TRAINING DAY

États-Unis – 2001
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Policier, Action
Réalisateur : Antoine Fuqua
Acteurs : Denzel Washington, Ethan Hawke, Scott Glenn, Tom Berenger, Dr. Dre, Snoop Dogg
Musique : Mark Mancina
Image : 2.40
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Digital 5.1 français, allemand, italien…
Sous-titres : Français, anglais, néerlandais…
Durée : 122′
Éditeur : Warner Bros.
Date de sortie : 08 mars 2023
LE PITCH
Jake Hoyt est une nouvelle recrue de la police de Los Angeles. Décidé à devenir inspecteur, il sollicite une mise à l’essai de 24 heures auprès du sergent-chef Alonzo Harris, un vétéran de la lutte antidrogue qui opère depuis douze ans dans les quartiers les plus chauds de la ville.
Une journée en enfer
Troisième film du réalisateur Antoine Fuqua après les fortement oubliables Un Tueur pour cible et Piégé, Training Day reste aujourd’hui encore son essai le plus remarquable. Un polar âpre en forme de plongée intense dans les pires quartiers de Los Angeles et surtout dans le quotidien d’une star des stups rongée par la corruption et incarné par un sidérant Denzel Washington, qui empochera un Oscar du meilleur acteur dans la foulée.
Un acteur qui justement jusque-là avait fondé sa carrière sur une image d’honorabilité immuable, une stature de force morale élégante et classique. Ici il délaisse brutalement ses oripeaux habituels pour la dégaine gangsta et blingbling d’un flic rompu à la vie de la rue et qui à force de jouer avec la légalité et de charmer les truands qu’il est censé coffrer a fini par sombrer de l’autre coté de la ligne. Au-delà de la performance assez jubilatoire de Washington, jamais loin du cabotinage, mais pour la bonne cause, c’est justement ce contraste entre l’iconographie de l’acteur et la répugnance de ce rôle qui apporte une constante ambiguïté au film, le spectateur ne pouvant s’empêcher de getter, espérer, un indice de rédemption possible… Qui ne viendra jamais. En partie inspiré par l’affaire de la division antigang Rampart qui révéla le niveau ahurissant de corruption de la police de Los Angeles, mais aussi par les souvenirs directs d’une jeunesse passée dans ces quartiers pour le scénariste David Ayer (Dark Blue, S.W.A.T. unité d’élite, End of Watch…), Training Day impose une vision sombre et brutale d’une ville gangrénée par la drogue et la criminalité, mais où même ses garde-fous ont baissés les bras, ayant choisis d’entrer dans la dance et d’y faire leur beurre.
« King Kong ain’t got shit on me! »
Le fameux Alonzo Harris donc mais aussi une bonne part de ses collègues et ces mystérieux « vieux sages » incarnés entre autres par un Tom Berenger buriné et cynique, que l’on devine hauts placés dans la hiérarchie et qui bien entendu couvrent toutes ces opérations. Refrain relativement connu certes (comment ne pas penser à Sidney Lumet ?), mais qui ici trouve une saveur particulière en se concentrant sur le rapport de force, viril mais avant tout idéologique et identitaire, qui va s’instaurer durant presque 24 heures entre ce roi autoproclamé des quartiers et Jake Hoyt. Une jeune recrue qui espérait profiter de l’aura, trompeuse, de ce mentor et s’ouvrir une voie vers le poste de Lieutenant. Forcément plus en retenue que Washington, Ethan Hawke, le visage innocent mais le regard douloureux, n’en reste pas moins parfaitement crédible et attachant en policier encore nourri de bonnes intentions et d’authentiques valeurs morales qui va rapidement déchanter, avant de réaliser quel étau savamment sadique est en train de se refermer sur lui. Pas toujours connu pour sa subtilité, Antoine Fuqua séduit en retenant constamment ses instincts tape-à-l’œil, resserrant le cadre autour des deux personnages, incarnant la cité babylonienne en quelques plans et effets de montages fiévreux n’acceptant de muer son thriller néo-noir en film d’action plus musclé et spectaculaire que dans une dernière bobine en forme de crescendo. Si là Training Day se perd dans quelques effusions facilement excessives et un retour aux purs clichés musclés hollywoodiens, la crudité et la tension omniprésente tout du long, en font certainement l’un des meilleurs polars de ce début des années 2000.
Image
La précédente sortie du film en Bluray datant tout de même de 2006 avec un transfert uniquement basé sur le master vidéo du DVD, il y avait certainement une large marge de manœuvre pour une nouvelle sortie. En l’occurrence une toute nouvelle restauration 4K, naturellement bien plus proche des contours cinématographiques de la source (grain, matières, contrastes…) mais aussi du véritable format du film puisqu’en vidéo Training Day trainait jusque-là un léger zoom dans le cadre. Une restauration imposante qui s’accompagne cependant d’un léger révisionnisme de la palette des couleurs, avec des verts beaucoup lus prégnants que lors de la sortie en salles et des noirs bien plus prononcés dans les séquences nocturnes. Petites trahisons. Pourtant le résultat est là avec une atmosphère visuelle plus « film noir » que jamais et une précision redoutable. Des qualités dont on peut aussi profiter sur le Bluray glissé dans le coffret qui reprend cette nouvelle copie et qui malgré une définition forcément un poil en dessous et quelques petites chutes de compression, en préserve toutes les qualités.
Son
Sacré bond sonore pour Training Day qui passe d’un ancien Dolby Digital 5.1 fluide mais aujourd’hui un peu trop retenu à un Dolby Atmos particulièrement ample, dynamique et habité. Les dialogues sont toujours admirablement placés, tout comme les quelques instants musicaux, et se sont surtout les ambiances qui y gagnent avec de nombreux détails, effets de spatialisations et échos urbains jusque-là à peine discernables qui s’installent généreusement sur les enceintes. Dommage en revanche pour la version française qui elle reste coincées avec son Dolby Digital 5.1 du DVD, propre mais bien moins efficace.
Interactivité
Cette toute nouvelle édition UHD + Bluray reprend le packaging luxe de Warner avec un large coffret en carton dur et épais contenant le steelbook limité et une pochette cartonné contenant quatre photos d’exploitation et une reproduction du poster. Question bonus cependant absolument rien de nouveau à l’horizon la featurette promo, les clips et les quelques scènes coupées (en basse SD) restent très anecdotiques. Repris lui aussi de la première édition DVD, le commentaire audio d’Antoine Fuqua (disponible sur l’UHD et le Bluray) rattrape un peu tout cela grâce à un regard souvent précis porté sur le tournage des scènes et sa collaboration avec les acteurs.
Liste des bonus
Commentaire audio de Antoine Fuqua, Scènes supplémentaires, Fin alternative, « Training Day : Franchir la ligne » : making of « HBO First Look », 2 clips :« #1 » de Nelly et « Got You » de Pharoahe Monch, Bande-annonce.