LIBRARY OF RUINA

Corée du Sud – 2020 / 2024
Support : Playstation 4, PC, Nintendo Switch
Genre : RPG, Cartes
Développeur : ProjectMoon
Editeur : Arc System Works Co.
Musique : Konami Kukeiha Club
Durée de jeu : Moyenne
Langue : Japonais (voix), Anglais (textes)
Date de sortie : 25 avril 2024
LE PITCH
Arrivé on ne sait comment dans une étrange bibliothèque ; notre héros va découvrir un drame aux multiples facettes qui traite de la vie et des désirs, orchestré par la directrice et bibliothécaire en chef.
Bibliophilie aigue
Déjà disponible sur steam depuis 2020, Library of Ruina est désormais accessible pour les joueurs Playstation et Nintendo. L’occasion de découvrir cette curiosité, mêlant RPG à la japonaise, aventure textuelle, thriller dystopique et maitrise de son deck de cartes.
Et les propositions décalées, le studio coréen ProjectMoon semble vouloir en faire sa marque de fabrique puisqu’il avait déjà réussi à se faire remarquer avec un Lobotomy Corporation mêlant gestion, collection de monstres et cadre horrifique. D’ailleurs, sans trop en avoir l’air, le présent Library of Ruina s’intègre dans ce même univers sombre et oppressant, vision d’un futur peuplé essentiellement de sociopathes et d’assassins. Un premier chapitre, plus ou moins, auquel il sera parfois fait référence, mais qu’il ne faut pas forcément avoir pratiqué pour profiter et comprendre la trame de ce nouveau jeu. D’ailleurs, toute la mécanique du titre change totalement par rapport à son prédécesseur puisqu’il s’agit ici d’explorer et défendre une gigantesque bibliothèque tout à lui ajoutant constamment de nouveaux livres, dans l’espoir pour notre hôte Angela, de trouver enfin l’ouvrage ultime. Désigné comme intrus puis rapidement élevé au rang d’assistant bibliothécaire malgré lui, Roland doit ainsi attirer quelques personnes douteuses dans les rues qui entours les lieux, tout en strates et en profondeurs, les attirer à la bibliothèque, découvrir leur parcours de vie et les affronter pour les transformer à leur tour en volume unique. Ces derniers font progressivement avancer l’histoire principale, ouvrent de nouveaux étages de la bâtisse peuplée de nouveaux dangers et d’alliés potentiel, mais donnent aussi accès de nouvelles capacités, techniques et pouvoirs sous formes de cartes.
« don’t judge a book by his cover »
Les combats au tour par tour de Library of Ruina se déroulent ainsi non pas en choisissant parmi une liste d’action mais en jouant au bon moment ses meilleurs cartes parmi un set consciencieusement préparé. Cartes d’attaques, de défenses, permettant de décaler les tours du jeu, mais où toujours le facteurs chance vient s’insinuer puisqu’ils s’accompagnent de lancement de dé par toujours à l’avantage du jouer. Un soupçon de suspens et de facteur hasard dans un gameplay qui, comme souvent dans les jeux de deckbuilding, se travaille essentiellement en amont en collectionnant et agençant les meilleures combinaisons, en collectionnant les cartes rares et en fusionnant les doubles pour aboutir à des items bien plus puissants. De ce côté-là, sans se révéler trop novateur, Library of Ruina fait plutôt bien le job, même s’il faut reconnaitre que les menus relativement austères et pas des plus souples peuvent rendre les expérimentations un peu laborieuses au bout d’un moment. Et les combats par eux-mêmes, relativement figés et sans grands effets de mise en scène ne dynamisent pas trop l’aventure. Cependant le jeu réussit plutôt bien à imbriquer son système de jeu directement dans le scénario, finalement assez complexe et parfois déstabilisant. Aux lisières de la Visual Novel, le titre de ProjectMoon repose justement constamment sur cette succession ininterrompue de personnages secondaires, venant éclairer le joueur sur l’état du monde extérieur, l’amenant à tisser progressivement des liens entre les rares indices, à chercher toujours plus loin une explication à son arrivée dans les lieux, la raison de la quête d’Angela et la défiance qu’elle provoque chez les autres habitants de la bibliothèque.
Malheureusement uniquement disponible en anglais, et extrêmement bavard, Library of Ruina offre pourtant un développement intriguant qui ne se découvre véritablement au bout de nombreuses heures de jeux, l’ensemble dépassant allègrement tout de même la centaine d’heure. Effectivement faut avoir de bonnes cartes en main donc.