VIGILANT FORCE

Etats-Unis – 1975
Support : Bluray
Genre : Action
Réalisateur : George Armitage
Acteurs : Jan Michael Vincent, Kris Kristofferson, Victoria Principal
Musique : Gerald Fried
Durée : 89 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français PCM 2.0
Sous-titres : Français
Éditeur : BQHL Editions
Date de sortie : 19 septembre 2024
LE PITCH
Choqué par la violence que font régner les employés d’une compagnie pétrolière dans la localité de Californie où il vit avec sa fiancée, Ben Arnold demande de l’aide à son frère Aaron, un combattant revenu depuis peu du Vietnam. Si, en convoquant ses anciens frères d’arme, celui-ci remet de l’ordre en employant des méthodes pour le moins radicales, les redresseurs de torts se révèlent rapidement un problème plus sérieux encore que les fauteurs de troubles remis à leur place.
Western urbain
Hasard du calendrier, l’éditeur BQHL sort un film inédit avec en tête d’affiche l’acteur mais aussi chanteur Kris Kristofferson, une semaine avant son décès. Une bonne occasion pour revenir sur ce film méconnu.
Soyons honnêtes, si Kris Kristofferson est resté plus ou moins célèbre jusqu’à sa mort, c’est pour avoir vendu au fil des années des tonnes d’albums country dont il s’est fait la spécialité. Ses performances cinéma, elles, se concentrent principalement sur les années soixante-dix, qui le propulsent illico dans la catégorie des acteurs à suivre. Il fait ses classes chez Dennis Hopper sur The Last Movie avant de prendre son envol avec Sam Peckinpah pour qui il tournera à trois reprises. Le chant du cygne interviendra avec le naufrage de La Porte du paradis de Michael Cimino. La suite, une série de seconds rôles et de nanars. Pourtant, l’acteur au physique d’Apollon a su prouver qu’il savait jouer et capter la pellicule. Vigilante Force, film mineur parmi d’autres s’intercale entre deux films majeurs ; Alice n’est plus ici de Martin Scorsese et A Star is born le rouleau compresseur avec Barbra Streisand qui valut au comédien le Golden Globe du meilleur acteur.
Arroseur arrosé
Pur B movie, le film s’annonce comme un classique revenge movie avec une ville accablée par un groupe d’individus menant le trouble en ville, en mode western. Une bande de vétérans vient prêter main forte au shérif local pour y rétablir l’ordre. Cette milice privée (titre d’ailleurs donné au film en France lors de sa sortie en salle) atteint de folie des grandeurs va petit à petit s’accaparer le contrôle de la ville jusqu’à ce qu’un groupe de bras cassés essaye à son tour de ranimer la justice. A leur tête Jan Michael Vincent, ce jeune premier n’a pas encore percé, il devra encore attendre dix bonnes années avant de passé à la postérité avec la série Supercopter. Le vrai premier rôle, c’est lui, et il s’en sort plutôt bien pour tenir tête à Kristofferson dans cette Amérique country où tous les archétypes de l’ouest d’antan sont réunis. George Armitage qui réalise ici son troisième film hérite d’un scénario (ou plutôt d’un titre de film avec quelques lignes en guise de synopsis) par le petit frère de Roger Corman, Gene, qui en profite pour le produire (d’ailleurs, pour ceux qui ne cligneraient pas des yeux, l’acteur maison Dick Miller y fait une apparition). Le film ne va pas forcément où on l’attend. Au lendemain de la guerre du Vietnam et du Cambodge, les idées sont confuses et le metteur en scène parsème son film de piques à l’encontre des faits de guerre du pays. Les miliciens engagés ne sont pas des mercenaires mais des rescapés, des laissés pour compte pré-Rambo, mais déjà pestiférés. En évoquant la mort d’un des leurs à la guerre, la question qu’ils se posent est « oui, mais quelle guerre ? » La question mérite d’être posée et n’est pas en forme d’interrogation mais plus en affirmation. Un constat dur à avaler.
Série B sans prétention, le film aux airs de déjà vu s’offre, malgré une histoire convenue plus de mille fois, des qualités intrinsèques couplées à un casting appréciable et un engagement non négligeable en filigrane. Mineur mais pas inintéressant.
Image
Une copie à la colorimétrie marquée montrant un beau travail de restauration. Les yeux de Jan Michael Vincent ont rarement été aussi bleus. Le bruit, quant à lui, peut s’avérer persistant dans les séquences sombres ; mais heureusement, celles-ci s’avèrent peu nombreuses.
Son
Une VF comme à l’accoutumée étouffée, sur les films de cette époque, faisant la part belle aux dialogues. La VO, est plus fluide et dynamique, avec un équilibrage bien mieux arrangé au niveau des ambiances sonores.
Interactivité
Chroniqueur sur Culturopoing, Vincent Nicolet revient en l’espace d’une vingtaine de minutes sur la carrière du film et de George Armitage, son réalisateur. Des informations appréciables sur un metteur en scène largement passé sous les radars.
Liste des bonus
Présentation du film par Vincent Nicolet (24’).