THE COMMITMENTS

The Commitments – Irlande, Royaume-Uni, Etats-Unis – 1991
Support : Bluray
Genre : Comédie dramatique, Musique
Réalisateur : Alan Parker
Acteurs : Robert Arkins, Michael Aherne, Angeline Ball, Maria Doyle Kennedy…
Musique : Paul Bushnell, Wilson Pickett
Durée : 118 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Français et Anglais DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Éditeur : Metropolitan Films & Video
Date de sortie : 12 février 2021
LE PITCH
Dublin, au début des années 90. Jimmy Rabbitte vit de la vente de cassettes VHS et audio piratées. Mais il rêve de lancer un groupe de soul music. Le plus dur reste à faire, passer à l’acte : faire les bons choix dans la foule des amateurs qui ont répondu à son annonce, trouver un local et le matériel, commencer les répétitions, attirer l’attention du public et des critiques…
Soul Men
Les Commitments. Qu’est-ce donc réellement ? Un joli petit film indé ayant créé la surprise sur un faux groupe de soul ou un groupe de musique ayant profité du vecteur cinéma pour faire sa promo ? Le film d’Alan Parker brouille les cartes et fait exceptionnel, de son film est né un groupe.
Une chose est sûre, le cinéaste, la musique il connaît. Il sait la conjuguer même. Il commence l’exercice avec des enfants dans son premier film Bugsy Malone, poursuit dans la démesure de The Wall et son fantasme visuel à la gloire des Pink Floyd pour finir en offrant à Madonna le rôle de sa vie dans le biopic sur l’argentine Evita Peron. Entre deux, il nous élabore un petit film tiré d’un roman de Roddy Doyle sur des jeunes de la classe ouvrière irlandaise. Sans espoir face au chômage ambiant, ils ne trouvent comme seule échappatoire à leur vie merdique leur goût pour la musique avec cette idée pas vraiment saugrenue d’en créer un groupe. Finalement et de manière récurrente, c’est bien loin d’Hollywood, de ses gros budgets, de sa logistique lourde, des mégalomanies des stars de la chanson que Parker va filmer son film le plus personnel, celui qui le touche le plus personnellement.
Let there be rock !
Au vu de sa carrière, rien ne disposait Parker à pénétrer l’univers du film social. Du musical oui mais du social pas vraiment. Les protagonistes de son opus y sont pourtant confrontés chaque jour de leur quotidien. Entre débrouilles et petits larcins, seule la musique a le goût de la rédemption. Mais Parker a beau s’être engagé dans certains de ses films (Midnight Express et l’univers carcéral, Mississippi Burning et le racisme), il a conscience de ses limites. Il se consacre à ce qu’il connaît ou tout au moins à ce qu’il maîtrise : la musique. Le coté Emmaüs et Abbé Pierre il le laisse à l’âme son compatriote Ken Loach.
Quitte à faire un film sur la musique, autant le faire avec de vrais musiciens. C’est au terme d’un casting de plus de 3.000 jeunes disséminés aux quatre coins de la scène irlandaise que le réalisateur monte « son » groupe. Tous vierges de la caméra, ils sont en revanche entièrement dévoués à la cause musicale. Ne se connaissant absolument pas, le futur groupe Commitments va prendre forme et vie cinématographiquement et musicalement sous nos yeux. De leurs rencontres à leurs répétitions, de leurs coups de cœur à leurs coups de gueules. Parker estompe la distance cinématographique avec celle du réel. Le groupe existe bel et bien jusqu’à son implosion. Les egos prennent le pas sur l’artistique et la couverture médiatique qu’ils commencent à susciter devient bientôt trop petite pour eux tous. Les interprètent ne jouent pas, ils vivent leurs personnages, le réalisateur lui ne tourne pas un film sur la musique, sa mise en scène filme LA musique !
Le film The Commitments dépasse les bornes du film de cinéma. Le tournage a beau être fini, le film a beau avoir vécu sa vie, le The End n’est jamais apparu. Le quatrième mur séparant la fiction et le réel est tombé. The Commitments : le groupe lui continue ses tournées de par le monde.
Image
Le piqué se révèle particulièrement précis avec des contrastes réussis mais l’image se révèle trop propre. La texture de l’argentique se fait bien trop discrète pour un film de cette époque.
Son
Les deux mixages anglais et français sont équivalents laissant forcément la part belle à la musique. Logiquement les accents et expressions des bas-fonds de Dublin raisonnent mieux avec l’accent de Shakespeare que celui de Voltaire.
Interactivité
Un making of d’époque compose l’unique bonus du film. Heureusement celui-ci se concentre sur la recherche des acteurs recrutés directement à la source de la scène musicale Dublinoise.
Liste des bonus
Making of (22’).