TRON

Etats-Unis – 1982
Support : UHD & Bluray
Genre : Science-Fiction
Réalisateur : Steven Lisberger
Acteurs : Jeff Bridges, Bruce Boxleitner, David Warner, Cindy Morgan, Barnard Hughes, Dan Shor…
Musique : Wendy Carlos
Image : 2.20 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, DTS Digital Surround 5.1 Français, Allemand, Espagnol, Italien…
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Espagnol…
Durée : 95 minutes
Editeur : Walt Disney France
Date de sortie : 8 octobre 2025
LE PITCH
Flynn, un inventeur ingénieux, s’aperçoit que ses programmes sont piratés. Il soupçonne son ancien employeur Dillinger, de vouloir mettre au point un système lui assurant l’accès au programme de défense du Pentagone. Flynn arrive à pénétrer dans l’ordinateur de Dillinger. Alors qu’il touche presque au but, il est désintégré et se retrouve propulsé dans une autre dimension, celle des programmes de l’ordinateur…
Le nouveau monde
Largement incompris et observé avec une petite touche de mépris lors de sa sortie en 1982, cette exploration alors totalement inédite du monde des jeux vidéo et de l’informatique, est devenue avec les années une œuvre séminale, impressionnant aujourd’hui toujours autant par son univers esthétique fascinant que par sa perception de l’importance que cette petite industrie de Space Invader, Pacman et autres IBM, allait avoir sur la société future.
Apparu sur les écrans au cœur de l’une des périodes les plus difficile du studio, TRON est le témoin comme Le Trou noir, Le Dragon du Lac de feu, Retour à Oz ou La Foire des ténèbres, d’une maison Disney qui s’efforçait d’explorer de nouvelles contrées et de moderniser considérablement son image. Les films d’animations classiques étaient alors en bernes et effectivement rien ne pouvait faire plus contemporain qu’un divertissement SF qui prendrait pied dans ce premier boom de l’informatique. Une science encore des plus exotiques pour la plupart des gens (le PC n’est pas encore entré dans tous les foyers) mais qui fascine déjà la nouvelle génération, les jeunes, qui se retrouvent dans les fameux grands temples des salles d’arcades. Jeune animateur et réalisateur, Steven Lisberger (on lui doit l’amusant Animalympics) est tout autant fasciné par les promesses des premières images de synthèses et imagine construire un long métrage autour de ces deux points. Très inspiré des anciens films de gladiateur, de Spartacus pour l’acte libérateur à Ben-hur pour les accents religieux voire bibliques, il imagine alors un monde infographique qui se construirait autour des créations de l’homme et réunirait tous les programmes existants : la grille (ou the Grid en anglais). Un monde épuré, structuré par les réseaux d’informations, les lignes et formes mathématiques des premières structures, où les avatars auraient été recrés à l’image de leurs programmateurs.
« Je suis Tron »
Un monde de projections, parallèle, tout en effets miroirs où se reproduit dès lors toute une thématique religieuse faites de prophètes, de libérateurs, d’oppresseurs et même d’un envoyé, le hacker de génie Flynn (Jeff Bridges), apportant la bonne parole et capable de guérir d’une simple apposition des mains. Ce classicisme apposé à une toile alors futuriste permet une adhésion rapide des spectateurs, une compression de la structure de l’organisation et des enjeux déjà en place, mais aussi une dramaturgie puissante où déjà se pose la question de la main mise d’une entreprise avide sur des outils au potentiel libertaire. Le formidable David Warner ici dans le triple rôle du PDG voleur Ed Dillinger, de l’oppresseur rigoriste Sark et voix du totalitaire Master Control Program, cristallise à lui seul la vision des futurs monopoles économiques, de l’accaparement culturel et des dangers des IA. En avance sur son temps certainement, TRON est aussi une véritable prouesse technique qui inclue pour la première fois, assez massivement, de véritables images de synthèses pour visualiser les différentes épreuves qui jalonnent le film : la course de motos où le tracé se transforme en murs infranchissables, la fuite à bord d’un véhicule de transport harcelé par des machines de sécurité massives… Pourtant, excessivement coûteuse pour l’époque, elles sont très souvent remplacées par de l’animation traditionnelle (sur cellulos donc) qui reproduit, à merveille il faut bien le dire, toute la représentation « fil de fer » et l’imagerie presque psychédélique des premiers jeux vidéo. L’intégration des acteurs réels (tournés sur fond noir) au milieu de ses structures géométriques et ces aplats de lumières rouges et bleus, reste de la même façon très convaincante de nos jours.
