UNTIL DAWN

Etats-Unis, Suède – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : David F. Sandberg
Acteurs : Ella Rubin, Michael Cimino, Odessa A’zion, Ji-Young Yoo, Belmont Cameli, Maia Mitchell…
Musique : Benjamin Wallfish
Image : 2.20 16/9
Son : Anglais Dolby Atmos, Dolby Digital 5.1, Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français, Anglais, Espagne…
Durée : 103 minutes
Éditeur : Sony Pictures
Date de sortie : 27 août 2025
LE PITCH
Un an après la mystérieuse disparition de sa sœur Mélanie, Clover et ses amis se rendent dans la vallée reculée où elle a disparu pour chercher des réponses. Alors qu’ils inspectent une auberge de jeunesse abandonnée, ils se retrouvent traqués par un tueur masqué et horriblement assassinés un par un… mais se réveillent ensuite et se retrouvent au début de la même soirée. Piégés dans la vallée, ils sont forcés de revivre ce cauchemar encore et encore – mais à chaque fois, la menace du tueur est différente, et chaque version est plus terrifiante que la précédente.
Dead Again
Adaptation inattendue d’un jeu vidéo signé Supermassive Games soulignant déjà sa déférence envers les grands classiques du cinéma d’horreur, et du slasher en particulier, Until Dawn aurait pu se contenter de jouer tranquillement sur la même partition. Mais le petit massacre ente amis s’avère plus malin qu’on ne le pensait.
Survival en haute montagne reposant presque exclusivement sur des mécanismes de film interactif, Until Dawn séduisait autant par sa réappropriation vidéoludique de codes habituellement purement cinématographiques que par son principe de « l’effet papillon » poussant le joueur à retenter l’expérience pour observer les variations provoquées par ses changements de décisions. Plutôt malin et efficace, le jeu fonctionnait cependant sur une trame plutôt simple, prétexte à un jeu de chat et la souris en milieu isolé et à l’observation de quelques personnages haut en couleurs interprétés par Rami Malek ou Hayden Panettiere. Plutôt que d’en reprendre tranquillement les grandes lignes, Until Dawn, le film, choisit de s’appuyer justement sur la constante répétition des joueurs curieux ou victimes de multiples Game Over, pour combiner l’univers du jeu avec un principe proche du classique de la comédie Un Jour sans fin. En route pour retrouver la sœur de l’une d’eux, disparue un an plus tôt, une bande de jeunes gens débarquent dans une vaste demeure perdue au milieu des bois et se retrouvent à leur tour prisonniers d’un étrange mécanisme qui les oblige à revivre inlassablement la même nuit… Mais toujours avec une mort différente.
Victimisation
Amusant (enfin pas pour eux), cela donne l’occasion au réalisateur David F. Sandberg de retrouver après ses deux Shazam !, le cinéma d’horreur qui l’avait lancé avec Dans le noir et Annabelle 2, et de jouer avec quelques figures bien connues comme le serial killer masqué, le fantôme vorace, la sorcière sadique, le loup-garou affamé mais aussi quelques fantômes, zombies et même un étrange virus qui fait littéralement exploser ses victimes. On n’est jamais très loin ici de l’aspect best of d’un ancien Waxwork ou du plus récents La Cabane dans les bois, jusque dans la volonté très appréciable d’appuyer généreusement sur les mises à mort craspecs et les effets physiques graphiques. Doté d’une photo bien léchée, d’une ambiance gothique bien fun et d’un bestiaire étendu designé avec soin, ce Until Dawn a quelques très bons arguments et faire preuve en son centre, passé l’exposition forcément un peu trop pépère, d’une franche efficacité dans son exploration de la boucle temporelle et de ses conséquences sur les pauvres héros. Il ne fait en outre jamais l’erreur de trop se prendre au sérieux et retrouve par cette légère distance quelques bonnes sensations des films d’horreur des années 80. Oui mais voilà (car il faut un mais), le film ne va pas réussir à aller au-delà de son pitch initial, lui-même peu à peu prisonnier de ses propres répétitions, de plus en plus escamotées par quelques effets de montages. Il s’évertue à installer une petite mythologique aussi peu convaincante qu’excitante, tente de placer quelques liens maladroits avec le jeu d’origine (dont la présence de Peter Stormare en grand vilain), mais surtout se montre incapable d’utiliser ces hoquets scénaristiques pour faire évoluer des protagonistes trop limités et accessoires (pour ne pas dire tête à claques).
Malgré de très gros défauts, ce Until Dawn reste une bonne petite surprise à la fois en tant que petit film d’horreur légèrement original, assez bien troussé et qui ne joue jamais les vierges effarouchées, et en tant qu’adaptation d’un jeu vidéo . Avec un petit pas de coté il s’efforce de lui offrir un complément original plutôt qu’un simple décalque. L’effort est tout à fait louable.
Image
Assez savoureuse, la copie 4K d’Until Dawn met parfaitement en valeur les qualités visuelles du film que soit sa palette de couleurs très contrastées et marquées, ou les nombreux effets spéciaux réussis et presque gores. L’image est limpide, on ne peut plus précise et le Dolby Vision décuple constamment la finesse des teintes et des détails. Certes les noirs se montrent très vite obstruant, profonds comme de l’encre, mais ce n’est pas là dû à un problème d’étalonnage mais bien à une décision tout à fait volontaire.
Son
Voilà un Dolby Atmos bien méchant qui explore tous les recoins possibles de ce type de spectacle, fourmillant de bruitages et d’ambiances oppressantes, rebondissant sur chaque apparition flippante, chaque effet manifeste, sans jamais oublier, naturellement, la clarté naturelle des dialogues. Précis et diablement efficace. Un peu en dessous le DTS HD Master Audio 5.1 du doublage français n’a pas à rougir non plus.
Interactivité
Uniquement présents sur le Bluray glissé dans le boitier de l’édition les petites featurettes d’usage vite emballées résument rapidement le pitch du film, présentent vaguement les personnages et insistent sur les SFX à l’ancienne. Le commentaire audio du réalisateur et de la productrice permet d’en apprendre un peu plus même si là aussi cela reste tout de même un peu trop scolaire.
On est nettement plus intéressé par la large série de scènes coupées / rallongées qui viennent souvent étoffer un peu l’univers du film, ses règles, son décor et ses personnages, et qui proposent surtout une fin alternative étrangement plus rentre-dedans et donc un peu plus percutante.
Liste des bonus
Commentaire audio du réalisateur, Adapting A Nightmare (3’), Practical Terrors (2’), Death-Defying Cast (3’), Scènes coupées (37’).







