BRAVELY DEFAULT II

Japon – 2021
Support : Nintendo Switch
Genre : RPG, Fantasy
Développeur : Claytech Works
Musique : Revo
Durée de jeu : Élevée
Langue : Voix anglaises et japonaises, textes français
Editeur : Square-Enix
Date de sortie : 26 février 2021
LE PITCH
Le monde est en crise. Inondations, températures en hausse, catastrophes naturelles en tous genres… le vol des Cristaux menace l’ordre vivant. Heureusement, quatre guerriers légendaires font renaître l’espoir de rétablir l’équilibre entre les éléments : les héros de la lumière. Suivez Seth et ses compagnons Gloria, Elvis et Adèle dans leur périple au cœur du continent éblouissant d’Excillant. Utilisez leurs pouvoirs pour vaincre les forces maléfiques qui se sont emparées des Cristaux et mettre un terme au chaos qui menace le monde !
La pureté du cristal
Déclaration d’amour remarquable à un RPG à l’ancienne mais capable de pousser les germes du genre plus loin que ses aînés, Bravely Default et sa suite directe, Bravely Second, avaient certainement offerts à la 3DS ses deux plus beaux essais « inédits » du genre. Bravely Default II peut-il prétendre à une même place royale sur Switch ?
Quelque-peu refroidi par l’accueil timide d’un Bravely Second qui tentait la carte, finalement assez rares chez Square-Enix, de la suite directe, voir même de la relecture vertigineuse du premier soft, le producteur Tomoya Asano a finalement pris son temps pour revenir à cette jeune licence. Après s’être offert un petit détour du côté du non moins réussi Octopath Traveler, il change de studio de développement (Claytech Works contre les anciens Silicon Studio) mais pour mieux revenir aux fondamentaux. Bravely Default II n’est donc pas la suite des précédents, mais bien une aventure inédite reposant sur un nouveau monde de Fantasy et une nouvelle galerie de personnages, qui s’intègre justement dans les codes du titre de 2013. Tellement bien d’ailleurs qu’il y a de quoi être troublé durant les premières heures qui s’engouffrent plus que jamais dans les clichés des JRPG des années 90, du jeune homme amnésique recueilli sur le rivage au quatuor bien ancré dans ses charmants stéréotypes et ses designs délicieusement enfantins. Héritier aussi du fabuleux Final Fantasy: The 4 Heroes of Light, Bravely Default II en reprend une nouvelle fois la sempiternelle quête des cristaux primordiaux préservant l’équilibre du monde. Exploration du monde sur une map en 3D avec monstres apparents, combats au tour par tour, villes splendides bourrées de dialogues et de quêtes secondaires, boss monstrueux nécessitant leurs séances de leveling… L’amateur est immédiatement baigné dans une douce nostalgie, mais comme à chaque fois l’équipe de Tomoya Asano ne se borne pas à resservir du réchauffé loin de là.
Quatuor à vent
Il y a une constante sensation de maîtrise et d’approfondissement dans Bravely Default II comme si en creusant tous les jalons du JRPG, le jeu s’approchait constamment d’une certaine quintessence. L’histoire restera essentiellement bornée à une grande aventure initiatique et un affrontement entre le bien et le mal, mais la multitude de dialogues, les révélations que feront les personnages, les anecdotes dissimulées entre les lignes dépeignent un monde au bord de la rupture, sociétale et écologique, et une noirceur profonde que l’humour des personnages tente d’alléger, de rendre supportable. Tout d’abord simples gamins pleins d’entrain et d’espoirs, ces derniers, tout comme leurs ennemis, révèlent peu à peu des motivations et des natures beaucoup plus complexes. Une écriture fine et subtile que l’on retrouve jusque dans l’abus de quêtes annexes, certes parfois simples opérations Fedex, mais où là encore se dessine plus globalement un monde vaste et pluriel, offrant à quelques personnages secondaire de vrais moments d’existence en plus de donner accès à des astérisques inédits (et donc indispensable). Doté d’une durée de vie entre 50 et 100 heures de jeu, Bravely Default II est une proposition particulièrement opulente dans sa liberté d’exploration, dans ses multiples trésors cachés ou même dans sa proposition d’un jeu de carte bonus stratégique et méchamment chronophage.
Percussions
Mais jamais de ventre mou ici, puisque tout a été pensée pour constamment simplifier la vie du joueur… sans amoindrir un niveau de difficulté bien présent. Les fameuses phases de farming peuvent ainsi pratiquement devenir automatiques grâce à quelques habilitées et items récoltés, et même les pauses du joueur peuvent se transformer en quêtes maritimes qui offriront de nombreux boost de stats et d’expérience. Beaucoup de souplesses sont apportées à un système de jeu toujours aussi performant, usant de sa trouvaille Brave / Default, permettant d’emmagasiner des tours ou de brûler des actions, pour donner un corps tactique brillant et excitant aux affrontements les plus tendus. A cela s’ajoute aussi bien entendu la maîtrise totale des classes obtenues ici grâce aux 24 astérisques délivrées au fur et à mesure de l’aventure qui en plus des variations de tactiques disponibles (magie blanche, noire, défense, combats à mains nues, encouragements…) ouvrent la voie à des capacités secondaires et passives qui peuvent se combiner pour donner des résultats assez spectaculaires. D’autant plus appréciables que tout dans Bravely Default II est parfaitement visible, compréhensible et accessible.
Un modèle du genre qui certes n’a pas le petit brin de folie final du premier opus (mais qui était loin d’avoir plus à tout le monde), mais qui a toutes les armes pour devenir à son tour un classique du JRPG… à l’instar de la nouvelle bande originale époustouflante livrée par Revo (Attack on Titan) qui capture une fois encore toute l’émotion du jeu et toute sa fougue épique.