LOST SOUL ASIDE

Chine – 2025
Support : Playstation 5, PC
Genre : Action
Développeur : UltiZeroGames
Musique : Divers
Durée : longue
Langue : Français
Editeur : PlayStation Studios
Date de sortie : 29 août 2025
LE PITCH
Un groupe de rebelles profite de l’anniversaire de l’empereur pour lancer une opération contre le gouvernement tyrannique. Mais les Kenostrix envahissent le monde au même moment, volant les âmes de milliers d’innocents, dont celles de la sœur de Kaser, l’un de ces révolutionnaires.
L’âme s’est perdue en route
L’histoire de Lost Soul Aside illustre à la perfection les deux facettes de la création dans le monde de l’art et du divertissement : encore un projet de rêve, porté par la passion d’un amoureux de jeux vidéo, qui se heurte à la dure réalité.
Le titre, sorti des fourneaux d’UltiZeroGames, est en effet né à partir d’un projet pensé par un développeur chinois nommé Yang Bing avant d’être présenté au monde via une vidéo qui aura laissé une forte impression chez les joueurs. Si l’on sent clairement les influences de Final Fantasy XV dans son atmosphère et des jeux d’action japonais comme Devil May Cry ou Ninja Gaiden, l’idée que cette démo a été conçue par une seule personne laisse le public rêveur. Au point de taper dans l’œil des pontes de Sony, qui finissent par l’intégrer à leur label China Hero Project, l’un des programmes visant à développer des partenariats au sein de nouveaux marchés. Presque dix ans plus tard, Lost Soul Aside est enfin disponible, grâce au soutien d’un studio créé pour l’occasion, mais surtout après un parcours tumultueux qui a visiblement laissé des traces. Certaines rumeurs évoquent quelques soucis personnels pour ce pauvre Yang Bing, mais il suffit de regarder le jeu en lui-même pour se rendre compte que les choses n’ont pas été faciles. Pour commencer, la promesse d’un Action-RPG ambitieux était sans doute trop optimiste, au départ. Le développement du personnage s’avère en pratique assez sommaire et semble même avoir été intégré au chausse pied tant les options offertes paraissent inutiles et incohérentes. Il est ainsi difficile de vraiment contrôler la progression des statistiques du héros, à travers les quatre arbres de compétences, un pour chaque type d’armes, que l’on débloque un peu trop tardivement au cours de l’aventure. Ces armes sont d’ailleurs distribuées sans logique de progression, puisque l’on trouve généralement des exemplaires moins puissants que ce que l’on possède déjà, même s’il est toujours possible de les améliorer en leur collant des fragments au différents attributs (meilleur taux critique, consommation moindre de la barre d’endurance…).
Les promesses n’engagent plus : elles prennent des stagiaires
Le côté action n’est malheureusement pas beaucoup plus satisfaisant. Il faut toutefois reconnaître que les développeurs ont fait tout leur possible pour donner de l’épaisseur au système de combat, en proposant une maniabilité relativement souple (sauf lors des affreuses séquences de plateforme) et quelques friandises pour pimenter le tout, comme les coups éclairs qui permettent de prolonger un enchaînement en pressant une gâchette au bon moment ou la possibilité de passer d’une arme à l’autre en plein combo, entre l’épée, l’épée longue, la lance et la faux. Mais cela est bien insuffisant pour que Lost Soul Aside n’aperçoive le bout de la cheville de ses modèles. Ceci à cause de combats bien trop brouillons et rapidement ennuyeux. D’une part, les ennemis n’hésitent jamais à attaquer lorsqu’ils sont en dehors du champ de vision ; de l’autre, les manipulations de la plupart des techniques sont peu intuitives ou contraignantes, sans apporter de véritable plus-value par rapport aux attaques basiques : on se contente alors de ces dernières pour un résultat tout aussi efficace, si ce n’est plus. On pourrait alors soupçonner les designers de se reposer sur l’utilisation des potions pour équilibrer les combats, en laissant le joueur augmenter temporairement sa puissance pour se sortir des situations les plus délicates ; un autre signe que l’aspect RPG promis a subi les aléas d’une conception laborieuse. De plus, le jeu a du mal à récompenser le joueur de manière générale en n’offrant que trop peu de sensations de puissance, autant au niveau des effets sonores et visuels que des animations qui se montrent, à quelques exceptions près, peu spectaculaires. Enfin, Lost Soul Aside souffre de sévères problèmes de rythme, en imposant des séquences de plateforme pénibles, des énigmes peu inspirées et les obligatoires scènes narratives, le tout avec une répartition très mal équilibrée. Côté positif, on peut tout de même lui trouver quelques beaux panoramas, ou encore quelques thèmes musicaux très réussis, grâce aux interventions d’invités aussi prestigieux que Yoko Shimomura (Street Fighter II, Kingdom Hearts…) et Cody Matthew Johnson (DMC5). Mais là encore, la bande-son comme les graphismes soufflent le chaud et le froid en offrant un résultat très inégal. Tous tous ces détails finissent forcément par ternir l’expérience qui reste donc loin d’être inoubliable.
Lost Soul Aside vient, à son tour, confirmer à quel point il est compliqué de créer le jeu de son rêve. Même avec des références bien établies et des années de travail, il est bien difficile de tutoyer les cadors de la discipline. Bien sûr, l’histoire du développeur solo qui balance une vidéo prometteuse a toujours de quoi mettre le public en émoi. Mais les promesses n’engagent que ceux qui y croient, finalement…






