U-571

États-Unis – 2000
Support : UHD 4K & Blu Ray
Genre : Guerre
Réalisateur : Jonathan Mostow
Acteurs : Matthew McConaughey, Harvey Keitel, Bill Paxton, Jon Bon Jovi, Thomas Kretschmann, David Keith, Jack Noseworthy, Jack Weber
Musique : Richard Marvin
Durée : 116 minutes
Image : 2.35 16 /9
Son : Anglais, Français, Allemand DTS-HD 5.1
Sous-titres : Français, Allemand, Anglais
Éditeur : Studiocanal
Date de sortie : 27 septembre 2023
LE PITCH
Durant la seconde guerre mondiale, les Américains apprennent qu’un sous-marin allemand a fait naufrage avec à son bord l’Enigma, une machine qui sert à l’encodage des messages et permet aux nazis de positionner leurs sous-marins sans alerter l’ennemi. Neuf hommes sont aussitôt envoyés par l’armée américaine pour dérober la précieuse machine…
Piégé dans les profondeur
Un bon film de sous-marin, où l’ambition du film n’est pas vraiment de respecter à la lettre près les faits historiques, mais plutôt l’occasion de nous offrir un vrai suspense à huis-clos, sous l’eau, où l’ambiance est étouffante et tendue.
Même si le scénario peut paraître répétitif, voire léger (ce qu’il est), le fait de voir un équipage américain prendre les commandes d’un sous-marin allemand a de quoi surprendre, surtout quand ces derniers sont traqués par un sous-marin manœuvré par de vrais nazis. Après pour ce qui est des infidélités historiques, on comprend bien que l’objectif scénaristique était avant tout de rendre l’histoire plus percutante, surtout auprès du public américain. Au niveau du casting, c’est du cinq étoiles, même si le jeu des acteurs paraît trop stéréotypé, il y est question d’accomplissement personnel et de dépassement de soi, et ils font le taf. Si Harvey Keitel est toujours impeccable comme à son habitude, c’est Matthew McConaughey qui surprend, il domine de la tête et des épaules pendant tout le film.
Après avoir créée une vraie petite surprise avec Breakdown, Jonathan Mostow nous offrait un bon film de guerre, pas du genre à révolutionner le genre, on est quand même assez loin du Das Boot de Wolfgang Petersen, mais l’ambiance est travaillée et le scénario peaufiné juste ce qu’il faut pour donner une histoire tangible. Avec ce nouveau film, il nous prouvait qu’il avait tous les atouts d’un bon artisan, d’un très bon faiseur, sachant aller au plus simple afin de rendre son film plus efficace. Et effectivement, il gère une tension instable et qui a tendance à nous agripper solidement, il truffe son film d’images de plongées suffocantes, il contrôle un suspense terriblement sensationnel et en plus, il intensifie son film avec des effets visuels et sonores redoutables, assez pour créer une ambiance anxiogène lors des grenadages. Mais la réussite majeure du film réside dans ses décors, que la caméra de Mostow nous fait visiter et découvrir dans les moindres recoins, parcourant généreusement les couloirs d’un sous-marin plus vrai que nature. Une crédibilité indispensable dans un huis-clos de ce type et le réalisateur avait eu la brillante idée de faire appel notamment à Götz Wiedner, qui s’était occupé vingt ans plus tôt de la direction artistique inoubliable de Das Boot.
Tension au sommet
Film de guerre qui se veut réaliste mais qui fait quelques infidélités aux véritables faits historiques (les britanniques avaient reproché au film d’avoir trop américanisé le sujet), un casting 100% viril, le scénario fait la part belle à la tension virant à la claustrophobie, à l’émotion crue, aux revirements intempestifs et aux scènes choc, qui font du film, pas un chef-d’œuvre ni un grand classique du genre, mais un spectacle efficace et haletant, avec tous les ingrédients du film de sous-marin. L’intrigue est simple, parfois répétitive, le jeu des acteurs est stéréotypé, la musique n’est pas vraiment finaude, ce qui a tendance à rendre l’ensemble caricatural, mais Jonathan Mostow nous offre une mise en scène lisible et dynamique, aux plans intéressants et au suspense haletant. Les scènes d’action sont bien menées et d’une remarquable efficacité, ce qui aide à faire passer la pilule concernant les défauts que cités plus haut.
Donc, si au final le film emploie des recettes éculées, excepté le très bon travail sur les effets spéciaux, U-571 n’apporte rien d’innovant, d’où son aspect classique et pas très original, mais très beau tout de même, la photo d’Oliver Wood est juste super belle et donne un véritable cachet à l’ensemble, on se laisse très vite embarquer par l’histoire simple mais diablement immersive et efficace.
Image
On sent qu’il y a eu un véritable travail sur la restauration faite à partir du négatif 35mn d’époque, surtout sur les couleurs. Même si le film affiche beaucoup plus ses limites des effets spéciaux (on pense notamment à l’explosion du destroyer), c’est vraiment un sans-faute. À savoir que le cadrage a été légèrement modifié et la géométrie un chouïa corrigé, ce qui fait qu’on peut sentir la sueur glacée sur la peau des personnages, les décors et les costumes s’imposent avec beaucoup de détails, l’étalonnage est de toute beauté.
Son
Alors certes, on peut regretter qu’il n’y ait pas de Dolby Atmos pour un film qui avait justement reçu l’Oscar des meilleurs effets sonores, mais ça n’enlève en rien à la très belle qualité sonore des trois pistes qui font jeu égal. La qualité sonore est exceptionnelle.
Interactivité
Cette nouvelle édition reprend les mêmes bonus déjà présents sur les précédentes éditions DVD et Blu Ray, donc rien de nouveau à l’horizon. On y retrouve le commentaire audio du réalisateur, un making of plus promo qu’autre chose. Reste les différents entretiens avec le réalisateur et une petite partie du casting qui sont plutôt sympas, tout comme les featurettes « La construction de l’U-571 » et « La capture de l’U-110 », mais on aurait aimé un vrai documentaire rétrospectif sur le film, car cela reste assez maigrelet au final.
Liste des bonus
Commentaire audio de Jonathan Mostow, Making of (23’), la construction de l’U-571 (7mn), la capture de l’U-110 (10’), entretiens avec Jonathan Mostow, Matthew McConaughey, Jon Bon Jovi et Bill Paxton (40’), les coulisses du tournage (15’).