CHRONICLES OF THE WOLVES

France – 2025
Support : Playstation 5, Xbox Series, PC, Nintendo Switch
Genre : Action, Aventure, RPG
Développeur : Migami Games
Musique : Jeffrey Montoya, Oscar Araujo
Durée de jeu : Moyenne
Langue : Anglais (voix), Français (textes)
Editeur : PQube
Date de sortie : 19 juin 2025
LE PITCH
Vous incarnez Mateo Lombardo, dernier apprenti de l’Ordre de la Rose-Croix, survivant d’un massacre brutal, et désormais missionné pour traquer la terrible Bête du Gévaudan.
New Blood
Déjà créateur d’un hommage bien affirmé avec les deux opus de Castlevania : The Lecarde Chronicles en forme de fan-games, le studio français Migami Games continue ses déclarations d’amour au monument de Konami avec l’inédit Chronicles of the Wolves, un metroidvania tout en vieux pixels et en bonnes intentions.
Si on ne cite plus Castlevania dans le titre et que le récit s’éloigne de l’habituel château transylvanien pour s’offrir un petit voyage dans le cœur de la France profonde et rustique, sur les traces du loup de Gévaudan, Chronicles of the Wolves ne cesse bien entendu de déclamer sa fascination pour le modèle japonaise. Ne serait-ce que par la présence d’Oscar Araujo (Castlevania : Lords of Shadow) à la composition du thème de l’écran d’ouverture ou celle du doubleur Robert Belgrade pour incarner le héros : ni plus ni moins que la voix d’Alucarde dans le mythique Symphonie of the Night. Très marqué par l’âge d’or de Castlevenia, le soft reprend directement son esthétique 16bit, entre les derniers chapitres Super Nintendo, le monde de la Playstation et les explorations de la Nintendo DS, copie allègrement designs et des décors et berce le tout dans une ambiance gothique à souhait avec musique pesante à l’orgue, zombis et autres démons et vieilles chapelles délabrées.
Illusionary Dance
En terrain connu, le vieux baroudeur du pad peut effectivement éviter de relancer un Castlevania qu’il connait déjà sur le bout des doigts et s’adonner à une proposition rétro et très appliquée qui se réapproprie de la même façon l’habille alliage entre l’exploration et l’action punitive. La carte gigantesque, découpées en diverses demeures, cimetières, forêts, marais et villages apeurés pousse effectivement à l’aventure, à la recherche de nouveaux chemins et de voies qui ne deviendront accessibles qu’une fois l’objet découvert au fond d’un puits ou le nouveau pouvoir dégotté derrière un mur fissible. Le double saut, la glissade, quelques améliorations d’équipement ou magie, oblige alors bien souvent à revenir sur nos pas, à quelques allers-retours un peu rébarbatifs même si toujours sous tension. Les mécaniques anciennes sont bel et bien là, mais on n’aurait sans doute pas craché sur quelques passages rapides ou télétransporteurs plus efficaces. Rien à redire cependant du côté du gameplay qui s’attache coûte que coûte à préserver la rigidité d’antan avec un personnage qui ne peut se déplacer en même temps qu’il frappe et dont les mouvements sont volontairement assez lourds et obligent à maitriser les différentes techniques, les déplacements des ennemis et surtout le timing d’une horde qui peut parfois s’avérer extrêmement oppressante. Même sensation du côté des boss, plutôt simples au départ, mais dont la difficulté se corse assez rapidement avec des paterns complexes et exigeants presque dignes d’un classique de Konami.
Il est évident que Migami Games connait son Castlevania sur le bout des doigts et en à étudier les moindres recoins, particularismes ou briques pixelisées, mais du coup leur création est forcément constamment prisonnière de son modèle. Pas de grandes surprises, pas de prises de risque ou de modernisation marquée, Chronicles of the Wolves est un hommage sincère mais un peu vide. Le plus symptomatique restant son écriture trop ténue qui ne se découvre que par quelques cut-scenes sommaires, quelques dialogues avec des PNJ fixes et sans personnalité et plus généralement une avancée immuable qui ne prendra jamais vraiment le temps d’offrir une vraie aura à son chasseur de loup-garou, simple avatar dont le simple but est d’éliminer toutes les créatures surnaturelles qui se présenteront devant lui. A ce jeu-là, le Graal Symphony of the Night avait véritablement recrée toute une mythologie autour d’un Alucard torturé et romantique. Pas toujours facile de s’attaquer à un Everest.