Conçu comme un véritable blockbuster de l’époque, profitant pleinement des designs imaginés par quelques grands noms comme Syd Mead ou Moebius, et du savoir-faire éclatant des studio Disney, TRON se déguste cependant comme un véritable film d’aventure, course-poursuite en monde virtuel très grand publique mais qui marque par sa compréhension déjà de toute la grammaire d’un univers encore en formation, alors presque occulte pour beaucoup, mais aujourd’hui omniprésent. Si les fameuses scènes des motos, du duel façon pelotes basques ou du hacking prophétiques final, continuent d’émerveiller, c’est justement par cette singularité visionnaire et donc l’annonce, vérifiée depuis, de toute une culture et une galaxie créative qui n’a eu de cesse de s’étendre et de se populariser.
Image
15 ans après un Bluray qui résonnait déjà comme une spectaculaire résurrection, Disney réussit à faire encore mieux avec ce nouveau transfert 4K. L’éditeur aurait pu se contenter d’une upscale dissimulée et pourtant les restaurateurs sont une nouvelle fois retournés à la source avec un scan 8K des éléments capturés sur pellicule et 6K des éléments numériques, pour y opérer un nettoyage de fond et une harmonisation totale des plus impressionnantes. La définition HD était déjà exemplaire, elle est ici renversante, du moindre détail des gros plans sur les acteurs à au point les plus éloignées de l’horizon, et le tout sans gommer les petites aspérités initiales que son le grain organique et délicat de la pellicule ou les toutes petites variations de teintes décelables sur les surfaces peintes à la main. Et l’apport des traitements Dolby Vision / HDR10 est loin d’être anodin, délimitant mieux encore les larges zones de noirs et faisant rejaillir comme jamais les lignes de couleurs primaires qui structurent tout le film. Somptueux.
Son
Si la piste française, très agréable et dynamique, ne bouge pas d’un iota, la version originale se dote désormais d’une nouvelle piste Dolby Atmos qui redonne véritablement un second souffle à la bande sonore. Outre une dynamique accrue, bien plus fluide et percutante lors des séquences de « jeu », le mixage apporte surtout une véritable richesse dans les différentes ambiances qui structures les réalités du film. Le monde de Tron est clairement réinvesti ici, plus vibrant, étendu et se rapproche, sans se dénaturer, de la dimension du second opus.
Interactivité
Aucun supplément n’est présent sur le disque UHD et l’édition ne comporte rien de nouveau du coté bonus. Pas de déception cependant, puisqu’on retrouve l’ancien Bluray glissé dans le boitier et que celui-ci proposait un contenu chargé et complet. Commentaires audios de la production, petit doc rétrospectif pour accompagner la sortie de TRON Legacy, des archives (croquis, storyboard, images des coulisses, musiques alternatives, trailers et outils de promotions…) comme s’il en pleuvait et surtout, encore et toujours, l’excellent et indispensable Making of d’une durée de long métrage connu depuis le premier collector DVD. Tout y est, de l’idée première aux nombreux défis techniques en passant par le tournage, les évolutions de l’histoire et des personnages, et la transformation d’un échec commercial en véritable film culte. On peut difficilement faire mieux.
Liste des bonus
« Le phénomène TRON » : reportage rétrospectif (10’), « Photo TRONologie » : Steven Lisberger et son fils Carl consultent les archives TRON (16’), Commentaire audio de Steven Lisberger, Donald Kushner (producteur), Harrison Ellenshaw et Richard Taylor (effets spéciaux), Développement (8’), Imagerie numérique (10’), Making of (88’), Deux scènes avec les musiques alternatives de Wendy Carlos (8’), Bandes annonces, Photos de production, Publicité et produits dérivés, Scènes coupées (5’), Conception graphique, Storyboard, Le processus du storyboard (4’), Galerie photos interactive.







