choses nouvelles à proposer aux joueurs. Tout était déjà excellent dans la première mouture. Aussi retrouve-t-on cette maniabilité quasi sans faille, fluide et intuitive en exploration comme en combat, cette impression de liberté immense, notamment démultipliée par la possibilité de jouer sur un axe vertical (en grimpette ou en tissage) et une retranscription d’une ambiance citadine proprement New-yorkaise qui parlera à tous ceux qui connaissent un peu la ville. Pour le coup, c’est sûr, on joue à un Spider-Man… un peu trop sûr, même, diront certains. En effet, le pad en main, on a très vite une impression de déjà-vu. Cette impression n’est pas désagréable en soi, tant la précédente expérience était bonne, mais elle insinue rapidement un léger doute : Est-ce que le jeu va tenir sur la durée ?
C’est de toute »beautay » !
Assurément, les développeurs du titre étaient conscients que Miles risquait très facilement de tomber dans l’écueil de la suite »copiée collée » qui n’a rien à proposer. Et pour palier à ce problème, tous les subterfuges semblent avoir été usés, des menus détails aux plus grosses ficelles. À commencer par les personnages, qui héritent de leurs caractéristiques des comics. Peter est en rouge ? Miles, en bleu marine. Peter a toujours le mot pour rire ? Miles est plus sérieux, etc… Les jeux suivent une logique similaire. La différence la plus évidente repose sur le changement de génération de console, qui permet de pousser la direction artistique vers de nouvelles ambitions. Et ça marche ! Le jeu se passe en hiver, soit une saison complètement différente de ce qui était proposé sur l’épisode PS4. Les nouvelles ambiances crépusculaires et nocturnes accentuent les jeux des lumières artificielles de la cité et la diversité du rendu des décors est encore accrue par les variations météorologiques, où la densité de l’air change également. Bref ! C’est tout bonnement splendide. Alors oui ! Expliqué de cette manière, ces évolutions ressemblent à des rustines esthétiques posées sur un problème de renouvellement du gameplay. Nous répondrons qu’il faut les considérer dans un ensemble de petites touches qui dénotent de la volonté de donner à voir quelque chose de différent. Et une fois pris dans l’aventure, cette direction artistique joue à plein. Nous dirons même qu’elle y participe.
L’histoire avant toute chose
Car c’est bien sur le point de l’aventure qu’il raconte que MM va le plus se démarquer de son prédécesseur. Et comme lui, il jouit d’une ambiance cinématographique très poussée. La mise en scène est excellente, même dans les phases interactives. La version française bénéficie par ailleurs d’un doublage de très bonne qualité, jouée par des acteurs qui se sont vraiment appliqués. Aussi, très clairement, Miles n’aura rien à envier à Peter sur ce point. Mieux encore, l’histoire permet au petit dernier de proposer un panel de pouvoirs inédits, comme celui de pouvoir générer de l’électricité et passer pour un cosplay de »taser-man ».
Cependant, malgré une très bonne mise en scène et un cadre somptueux, l’histoire en elle-même n’est pas vraiment à la hauteur. Non pas qu’elle soit mauvaise, loin de là. Mais elle reste globalement classique et manque d’antagonistes capables de prolonger le challenge vidéo-ludique, à défaut d’habiller l’histoire. Car, oui, ne l’oublions pas, MM reste un jeu vidéo. Un jeu vidéo qui reste très agréable à faire, autant au niveau visuel qu’au niveau ludique mais qui pêche un peu au niveau narratif. Face à cet état, MM a au moins le bon goût de ne pas prolonger l’aventure au-delà de ce que lui permet son endurance scénaristique. Un tel effort aurait certainement été fatal aux yeux des joueurs. Les développeurs ont préféré miser sur une durée de vie relativement faible mais juste. Sans se presser, le jeu demandera une petite dizaine d’heures pour boucler la trame principale en profitant des balades en ville. Pour le platiner, on imagine qu’il faudra pousser à 20 heures de jeu. 30 tout au plus.
À moins d’être un fan absolu des araignées, à 60 euros la galette, il est difficile de conseiller MM. Certes il est agréable, maniable et beau, mais il est court et ne présente finalement que peu de surprises si vous avez déjà parcouru la version PS4. Il vaudra certainement mieux attendre un tarif ajusté à sa durée de vie. Cependant, si par bonheur vous n’aviez pas joué au premier épisode, sachez qu’elle est incluse dans la version complète de MM. Il s’agit d’une version remise au goût du jour technologique, avec notamment une implémentation du ray tracing. Les deux épisodes se suivent directement. Aussi, pour quelques euros de plus, vous trouverez dans cette version un jeu réellement complet, jouissant d’une excellente durée de vie.







