THE AMATEUR

Etats-Unis, Royaume-Uni – 2025
Support : UHD & Bluray
Genre : Thriller, Espionnage
Réalisateur : James Hawes
Acteurs : Rami Malek, Laurence Fishburne, Jon Bernthal, Rachel Brosnahan, Caitriona Balfe, Holt McCallany, …
Musique : Volker Bertlmann
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Audio DD + 7.1 Français, Allemand, Italien…
Sous-titres : Français, Allemand, Espagnol, Italien…
Durée : 123 minutes
Editeur : 20th Century Studios
Date de sortie : 13 août 2025
LE PITCH
Charlie Heller, un cryptographe de la CIA aussi brillant qu’introverti, voit son existence basculer lorsque sa femme décède durant une attaque terroriste perpétrée à Londres. Déplorant l’inaction de sa hiérarchie, il prend alors l’affaire en mains et se met à la recherche des assassins, embarquant pour un dangereux voyage partout à travers le monde pour assouvir sa vengeance.
L’espionnage dans la peau
Nouvelle adaptation du classique de l’espionnage signé Robert Littell quelques 40 ans après l’essais de Charles Jarrott, L’Homme de Prague, en 1981 avec John Savage, Christopher Plummer et Marthe Keller, The Amateur hésite entre l’ambiance parano d’autrefois et la nervosité des descendants de Jason Bourne, mais sans en retrouver la fouge ou l’âpreté.
Le récit en lui-même avait cependant un très fort potentiel, ou en tout cas un fil bien tendu qui aurait pu habiter tout le film, celui, assez classique tout de même, de l’homme lambda projeté dans un univers brutal et amoral qui manque constamment de le broyer. Ici donc Charlie Heller, joué par un Rami Malek le regard triste, perdu mais un peu vénère tout de même, analyste de génie pour la CIA qui décide de rejeter ses cadres pour poursuivre lui-même les terroristes qui ont malencontreusement assassiné sa femme. Un monsieur sympathique et introverti qui se transforme en quelques scènes et autant de minutes, en espion amateur / vigilante qui mène sa hiérarchie par le bout du nez et malgré quelques maladresses bien compréhensible commence à terroriser tout un réseau criminel international à lui tout seul. Jason Bourne mais aussi un peu McGyver (roi du bricolage explosif) et serial killer (la mise en scène variable de chaque exécution) à ses temps perdus, le personnage montre bien à quelques moments sa détresse et la colère destructrice qui l’habite mais la tension morale se fera vite écraser par une suspension de crédibilité bien malmenée.
Agent en maintenance
Le vigilante movie manque de hargne et de véritable sortie de route, tandis que la cadre purement espionnage est volontairement traité comme un anti-James Bond où la découverte des rues londoniennes, parisiennes, marseillaises ou turcs se fait sans une once d’exotisme ou de démonstrations touristiques. Le monde n’a plus de frontière et semble ici plus que jamais n’être séparé que par quelques minutes passées en avions et surtout par une multitude de caméras de sécurités omniprésentes, et est constamment baigné par une lumière froide, des horizons fermés et des ruelles perdues dans la nuit. Venus de la télévision et ayant œuvré sur des séries comme Penny Dreadful, Black Mirror, Snowpiercer ou Raised by Wolves, le réalisateur du drame Une Vie, James Hawes, aurait alors pu faire le choix se creuser plus intensément cette voie, annoncé dès les premières minutes par la découverte inopinée de multiples missions douteuses perpétrés par une branche obscure américaine. Un grand monde en gris, mais surtout en flou, dont malheureusement The Amateur ne tire pas grand-chose, et surtout pas une quelconque amorce politique ou réflective, préférant s’écouler comme un téléfilm de luxe s’offrant au passage la participation limitée de Laurence Fishburne et Jon Bernthal qui avaient sans doute un petit trou dans leur planning.
Pas désagréable et doté de quelques petites scènes qui sortent du lot, The Amateur ne va pas chambouler le cinéma d’espionnage, ne tranchant jamais vraiment entre son cadre sérieux, pragmatique et trouble, et ses tentations de divertissement plus classique et aisément streamé. Les nombreux thèmes esquissés, comme celui de l’ultra-surveillance et des services parallèles, ne sont in fine qu’à peine esquissés.
Image
Sans grands efforts mais avec sérieux le transfert 4K de The Amateur délivre une prestation parfaitement solide et précise. Si le film ne se sépare jamais vraiment de son esthétique sombre, un peu froide, et finalement refusant le relief des voyages touristiques du film d’espionnage, il offre des plans numériques impeccablement dessinés, profitant d’une légère profondeur et surtout d’un piqué des plus performants.
Son
Là encore, si le film ne joue pas la carte du spectaculaire, le Dolby Atmos de la piste originale apporte tout de même sa petite pierre en déployant un dispositif large et naturel, discret mais enveloppant, accompagnant autant les changements de localités que la tension attendue. Très efficace, et un bon cran au-dessus de la prestation doublée en français proposée dans un Dolby Audio 7.1 tout à fait honorable.
Interactivité
Pas des plus originaux, les suppléments de The Amateur se découpent en une série de quatre featurettes assez basiques évoquant le pitch du film, son casting, son traitement particulier du globe trotting, l’approche musicale et le tournage de l’une de ses scènes les plus complexes à mettre en place (celle de la piscine). Tout le monde est ravi d’être là et partage son engouement pour le projet et des collègues extrêmement professionnels. Le tout s’achève par quelques petites scènes coupées qui n’apportent pas grand-chose au récit.
Liste des bonus
L’équipe (10’), L’univers (7’), La Piscine (6’), La musique (9’), Scènes coupées (5’).







