GHOST OF YŌTEI

Etats-Unis – 2025
Support : Playstation 5
Genre : Action, Aventure
Développeur : Sucker Punch Productions
Musique : Toma Otowa
Durée de jeu : Longue
Langue : Français disponible
Éditeur : Sony Interactive Entertainment
Date de sortie : 02 octobre 2025
LE PITCH
Ghost of Yōtei est une toute nouvelle expérience qui se déroule dans le Japon rural du XVIIe siècle, 300 ans après les événements du jeu à succès Ghost of Tsushima. L’histoire du jeu est centrée sur Atsu, une mercenaire solitaire au lourd passé. En quête de vengeance, elle explore les paysages à la fois sublimes et sauvages du nord du Japon afin de retrouver ceux qui ont tué sa famille des années auparavant.
Le Ghost-Block-buster
Si l’expression « le mieux est l’ennemi du bien » était un professeur, Ghost of Yotei serait certainement l’un de ses meilleurs élèves. Héritier du lourd prestige de Ghost of Tsushima, le dernier rejeton de Sucker Punch joue la carte de la prudence en exploitant ses acquis plus qu’en ne proposant du neuf. Mais quand on parle de ce genre d’acquis, exceptionnels, rester à la hauteur est un challenge en soi. Et sur ce point, Yotei n’est pas l’ombre de Tsushima.
Ghost of Tsushima était une très belle réussite et Ghost of Yotei se devait de faire aussi bien. Pour y parvenir, Sucker Punch a tout simplement choisi de ne pas prendre de risque. La dernière mouture d’action aventure japonaise propose une expérience de jeu qui affine la formule de son prédécesseur sans trop la bousculer. Pour autant, le résultat reste exceptionnel. Le jeu offre des paysages visuellement époustouflants, un système de combat fluide et satisfaisant, ainsi qu’une histoire bien rythmée, animée par un objectif de vengeance toujours engageant. C’est un ressort scénaristique classique qui était déjà utilisé dans Tsushima et que l’on retrouve également dans Assassin’s Creed Shadow, un autre titre similaire. Enfin, pour finir sur l’écriture, Atsu, le personnage principal, est particulièrement bien développée. Ce sont là des points assez forts pour faire oublier que le jeu ne cherche clairement pas à révolutionner le genre du monde ouvert. Le monde d’Ezo (Hokkaido) regorge de détails artistiques et de touches culturelles, incluant une représentation du peuple autochtone Aïnou. La navigation se fait de manière organique, avec le vent et la musique pour guider le joueur, le tout sans surcharger l’écran. Petite cerise sur le gâteau pour les cinéphiles, des options colorimétriques permettent de donner à l’image un style traditionnel à la Kurosawa ou de partir plus en vrille à la manière d’un Takashi Miike. Ambiance !
Le monde par le sabre
Ghost of Yotei propose un monde ouvert vraiment beau, qui appelle ouvertement à la contemplation. Mais, sans surprise, c’est par le sabre qu’il faudra se frayer un chemin. L’essentiel de la mécanique de jeu s’articule sur les idées véhiculées par la figure pittoresque du samouraï, là où le dernier Assassin’s Creed se rattachait plus à la figure du shinobi. Yotei propose un système de combat étendu par rapport à son prédécesseur, avec un arsenal plus varié, qui inclut même des armes à feu. La mise en scène des combats n’est pas en reste. Les joutes ont bien plus d’impacts et certains duels prennent des allures cinématographiques vraiment saisissantes. Si la prise en main autorise un type de jeu lourd et sans finesse jusqu’à une certaine mesure, le système récompense très clairement la précision et la maîtrise. Pour autant, l’infiltration reste finalement une mécanique secondaire dans l’expérience de jeu globale. Si elle reste agréable, il semble bien que le développeur ait privilégié une approche sanglante, plus en phase avec la rage qui anime le personnage principal. Toutefois, les combats ne feront pas tout. La progression est liée à l’exploration et aux quêtes optionnelles, rendant les activités en monde ouvert plus significatives. Il faudra noter que, le plus souvent, ces quêtes annexes s’intègrent particulièrement bien dans l’aventure principale, ce qui contribue à rendre l’ensemble du titre particulièrement prenant.
À l’image du titre qu’elle porte, Atsu est une héroïne bien plus captivante que Jin ne l’a été dans Tsushima. L’intrigue est simple et prévisible, centrée sur une quête de vengeance racontée 1000 fois, mais ce classicisme est compensé par des rebondissements bien amenés, des personnages secondaires solides et des moments poignants qui enrichissent le récit. Ghost of Yotei offre une aventure de samouraï très bien exécutée, émotionnellement ancrée, avec des visuels saisissants et certains des meilleurs combats récents. Il n’innove peut-être pas autant qu’on l’aurait souhaité, mais il améliore avec intelligence et finesse ce qui faisait déjà la force de son prédécesseur.







