DRAGON QUEST VII REIMAGINED

Japon – 2000 / 2026
Support : Nintendo Switch, Nintendo Switch 2, Playstation 5, Xbox Series, PC
Genre : RPG
Développeur : HexaDrive
Musique : Koichi Sugiyama
Durée de jeu : Longue
Langues : Anglais et japonais (voix). Texte en français disponible
Éditeur : Square Enix
Date de sortie : 05 février 2026
LE PITCH
Incarnez le jeune fils d’un pêcheur, qui n’a jamais rien connu d’autre que la paisible île de Melyor mais qui reste plein de curiosité. Votre voyage commence par une simple question : le monde se résume-t-il à cette île ?
Et l’aventure continue…
Dragon Quest VII est de nouveau de retour. Après sa sortie initiale sur PS1, le jeu avait eu un droit à un remake sur Nintendo 3DS. Et voilà qu’aujourd’hui, alors que la série fête ses 40 ans, le titre revient avec une troisième itération qui conjugue améliorations et sacrifices. À l’heure de prendre les voiles pour explorer le monde, Dragon Quest VII Reimagined impose ses choix et c’est au joueur de faire ses comptes.
Sorti sur PS1 en 2000, la version originale de Dragon Quest 7 proposait une aventure de base extrêmement longue, avec un rythme qui prenait son temps. Cela se ressentait dès son introduction, qui avait la particularité de s’étaler sur plusieurs heures avant de livrer son tout premier combat. De bout en bout, la version Reimagined accélère grandement les choses. Il est beaucoup plus court et bien plus direct dans son déroulement. On imagine aisément que ce choix vise à faciliter l’accueil des nouveaux joueurs, mais les initiés regretteront certainement que ce lissage se fait au détriment de l’exploration et du challenge. Si dans le jeu original, chaque île découverte était une victoire durement gagnée, dans Reimagined, la progression est souvent trop guidée, transformant une aventure épique en une simple liste de tâches. Tout est réellement plus accessible. Le besoin d’accumuler assez d’expérience pour préparer ses combats est réduit. L’interface est plus simple. Il est possible de passer ses combats en mode automatique et même de les accélérer. Ces choix ont un réel impact sur le confort de jeu mais pour un vétéran, les combats perdent de leur tension stratégique car les monstres ne sont plus une menace et l’exploration se fait sans risque.
Train différent, mêmes rails
S’il y a bien quelques regrets à formuler, on ne peut pas non plus pester sur l’ensemble de la proposition. Car DQ7 R reste finalement fidèle à la formule originale. Chaque île est une petite histoire indépendante que l’on résout dans le passé pour la voir renaître dans le futur. Si l’idée d’aventure temporelle est on ne peut plus classique, sa mise en place dans DQ7 reste l’une des structures narratives les plus engageantes du J-RPG. Notamment à travers une écriture bien travaillée, qui accroche le joueur en éveillant sa curiosité sur la forme que va prendre la résolution à venir. Et puis le jeu séduit aussi avec ses personnages mémorables. On pensera en particulier au prince Kiefer, qui évolue de manière attachante tout au long de l’aventure. C’est une certitude : Reimagined garde le charme de ses origines. Le système de combat est simple mais confortable. Le jeu propose de beaux graphismes et une bande son réorchestrée de façon magistrale. Et la mise en scène, avec doublage, reste plus immersif que le pixel art de l’époque. Pour toutes ces raisons, il reste largement valable pour tout joueur qui découvre la série, ou même le genre du J-RPG. Les vétérans n’y trouveront peut-être pas leur compte mais, finalement, ils ont déjà eu leur part.
Alors que l’aventure originale demandait facilement 100 heures, Reimagined peut se boucler en 40 en ligne droite. En étant plus concis dans ses objectifs, le remake gagne en clarté et en rythme. Mais il le fait en délaissant l’exploration et le challenge. Si les anciens du J-RPG seront certainement sensibles à son charme, ils resteront tout de même sur leur faim en bout de course. Pour les nouveaux, en revanche, c’est une porte d’entrée au J-RPG toute indiquée. Joli, maniable et facile d’accès. On peut grincer des dents mais à la fin, ça passe crème.






