VICE ACADEMY : LA TRILOGIE

Vice Academy, Vice Academy II, Vice Academy III – Etats-Unis – 1989, 1990, 1991
Support : Bluray
Genre : Comédie
Réalisateur : Rick Sloane
Acteurs : Linnea Quigley, Ginger Lynn, Karen Russell, Jayne Hamil, Elizabeth Kaitan, Julia Parton…
Musique : Alan DerMarderosian
Durée : 270 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Éditeur : Pulse Video
Date de sortie : 30 octobre 2020
LE PITCH
Des élèves de la Vice Academy tentent de mettre fin à un réseau de films pornographique puis une terroriste qui veut mettre un terrible aphrodisiaque de la ville. Enfin Deux sœurs de la Vice Academy tentent de contrecarrer la vague de criminalité provoquée par le condamné évadé Malathion, qui a obtenu son nom après avoir été exposé à des produits chimiques toxiques.
Deux flics amie-amie
Restaurés avec un soin maniaque, proposés sous la forme d’un joli coffret trilogie Bluray limité, les trois premiers Vice Academy (et oui, il y en a eu trois autres) ne sont pourtant que d’authentiques nanars fauchés produits pour une diffusion tardive sur une Network américaine à l’attention des ados lubriques. Ah oui mais y a Linnea Quigley et Ginger Lynn dedans…
Quelques cinéphiles avides d’expériences douteuses se souviennent peut-être encore avec émotions, et un soupçon de honte, de leur découverte moite du premier Vice Academy lors de sa diffusion sur la bonne vielle La Cinq de Berlusconi : vu les goûts du monsieur ça devait être une suggestion toute personnelle. Une drôle de production, rip-off poussif de la déjà peu distinguée série des Police Academy, qui va être en France un énorme carton, multi rediffusé, et dont la suite, en direct-to-vidéo pour le cas, ne démentira pas l’attrait des amateurs. Un écho direct aux retentissements que connurent ces mêmes films lors de leurs premières diffusions sur USA Network à l’occasion de grilles tardives comme Up All Night, venant illuminer les tristes nuits de spectateurs dépressifs. Il faut reconnaître que le premier Vice Academy ne manque pas de certains charmes à commencer par ses deux « stars » : Linnea Quigley et Ginger Lynn. La première est l’une des scream-queen les plus attachantes des années 80, traînant sa bouille de girl next-door espiègle et peu pudique dans des dizaines de films d’horreur bis (Graduation Day, Douce nuit, sanglante nuit) jusqu’à sa scène absolument culte de strip-tease dans Le Retour des morts-vivants. La seconde est une icône de porno américain qui entame ici sa reconversion vers un cinéma certes moins hardcore mais toujours aussi déluré. Deux actrices qui s’éclatent à chaque séquence, prennent des poses, surjouent avec jubilation et n’hésitent jamais à s’exposer dans des sous-vêtements affriolants ou à laisser échapper négligemment leurs poitrines.
Le lâché de salopes
De l’érotisme soft au service d’une comédie foutraque, cafouilleuse, bancale et d’une bêtise parfaitement assumée. Une école de police entièrement dédiées aux affaires de mœurs ou les élèves sont presque exclusivement féminins, passent leur temps à se crêper le chignon où à se retrouver dans les situations les plus embarrassante (Linnea en est quitte pour participer à un porno à l’insu de son plein gré) afin d’obtenir leur diplôme tant attendu. Ne se prenant jamais au sérieux (comment le pourrait-il ?), le métrage mélange blague potache, farce-cul et une naïveté confondante qui finit par attirer une certaine sympathique. Mis en scène avec autant de sobriété et de sens artistique qu’un épisode de Sauvé par le gong (ou Shake It Up pour le plus jeune) Vice Academy est effectivement un client idéal pour les soirées bières pizza et autres drogues modernes.
On sera sans doute moins convaincu par les deux suites, toujours emballée par le débrouillard mais peu doué Rick Sloane (responsable aussi du rip-off de Gremlins, Hobgoblins et ses suites) qui recycle sa formule gagnante à l’envie, mais perdant peu à peu sa fraîcheur initiale. Même si quelques scènes de Vice Academy 2 tire aisément quelques sourires (la lamentable BimboCop, un string vert un peu trop chaud…) on y sent déjà poindre une pochade plus virile et un aspect comicbook pas franchement maîtrisé qui n’ose finalement pas aller au bout de sa logique (le poison aphrodisiaque semble bien timide). Le troisième titre, perd encore du galon en échangeant l’irrésistible Linnea Quigley par une Elizabeth Kaitan (Vendredi 13 VII) championne du monde des cagoles, qui ne reproduit clairement pas la même alchimie avec Ginger Lynn dont c’est aussi la dernière participation à cette licence qui va se poursuivre fièrement jusqu’à un Vice Academy VI en 1996 dont on n’ose même pas imaginer le résultat.
Les voie du succès sont impénétrables, du statut culte tout autant, et cette trilogie Vice Academy qui repose essentiellement sur les mamelles de l’humour décérébré et des donzelles peu vertueuses, provoque inévitablement une certaine fascination par sa médiocrité plus ou moins assumée, mais toujours repoussée dans ses derniers retranchements. Con-cul-culte.
Image
Alors que de grands classiques du septième art sont encore et toujours maltraités par des copies vaguement nettoyées, voir même encore et toujours inédits en HD voici que les trois premiers Vice Academy débarquent avec des copies restaurées à partir de nouveaux scans 2K des négatifs originaux. D’autant plus scandaleux que le résultat approche sérieusement de la perfection avec des copies ultra propres, une définition exemplaire, de très jolis effets de profondeur et des couleurs bien pimpantes. Sans oublier bien entendu un grain délicat même dans les zones les plus sombres. L’injustice est partout.
Son
Proposés dans des DTS HD Master Audio 2.0, les monos d’origine doivent, malgré leur remasterisation, composer avec des captations pas toujours idéales. Les mix manquent de punch et de naturel. Rien de surprenant vu l’origine des films (et les interprétations aléatoires). Peut-être plus criards mais tout aussi ridicules et fauchés, les doublages français, sonnent aussi faux et ne captent pas toujours le second degré de l’entreprise. En particulier celui du 3eme film, inédit chez nous, récupéré manifestement du côté des cousins québécois.
Interactivité
En partenariat avec l’équipe US de Vinegar Syndrome, spécialiste des éditions royales pour produits déviants, Pulse Video développe une jolie édition collector. Limité à 1000 exemplaires le boîtier amaray triple, avec fourreau, dispose sur les trois disques HD une poignée de bonus pas inintéressants. L’auteur des guides C’est presque pareil, Rayon X et Retour vers les futurs, Claude Gaillard se fend d’une petite présentation de la « saga » surtout liée à ses souvenirs émues de la diffusion du premier film sur la 5 et aux charmes de nos chères actrices. Ces dernières répondent bien entendu présent avec deux longues interviews de Linnea Quigley, toujours aussi pétillantes, et Ginger Lyn Allen, toujours bien allumée. Avec bonne humeur, franchise et une petite pointe d’impertinence (les miss peuvent être un peu garces) elles se remémorent les tournages en mode guérilla, la pauvreté des moyens mais aussi la bonne humeur générale, s’étonnant encore et toujours du fandom toujours très présent atour de ces films. Franchement sympa.
Liste des bonus
Commentaires audio du réalisateur (VO), Présentation par Claude Gaillard (9’), Interview de Linnea Quigley (17’), Interview de Ginger Lyn Allen (35’).







