BYE SWEET CAROLE

Italie – 2025
Support : Playstation 5, Xbox Series, PC, Nintendo Switch
Genre : Aventure, Enigmes, Horreur
Développeur : Little Sewing Machine
Musique : Luca Balboni
Durée de jeu : Moyenne
Langue : Anglais (voix), Français (textes)
Editeur : Maximum Entertainment
Date de sortie : 25 septembre 2025
LE PITCH
Dans l’Angleterre du début du 20e siècle, alors que le mouvement suffragette commence à transformer la société, la jeune Lana Benton recherche son amie disparue, Carole Simmons. Son chemin la mène à travers l’orphelinat Bunny Hall jusqu’au mystérieux royaume de Corolla, un lieu contrôlé par le sinistre M. Kyn, la chouette impitoyable Velenia, et des essaims de lapins de goudron voraces. Prise entre deux mondes, Lana doit trouver un moyen de survivre et découvrir la sombre vérité derrière la disparition de Carole.
De l’autre côté du miroir
Imaginé par les créateurs des deux Remothered, Chris Darril et le studio Little Sewing Machine, Bye Sweet Carole est à nouveau une aventure de survival / horror, bourrée d’énigmes et plongeant une jeune fille dans un univers de cauchemar. Sauf que celui-ci n’est plus en 3D mais ressemble étonnement aux grands dessins animés de notre enfance.
C’est le premier grand pari de Bye Sweet Carole qui se détache des esthétiques infographiques et réalistes à la mode dans le genre, pour revenir à une patte artistique beaucoup plus marquée. Celles du cinéma d’animation américain classique, imprégné forcément par l’école Disney mais pas que, et qui donne lieu à de superbes décors entièrement dessinés à la main et des personnages qui semblent tout droit sortis de Blanche Neige, La Belle et la bête ou… Alice au pays des merveilles. Le rendu d’ensemble est souvent magnifique, très fluide, et permet de passer allègrement de phases jeu délicates et minutieuses à des cinématiques plus démonstratives encore. Outre le challenge technique, By Sweet Carole joue aussi très habilement des décalages de plus en plus sombre qui apparaissent dans ces tableaux liés à une certaine nostalgie. Lana n’est pas une jeune princesse en quête du grand amour mais une adolescente, recluse dans un internat pour jeune fille qui enquête sur la disparition de sa meilleure amie. Mais telle Alice, la réalité de cesse de se dérober sous ses pieds et l’entrainer dans un monde parallèle peuplé de monstres effrayants, de créatures étranges et de visions déformées de l’établissement scolaires et de la nature environnante, s’apparentant alors de plus en plus à un purgatoire très personnel. Une sorte de Silent Hill où le cartoon deviendrait introspection, tragique et terriblement inquiétante. Accompagné par une très jolie et enveloppante musique signée Luca Balboni (An Affait ro Die For), l’aventure séduit immédiatement par son atmosphère et sa personnalité.
Dans le jardin des roses
Un peu à la manière du mythique Dragon’s Lair de Don Bluth, le titre propose forcément quelques petits QTE pour se sortir de dangers imminents ou de cinématiques plus spectaculaires, restant toujours très proche d’une certaine idée du film interactif, mais propose tout de même un gameplay un peu plus complet que cela. Il s’agit en l’occurrence d’un mélange d’exploration prudente où il faudra régulièrement traverser de longs couloirs sans faire de bruit, éviter les terribles surgissements de croquemitaines divers et réussir à se cacher efficacement (en retenant sa respiration) dans les lieux adéquates, et de puzzle à la click & play. Pas de petite flèche et de souris sous la main pour découvrir quelques éléments du décor qui n’attendent que cela ou mettre la main sur un nouvel objet (clef, seau, tournevis, dé…) qui permettra de débloquer une nouvelle énigme ou ouvrir une nouvelle porte un peu plus loin, mais notre héroïne se déplace d’elle-même d’un lieu à l’autre. Sous sa forme humaine tout d’abord, puis plus tard sous celle d’une petite lapine plus agile et discrète, atteignant des lieux plus étroits, avant que le camarade Baesie ne viennent nous prêter main forte en prêtant… sa tête. Au joueur de savoir quand utiliser quoi, qui ou comment, à patienter entre les multiples allers-retours d’un lieu à l’autre et à ne pas trop pester sur un moteur qui n’est pas toujours des plus précis dans ses mouvements et ses interactions. C’est là le seul souci de ce très beau jeu qui manque sans doute un peu de prise en main dans sa finition technique.
D’ailleurs le titre s’est déjà tristement fait remarquer pour sa bonne poignée de bugs en tous genres, généreusement répartis de manière égale sur toutes les machines disponibles. Cela va des petits freezes ou plantages de circonstance dont certains, comme sur Switch, empêchent totalement d’avancer au delà du quatrième chapitre. Espérons que les développeurs vont vite corriger cet écueil qui vient quelque-peu gâcher la sortie de ce très beau conte effrayant et poétique.







