THE BRUTALIST

Etats-Unis – 2024
Support : Bluray
Genre : Drame
Réalisateur : Brady Corbet
Acteurs : Adrien Brody, Felicity Jones, Guy Pierce, Joe Alwyn, Raffey Cassidy, Stacy Martin, Isaach De Bankolé…
Musique : Daniel Blumberg
Durée : 201 minutes
Image : 1.66 16/9
Son : Français Dolby Audio 5.1 et Anglais Dolby Audio True HD 5.1
Sous-titres : Français
Éditeur : Universal Pictures Home Entertainment
Date de sortie : 25 juin 2025
LE PITCH
L’histoire, sur près de trente ans, d’un architecte juif né en Hongrie, László Toth. Revenu d’un camp de concentration, il émigre avec sa femme, Erzsébet, après la fin de la Seconde Guerre Mondiale aux Etats-Unis pour connaître son « rêve américain ».
Le Grand architecte
The Brutalist est un film entier, une vision d’un jeune réalisateur. Un sujet original qui veut emporter. Une œuvre calibrée pour les festivals du monde entier. Golden Globe, Oscars, Venise, il est accueilli avec autant d’applaudissements que de prix. L’architecture a-t-elle trouvé son film ?
Le film se veut hors du temps, se revendiquant de la grande époque hollywoodienne, un Ben-Hur à hauteur d’hommes, avec ouverture et entracte, il ne cache pas ses ambitions. L’histoire contée est celle de Laszlo Toth, architecte ayant fui sa Hongrie natale, destin s’étalant sur trois décennies. Son parcours d’immigré lui donne une perspective de vivre le rêve américain, celui où chaque individu peut trouver sa place dans le monde et la réussite professionnelle. Ce n’est pas pour rien que le film s’ouvre sur la Statue de la Liberté vue à l’envers par le regard de son personnage, une vision biaisée de la réalité telle que Toth la vivra. Cette liberté et ce rêve se feront dans la souffrance du temps, au gré des rencontres et des caprices des uns et des autres. Son réalisateur s’applique, porte le projet à bout de bras ; il produit, écrit et réalise. Il a une vision et n’en démord pas. Son film, il le battit comme une œuvre architecturale, il le filme en Vistavison, procédé inutilisé de longue date redonnant vie à la pellicule en faisant défiler les images à l’horizontale pour une meilleure définition. Un entracte divise le film entre ses deux parties représentant chacune une période de vie. La première : l’énigme de l’arrivée, s’étale de 1947 à 1952, la plus intéressante, qui permet de creuser ce nouveau départ d’après-guerre vers un nouveau pays pour y découvrir ce qu’il a à offrir, tandis que la seconde : la quintessence du beau, s’étale de 1953 à 1970, époque allant de la grandeur à l’oubli avant de se conclure par un épilogue de reconnaissance 20 ans plus tard. Son projet de construction est du jamais vu en cette époque. Le titre du film The Brutalist, évoque ce courant. Le brutalisme étant un courant architectural qui se distingue entre autres par son utilisation du béton et son absence d’ornements.
The Formalist
Au-delà de son histoire, Brody Corbet expose un pan de l’Amérique, celui de l’immigration, de l’antisémitisme, du rejet et de la résilience artistique. En filigrane, et en guise de repères, des événements majeurs des époques se dévoilent au gré des informations et des journaux télévisés comme la création de l’état d’Israël et l’Amérique, qui insidieusement ne veut pas de ces immigrés. Corbet veut bien faire. Trop. Sa mise en scène se ponctue de moments magnifiques dans un long-métrage dilué. Ces moments inspirés, n’en déplaisent aux critiques qui ont encensé le film, ne convainquent pas totalement. Au-delà de son sujet qui ne parle sans doute pas à tout le monde, The Brutalist n’embarque pas le spectateur dans l’art créatif et la folie de Laszlo Toth (là où Werner Herzog plongeait au cœur de Fitzcaraldo avec Klaus Kinski). Adrien Brody, lui est irréprochable, une performance à la hauteur de son premier Oscar pour Le Pianiste. Il vit son rôle ; son interprétation est magistrale sans en faire de trop. La caméra de Corbet le capte avec justesse. La polémique sur son accent hongrois retravaillé par l’intelligence artificielle n’enlève rien à sa performance. Guy Pierce aussi, en antagoniste, livre une de ses meilleures prestations. Le réalisateur sait diriger ses acteurs pour donner le bon tempo. C’est aussi ce que fait Daniel Blumberg en charge de la bande originale. Envoûtante, elle recrée aussi bien le malaise de son personnage que son côté artistique.
Pourtant, avec toutes ses qualités, difficile d’embarquer pleinement dans l’aventure. Oui, c’est beau, oui c’est bien interprété et réalisé. Mais l’âme n’y apparaît pas forcément. Ses fulgurances n’accrochent pas sur les plus de deux cents minutes que fait le métrage. A trop vouloir bien faire, le film reste enfermé dans son sujet là où il aurait fallu le transcender.
Image
Il est rare, très rare, de trouver des films en Vistavison qui utilisent la pellicule argentique de nos jours. Le film alterne le 35 mm avec certaines séquences en 16 mm au ratio différents selon les images d’archives ou scénaristiques. Ce qui est totalement justifié. La définition n’est donc pas dans les standards HD de notre époque. Néanmoins elle reste profonde et parfaitement calibrée en termes de contrastes, jouant sur les ambiances visuelles. Un pari visuel audacieux pour un metteur en scène courageux.
Son
Quelques grands moments sonores ponctuent le film lorsque la musique puissante vient se mêler à l’image. Mais The Brutalist la plupart du temps ne cherche pas l’effet, ce n’est pas le sujet. Les dialogues sont privilégiés ce qui ne l’empêche pas d’utiliser les différentes pistes lors de scènes où la foule est présente ainsi que pour les ambiances.
Liste des bonus
Aucun.




