WARGAMES

Etats-Unis – 1983
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Thriller
Réalisateur : John Badham
Acteurs : Matthew Broderick, Dabney Coleman, John Wood, Ally Sheedy, Barry Corbin, John Spencer, Michael Madsen…
Musique : Arthur B. Rubinstein
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et Français DTS Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 113 minutes
Editeur : Arcadès Éditions
Date de sortie : 16 décembre 2025
LE PITCH
David Lightman est un hacker capable de déjouer les systèmes de sécurité informatique les plus sophistiqués, de déchiffrer les codes secrets les plus complexes et de réussir les jeux vidéos les plus difficiles. Mais lorsqu’il fait intrusion dans le système informatique du département de la défense, les conséquences de ses actes prennent des proportions beaucoup plus globales… comme la troisième guerre mondiale !
Hardware
Film culte pour une grande part de la jeunesse de l’époque, révélateur de talent pour une pelletée de futurs informaticiens, WarGames est avec Tron (sortis l’année précédente) le film qui a initié le cinéma aux univers opaques de l’informatique. 30 ans après sa sortie l’essai à forcément pris un petit coup de vieux, mais n’est pas si vain.
En 1983 le monde des ordinateurs, les réseaux virtuels et les IA n’avait absolument pas la puissance visuelle d’aujourd’hui et restait pour la plupart une évocation lointaine, à la lisière encore de la SF. Des cerveaux prenant des salles entières, des connexions via un boitier dans lequel on place le combiné du téléphone, les fameux « floppy disk » de 7 pouces (250ko de mémoire !), les écrans verts… La préhistoire quoi ! Pourtant le scénario de Lawrence Lasker et Walter F. Parkes (futur producteur de Minority Report, Men In Black ou AI) pressent avec justesse l’importance que va prendre ce phénomène dans les décennies à venir. Presque une œuvre visionnaire. Impressionnant de voir à quel point toutes les notions (backdoor, firewall…) sont parfaitement comprises, et surtout vulgarisée avec bon sens. D’où sans doute le choix de donner à WarGames l’apparence d’un film d’aventure teenage, où la bouille de Mathew Broderick, futur star des ados dans Ladyhawke où La Folle journée de Ferris Bueller, rend immédiatement attachant le principe du pirate informatique, déjouant les protections du réseau militaire. Pas si improbable que cela à l’époque tant les administrations étaient à la ramasse, et semblaient ne rien comprendre de ce nouvel outil.
Pure modem
Mais si le film rend l’exercice particulièrement sexy (en particulier parce que la charmante Ally Sheedy est de la partie), il met déjà en défiance contre les pièges de la déshumanisation des procédés, la perte de contact avec la réalité et surtout une prise de distance décisionnaire mettant à rude épreuve la morale. Très bien vu, WarGames n’use pourtant de ces questions que pour diriger la réflexion sur l’absurdité de la guerre froide. Une situation alors constamment critique et préoccupante, que l’ordinateur intelligent Joshua va ébranler en confondant réalité et jeu, mais surtout résumer par l’absurde en effectuant un parallèle avec le simplissime jeu du morpion. « Parfois pour gagner il ne faut pas jouer ». Une idée mise en image avec une réelle efficacité par le trop sous-estimée John Badham (La Fièvre du Samedi soir, Short Circuit), réussissant à transformer la salle de contrôle du Norad et ses écrans stratégiques abstraits en source de tension incroyable, tout en alternant aisément avec les incursions de la comédie 80’s, fun et décontractée. Un vrai film d’aventure qui souligne toute l’efficience de l’époque, mais qui de façon plus surprenante approche une production ado comme un pur thriller pour adulte, jouant habilement sur une musique électronique de moins en moins légère (et de plus en plus orchestrale), ou filmant les éléments informatiques avec une iconographie qui glisse de la curiosité à l’inquiétant avec une réelle finesse.
Aujourd’hui sans doute un brin désuet pour les plus jeunes (c’est quoi la Guerre Froide ?), WarGames n’en reste pas moins un divertissement profondément attachant, en particulier parce qu’il ne prend jamais ses jeunes spectateurs pour des crétins. C’était mieux avant ?
Image
Choyé par William A. Fraker, directeur photo de Bullitt ou Rosemary’s Baby, WarGames surprend aujourd’hui par l’élégance de son image, préférant fignoler une image aux teintes naturelles pour mieux exposer au détour d’un plan les éléments « informatiques » en couleurs saturées. Le rendu est excellent, profitant de contrastes joliment ciselés de noirs solides, et vibrant de cette sensation vaporeuse typique des 80’s donnant naissance en UHD à un grain parfois très présent, tremblotant, mais agréable. Parfaitement restaurée à partir d’un scan 4K des négatifs 35mm, la copie ne laisse transparaitre aucune faiblesse de la pellicule, et assume son âge avec fierté, accompagné chaleureusement par le Dolby Vision.
Son
Projeté autrefois en stéréo, WarGames se pâme désormais dans un très moderne DTS HD Master Audio 5.1. Étonnant puisque loin des abus de remixage la bande sonore est constamment claire, imposant ses dialogues sur les enceintes avant, soutenue la partition électronique d’Arthur B. Rubinstein, mais surtout réussissant à offrir quelques très jolis moments de spatialisation (le lancement des ogives, la salle de contrôle…) sans perdre de son naturel. La version française d’époque, très attachante, n’est disponible elle qu’en mono compressé en DTS HD Master Audio 2.0. Propre, mais un peu trop lourdement posée.
Interactivité
Faisant suite à un ancien Bluray estampillé « 30ème anniversaire », cette édition UHD revient en toute logique avec son lot de suppléments rétrospectifs s’efforçant de mesurer l’impact du film à l’époque de sa sortie. Le gros morceau est toujours l’excellent documentaire « Loading WarGames » qui réinstalle le métrage dans son contexte (la guerre froide, les débuts de l’informatique…), mais surtout retrace une préproduction houleuse avec Martin Brest (Le Flic de Beverly Hills) qui après avoir renvoyé les scénaristes s’est fait à son tour remplacer par Badham qui s’empressera de faire revenir les auteurs… avec une réécriture qui continuera tout au long du tournage. Pourtant l’ambiance semble avoir été très bonne, et de Matthew Broderick à Barry Corbin, tout le monde semble avoir une grande tendresse pour le film. L’édition s’achève sur une featurette un peu plus dispensablesconsacrée à la vraie forteresse du Norad, sorte de « la guerre froide » pour les nuls. Si on peut déplorer d’avoir perdu en cours de route un petit sujet pas bien passionnante sur les premiers hackers et un commentaire audio bourré d’anecdotes, on soulignera que par rapport à l’ancien Bluray, on a au moins gagné des sous-titres français sur les bonus.
Liste des bonus
« Les Coulisses du NORAD : Forteresse de la guerre froide » (11’), « Chargement de Wargames Partie 1 & 2 » : Making of rétrospectif (45’), Bande-annonce (2’).







