DONKEY KONG BANANZA

Japon – 2025
Support : Nintendo Switch 2
Genre : Plateforme
Développeur : Nintendo EPD
Musique : Naoto Kubo
Durée : longue
Langue : français
Éditeur : Nintendo
Date de sortie : 12 septembre 2025
LE PITCH
Les mineurs de l’île Lingot font la découverte du siècle : un filon de bananes dorées. Mais les canailles de la Void Company s’emparent du précieux butins. Donkey, l’un des ouvriers, finit aspiré dans les profondeurs suite à cet incident et fait la rencontre de Pauline, une jeune fille qui cherche à regagner la surface de la Terre.
La banane du siècle
En 2024, PlayStation marchait directement sur les plate-bandes de Nintendo avec l’excellent Astrobot. Mais Donkey Kong tient vivement à montrer que c’est lui le mâle alpha de la discipline (en attendant que le patron Super Mario daigne entamer une aventure inédite sur Switch 2).
Le jeu de Team Asobi avait en effet reçu un accueil chaleureux, non seulement grâce à ses qualités, dans sa réalisation comme dans sa maniabilité, mais aussi grâce à la place laissée vacante un peu trop longtemps depuis la sortie de Super Mario Odyssey, au début de l’ère Switch ; ceci sans faire offense à Super Mario Wonder qui fait plutôt des merveilles (comme son nom l’indique) dans la catégorie plateforme 2D. Néanmoins, à défaut de voir le retour du plombier le plus célèbre du monde, c’est Donkey Kong qui ouvre le bal de la plateforme 3D sur Switch 2 et autant dire que le gorille n’y va pas de main morte. Dans cet enchaînement de niveaux bac-à-sable, chaque environnement est en grande partie destructible, ce qui permet une exploration en long, en large et en travers pratiquement au sens littéral. C’est d’ailleurs le premier domaine où brille ce Bananza : comme dans Astrobot, par ailleurs, les développeurs ont tout donné pour offrir à chaque matière un rendu et des sensations d’une grande fidélité. Si bien que creuser la roche, briser des cristaux de verre ou faire tomber une pluie de pépites d’or procure des sensations exquises à travers la manette.
Ouvrir la voie sans casser la voix
Outre ces matières qui affolent les sens, c’est le terrain de jeu de Bananza qui en fait une aventure palpitante. Avec l’idée d’un Donkey capable de tout détruire sur son passage, on aurait pu craindre un jeu bourrin et sans finesse. Mais l’on peut heureusement compter sur l’héritage de Nintendo et du savoir-faire du département Entertainment Planning & Development (EPD) pour donner de la saveur à l’ensemble. DK Bananza est ainsi conçu sous la houlette du producer Kenta Motokura, qui avait notamment travaillé sur des titres tels que Super Mario 3D World et Super Mario Odyssey mais aussi le très sympathique DK Jungle Beat, accompagné par les co-réalisateurs Kazuya Takahashi, fort d’une longue expérience dans le jeu d’arcade et les RPG en monde ouvert, et Wataru Tanaka, impliqué sur plusieurs Mario 3D depuis Galaxy 2. Il n’est donc pas étonnant de voir à quel point chacune des strates, les différents niveaux qui séparent Donkey et Pauline du centre de la Terre, fourmille d’idées. Car jouer avec les matières n’est pas qu’un prétexte pour envoyer des particules plein l’écran. En effet, chaque choix a un sens : si la simple terre est l’élément le plus neutre grâce à laquelle le joueur peut expérimenter et prendre ses marques, il faut ensuite apprendre à dompter la glace et sa surface glissante, à se faufiler entre les ronces et les rivières de lave ou encore à faire interagir les murs apparemment incassables, en mettant la main sur de la roche explosive, par exemple. Puis, quand aucune solution ne semble immédiatement disponible, notre héros peut compter sur les cinq transformations Bananza qui lui octroient de nouvelles capacités comme lancer des coups de poing surpuissants ou planer quelques secondes. Ces transformations ouvrent également la porte à différentes expérimentations et approches inattendues que les speedrunners n’ont pas tardé à exploiter.
Une vraie mine d’or
Il faut en plus ajouter à cela une réalisation exemplaire, soutenue par le gain de puissance offert par la Switch 2. Le niveau de détail affiché fait ressortir les différentes textures et la fluidité ne souffre que des très rares saccades à peine perceptibles, même quand le plus grand chaos règne à l’écran. Le tableau est toutefois entaché par quelques séquences, en particulier certains combats de boss, qui peuvent se montrer fastidieuses, quand il faut naviguer entre les zones dangereuses tout en esquivant les attaques d’un ennemi qui virevolte dans tous les sens. Mais le monde de Donkey Kong Bananza demeure un vrai plaisir à parcourir la plupart du temps. Même le terrain presque entièrement destructible, qui aurait pu être une source de problèmes sans fin, a été géré de main de maître. Une option permet d’ailleurs de rétablir le terrain au cas où l’on se retrouverait bloqué, mais il est tout à fait possible de finir le jeu sans avoir recours à cette fonctionnalité. Enfin, à défaut d’un véritable mode multijoueur, DK Bananza propose un mode de coopération asymétrique permettant à un second joueur de lancer des attaques via la voix de Pauline ou de sculpter les environnement grâce au mode souris des nouveaux Joy-Con.
On aurait pu s’attendre à un simple amuse-gueule, à un titre seulement conçu pour faire patienter les amateurs de plateforme avant l’arrivée d’un nouveau Mario. Mais l’équipe de Nintendo propose une véritable épopée aux sens des joueurs, notamment celui du touché qui, en dehors de quelques séquences un peu brouillonnes, se trouve bombardé de bonnes sensations.
Le silence est d’or, le bazar est d’émeraude
Deux mois après avoir cassé la baraque sur Switch 2, Donkey Kong et pauline prolongent leurs aventures via cette extension : Île de DK + Course aux émeraudes. Celle-ci emmène le duo sur l’Île de DK où il retrouve, à leur surprise, un certain Void. Ce dernier, malgré la déconvenue subie, n’a pas abandonné son activité d’entrepreneur et vient même de trouver un nouveau filon : celui de l’émeraude. Mais plutôt que de lui coller une nouvelle raclée, ce cher Donkey ressort sa tenue de mineur pour extraire le précieux matériau. Tout ceci est un prétexte, non seulement, pour revisiter un décor issu des bon vieux Donkey Kong Country, mais surtout pour intégrer un nouveau mode de jeu inspiré par la mode des Rogue-like. Il s’agit, en effet, de parcourir l’île en long, en large et en travers afin de ramasser le plus de fragments possibles. Si notre héros entame le premier parcours dépourvu des aptitudes acquises durant l’aventure principale, il peut les récupérer en dépensant des rondelles de bananes émeraude, et même débloquer des bonus temporaires aléatoires en ramassant des fossiles. Le but est alors, comme c’est de tradition dans le genre, d’enchaîner les parties pour se renforcer tout en maîtrisant de mieux en mieux le terrain et ainsi améliorer ses scores, puis de débloquer de nouvelles zones à explorer et obtenir des costumes supplémentaires pour les personnages. Si l’on préférait l’époque où Nintendo livrait ses jeux complets en une fois, sans avoir à passer à la caisse une seconde fois, il faut reconnaître que cette extension demeure une bonne excuse pour relancer Bananza, dont on ne louera jamais assez les excellentes sensations qu’il procure à travers la manette. D’autant que l’aspect aléatoire du Rogue-like, couplé à la course au meilleur score, permet de relancer l’intérêt pour de longues heures.








