THE MONKEY

Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Osgood Perkins
Acteurs : Theo James, Elijah Wood, Tatiana Maslany, Osgood Perkins, Sarah Levy, Laura Mennell, Adam Scott…
Musique : Edo Van Breemen
Image : 2.39 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 98 minutes
Editeur : Metropolitan Film & Video
Date de sortie : 12 juillet 2025
LE PITCH
Lorsque Bill et Hal, des jumeaux, trouvent dans le grenier un vieux jouet ayant appartenu à leur père, une série de morts atroces commence à se produire autour d’eux…
Singeries mortelles
Désormais observé comme un vrai nouveau talent du cinéma flippant grâce à l’oppressant et perturbant Longlegs, Osgood Perkins prend les attentes à contre-pied et délaisse l’angoisse en sourdine et l’étrangeté narrative pour se livrer à un pure délire grand guignol, fun et gore, avec son adaptation de la célèbre nouvelle de Stephen King : The Monkey.
Si la reconnaissance de la signature d’Osgood Perkins a véritablement explosé avec le très réussi et atypique Longlegs, cela faisait cependant un bon moment que le réalisateur travaillait justement une approche du genre languissante, contemplative et parfois même assez cryptique. Après quatre longs métrages et un épisode du revamp de The Twillight Zone, il tranche dans le vif en transformant un texte économe et essentiellement psychologique de Stephen King en véritable foire à l’humour noir et à la bidoche. Quitte à partir d’une idée relativement saugrenue et ridicule sur le papier – une poupée mécanique à l’apparence d’un petit singe avec tambourin provoque la mort tout autour de lui à chaque coup de baguettes – autant se faire plaisir et accepter justement cette part d’ubuesque et de décalage. On reconnait autant dans le choix de couleurs ultra contrastés, très comics, et l’omniprésence d’un humour à rebrousse-poil, l’esprit justement de ces vieilles BD d’EC Comics que King et son copain Romero avaient célébré dans leur film à sketch Creepshow. The Monkey s’inscrit directement dans cette veine, généreusement outré, peuplé de personnages caricaturaux et borderline, s’amusant constamment du mauvais goût du moindre effet sanglant et poussant sa logique jusqu’au bout… ici aux lisières de l’apocalyptique.
Malin comme…
Le film ne retient clairement pas ses pulsions et va multiplier, à la façon d’un Destination Finale sous amphé, les morts les plus absurdes et les plus graphiques possibles : harpon qui étire les tripes, décapitations régulières, crash d’avion qui entraine une pluie de cadavres, piscine électrifiée explosive, essaim intrusif… et la plus charmante avec un tonton campeur transformé en purée humaine après le passage d’un troupeau de chevaux sauvages. Si le film abuse un peu trop des effets numériques, il délivre son lot de vision purement grotesques et dégueux, jaillissant le plus souvent en contre-point, en décalage avec un tempo plus classique. C’est que malgré les horreurs qui se cessent de se dérouler autour d’eux, tous les personnages, que ce soit le héros apathique joué par Theo James (Divergente, The White Lotus) qui ne fait finalement qu’accepter son triste destin, sa mère qui prend tout avec le sourire, ou même la petite tripotée de personnages secondaires bien azimutés (dont Elijah Wood toujours partant), semblent s’en foutre royalement. Dans The Monkey, comme dans la vie, la mort est injuste, absurde, cruelle et débarque toujours quand on l’attendait le moins. Si l’histoire principale autour justement de cette malédiction subie par les deux frères jumeaux (bel héritage du paternel, Adam Scott, jubilant en guest dans l’intro du film) manquent certainement de véritable intensité émotionnel, d’incarnation, même lorsque le fiston du héros se rajoute à la fête, c’est véritablement quand le film s’attarde sur cette omniprésence de la mort, de la fin (de l’enfance comme de l’existence), qu’il réussit le mieux à se trouver en osmose avec ses élucubrations stylistiques et cette ironie vacharde.
The Monkey aurait sans doute pu creuser plus loin cette réflexion presque métaphysique, et surtout très amusée, sur la condition humaine, et aurait pu développer une histoire plus complexe et plus surprenante, mais son humour macabre, très en marge de ce qu’il se fait habituellement, est souvent assez irrésistible.
Image
Capturé comme il se doit en 4.6K sur caméras Arri Alexa 35 et post-produit directement en 4K, The Monkey en met plein la vue sur son disque UHD. La définition est puissante et imposante, la stabilité et la précision de l’image jamais mise à mal, tout autant que la profondeur sidérante de certains plans. Du numérique au meilleur avec ce qu’il faut de légères matières et de textures un poil sales pour donner du corps à l’ensemble. Un cran au-dessus du Bluray forcément, l’UHD l’écrase véritablement sur le traitement des couleurs, HDR10, qui impose des contrastes riches et éclatants, des rouges explosifs et des noirs abyssaux. Superbe.
Son
Pas de Dolby Atmos étrangement pour ce film qui en aurait tout à fait mérité l’ampleur. Heureusement les DTS HD Master Audio 5.1 fournis sont on ne peut plus efficaces, jouant fébrilement sur les jaillissements les plus mortels, disséminant avec justesse quelques ambiances bien angoissantes et emballant des dialogues avec une impeccable clarté.
Interactivité
Trois petites featurettes d’à peine trois minutes pour présenter le concept, les acteurs et leurs personnages et mettre en avant le gore avec le sourire. Peu d’intérêt.
Liste des bonus
« Très gore et très gratuit », Le casting, Devenir Hal et Bill, Bande-annonce.







