WOLF CREEK

Australie – 2005
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Greg McLean
Acteurs : John Jarratt, Cassandra Magrath, Kestie Morassi, Nathan Phillips, Gordon Poole, Guy O’Donnell…
Musique : François Tétaz
Image : 1.78 16/9
Son : Anglais Dolby Atmos 7.1 et DTS HD Master Audio 5.1, Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 104 minutes
Editeur : ESC Films
Date de sortie : 23 juillet 2025
LE PITCH
Trois jeunes randonneurs quittent leur ville d’Australie pour trois semaines de trekking dans le désert australien. Ils en profitent pour aller admirer Wolf Creek, un cratère causé par une météorite vieux de plusieurs milliers d’années. Cette nuit-là, ils retrouvent leur voiture en panne. Lorsqu’un autochtone leur propose de l’aide, ils se croient sauvés. Pourtant, le vrai cauchemar commence…
Le bourlingueur
Milieu des années 2000 alors que le cinéma d’horreur viscéral reprend ses droits grâce au remake de Massacre à la tronçonneuse, Saw ou Hostel, une petite bombe sauvage débarque d’Australie : Wolf Creek. Un slasher / survival bien méchant, simple en apparence mais définitivement sadique.
Film d’horreur à petit budget tourné en numérique (il fut même envisagé en mini DVD) en plein cœur de l’Outback, et largement inspiré de disparitions réelles qui se seraient déroulées à quelques pas des lieux de tournage, Wolf Creek aurait pu jouer la carte du slasher bas du front, sobrement cradingue et plus ou moins satisfaisant. Mais plutôt que de se contenter de singer l’école américaine le jeune réalisateur Greg McLean reste profondément attaché à une certaine tradition australienne, où à une certaine perception de la géographie locale plus précisément, qui avait nourrit toute la fameuse belle époque de l’Ozploitation de Mad Max à Long Weekend en passant par Déviation mortelle, et qui fait encore et toujours de l’écologie du continent la véritable menace qui pèse inlassablement sur ceux qui le traverse. Ici trois touristes qui ont malheur finalement de se croire en terrain conquis, en promenade de santé, s’émerveillant devant les couchers de soleils, le bush à perte de vue et la faune locale… jusqu’à leur arrivée à un célèbre cratère de météorite.
Le bush a des yeux
Un lieu imposant, presque inquiétant de par son origine et son impact sur le relief, mais qui aussi glisse une certaine aura de mystère, primitive, magique… qui aboutit à l’apparition, tardive mais marquante de Mick Taylor. Un pur produit des coins reculés australiens, redneck achevé mais sympathique en apparence, chasseur obsédé par la traque et qui a manifestement l’habitude de s’en prendre aux voyageurs un peu paumés. De la chronique bucolique, Wolf Creek bifurque vers l’horreur la plus frontale, bestiale, mêlant tortures, traques inhumaines, exécutions sordides (la tête sur un bâton…), sévices sexuels et, en sous-entendu, un soupçon de nécrophilie en prime. Et si le boogieman local manie allègrement l’humour noir, le contre-temps et même l’excessivité de la caricature, il n’est jamais ridicule loin de là, mais se refuse de la même façon à apparaitre trop humain. Lui refusant toute forme de psychologie développée, ne lui cherchant aucune motivation profonde ou explication quelconque, McLean en fait une bête humaine, vivant pour la traque, tuant par nature et se confondant dès lors avec cette Australie dont il n’est jamais bon d’oublier l’impitoyable dangerosité. L’utilisation du décor où le soleil écrasant renvoient aux ténèbres insondables et le fameux cratère naturel renvoie à celui jalonné de détritus et creusé et en tous genres par Mick Taylor, fait finalement toute la force du film, l’habitant d’une fatalité presque mythologique.
La précision de la mise en scène de Greg McLean, plus brutale que gore, plus angoissante que tape-à-l’œil, culmine dans cette ultime mise à mort, froide et presque désespérée de l’une des pauvres jeunes femmes, dans laquelle le tueur ne semble même pas prendre plaisir. L’ordre naturel y est rétabli tout simplement. Australien jusqu’au bout.
Image
La précédente édition vidéo de Wolf Creek en France datait de 2007 et d’un DVD TF1 Vidéo. Dire qu’on était impatient de revoir le métrage dans de bien meilleurs conditions est un euphémisme, surtout que cette édition en profite pour réutiliser une copie 4K produite en Allemagne par Turbine mais avec l’accord et le soutien du réalisateur. C’est qu’à l’origine il fut capturé sur des caméras numériques Sony HDW-F900 limitées justement au format 2K et a donc dû être retravaillé pour passer à la génération supérieure. On aurait pu craindre des bidouillages artificiels et de l’upscale massive, il n’en est rien. Si bien entendu quelques plans légèrement bruités rappellent forcément les limites du procédé, l’ensemble du film impose une définition de très haute qualité, un piqué creusé et surtout une stabilité étonnante. Les scènes centrales, entre des noirs d’encres et des reflets verdâtre, tiennent allègrement la barre, mais se sont les séquences en plein soleil (la première partie et les dernières minutes) dressant des portraits éclatants des paysages australiens, qui impressionnent le plus. Le traitement Dolby Vision vient parfaire le tout avec des dégradés splendides et des lumières subtiles. Impressionnant.
Son
L’édition propose de redécouvrir le film pour sa version original dans un Dolby Atmos dernier cris qui, s’il est effectivement mixé à un niveau sonore légèrement inférieur aux autres propositions, offre un travail tout à fait enveloppant, naturel et percutant, sans jamais se perdre dans la surenchère. Le DTS HD Master Audio 5.1 est légèrement en dessous en termes de sensations mais reste plus qu’efficace et brutal que ce soit en anglais ou en français, même si pour ce dernier certaines scènes semblent un peu moins rondes.
Interactivité
ESC présente Wolf Creek sous la forme d’une édition combo Bluray / UHD dans un digipack avec fourreau cartonné et reproduction de l’affiche.
Elle propose de nombreux bonus inédits dont les plus réussis sont un commentaire audio très sympathique réunissant une grande partie de l’équipe du film mais où le réalisateur se montre rapidement le plus constructif et informatif et un making of de près d’une heure. Ce dernier retrace idéalement toute la production du film, de l’idée originale à la sortie, et délivre de nombreuses infos sur le tournage (les torrents de pluie qui obligèrent à réécrire le script) et interviews des uns et des autres. Classique mais bien brossé. L’interactivité est complétée par trois scènes coupées désormais incluses dans le montage uncut du film (assez inutiles ici donc), quelques galeries de recherches visuelles et une interview supplémentaire de John Jarratt qui revient sur la création de son personnage.
Liste des bonus
Commentaire audio avec le réalisateur Greg McLean, le producteur Matt Hearn et les actrices Cassandra Magrath et Kestie Morassi, Le MAKING OF du film (54’), Rencontrez Mick Taylor : Entretien avec John Jaratt (7’), Scènes coupées (6’), Storyboard & Production sketch montage (3’), Bandes-annonces.






