THE ALTO KNIGHTS

Etats-Unis – 2025
Support : Bluray
Genre : Thriller
Réalisateur : Barry Levinson
Acteurs : Robert De Niro, Debra Messing, Cosmo Jarvis, Kathrine Narducci, Wallace Langham, Michael Rispoli …
Musique : David Fleming
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Audio 5.1 Français, Anglais, Espagnol, Italien.
Sous-titres : Français, Espagnol, Italien…
Durée : 120 minutes
Editeur : Warner Bros. Entertainment
Date de sortie : 23 juillet 2025
LE PITCH
Deux des plus redoutables figures de la mafia new-yorkaise, Frank Costello et Vito Genovese, luttent pour le contrôle de la ville. Autrefois meilleurs amis, la jalousie et les trahisons les mènent inévitablement à l’affrontement qui entraînera la chute de la mafia américaine.
Qu’elle était belle ma Little Italie
Grande nouvelle : l’auteur et scénariste des inoubliables Les Affranchis et Casino revient avec The Alto Knights aux grands films de Mafia. Autre grande nouvelle, Robert De Niro est lui aussi de la partie… et dans un double rôle ! Un film qui aurait dû faire l’évènement mais qui malheureusement résonne surtout comme un triste et fatigué dernier tour de piste.
Il y avait pourtant quelque chose de l’évidence dans cette idée de s’attaquer enfin directement à la petite guerre meurtrière et tragique que se livrèrent les deux mafieux américains Frank Costello et Vito Genovese dont les noms ne sont pas forcément les plus connus du grand publique, mais dont les personnalités, les oppositions et les trajectoires ayant amené à l’effondrement d’une bonne part du banditisme à l’ancienne ont bien souvent servi d’influence aux multiples films du genre… Le Parrain en tête. Et Nicolas Pileggi, qui a aussi œuvré à la production de la série Vegas, d’American Gangster et The Irishman était certainement l’homme de la situation. Surtout que comme dans ce dernier il s’agit bien là de construire une fable criminelle de fin de règne. La gloire de la jeunesse est largement laissée hors-champs (quitte à manquer de conviction sur l’amitié annoncée des protagonistes) et le métrage conte essentiellement comment ce duo criminel crains ou respecté s’oppose désormais sur la stratégie à adopter pour moderniser le pouvoir : l’un a appris à jouer sur la diplomatie et le contrôle des instances politiques, l’autre ne connait que la violence, la paranoïa et s’enfonce dans le trafique de drogues.
En déclin
Il est ainsi loin le temps du grand banditisme, des assauts des tripots révolvers ou mitraillettes à la main, des poursuites avec la police dans les rues de la ville, The Alto Knights est essentiellement un film de fauteuils, où on oscille entre les salons de quelques maisons cossues (mais finalement pas tant que ça non plus) et les arrière-salles de vieux restaurants ou de vieilles boutiques familiales, où tout se joue avec une télé constamment allumée. Pileggi poursuit sa démarche de désacralisation du monde mafieux et ne décrit les truands que comme une bande de petits vieux déjà dépassés et pour la plupart pas bien finauds, ne participant plus au monde que par écrans interposés. Pourquoi pas. Mais même s’il fut un réalisateur très attachant durant les années 80/90 (Le Secret de la pyramide, Good Morning Vietnam, Rain Man…) Barry Levinson n’est certainement pas Martin Scorsese et semble, à l’image de ses protagonistes, constamment piégé par le passé et ses propres fantasmes de film de gangster à l’américaine. Multipliant les hommages aux vieilles productions Warner, glissant parfois vers le style rétro façon Les Incorruptibles, ou singeant mollement justement le réalisme opératique de l’auteur de Mean Streets, il n’arrive jamais vraiment à donner une sensation de fin d’empire, de violence contenue ou de tensions dramatiques à une trame dotée de bonnes idées (le passage devant la commission gouvernementale, le piège final assez amusant et presque pathétique…) mais qui souffre d’un déjà-vu constant.
Le film se traine un peu mais surtout souffre d’un concept artistique qui plombe tous les efforts : faire jouer à Robert De Niro les deux rôles principaux. Certes ce dernier s’y amuse manifestement à nous faire le coup du best of de carrière, compressant en deux personnages toutes ses grandes figures de mafieux (de Capone à Sam Rothstein) quitte même à emprunter quelques effets de voix et de dangerosité à son copain Joe Pesci, mais il ne fait certainement jamais oublier qu’il est Robert De Niro, surtout pas avec un faux nez pour l’un et un masque en latex encombrant pour l’autre. Cette omniprésence de l’acteur et cette sensation constante de faux (on se croirait presque parfois dans Dick Tracy) empêche toute crédibilité à ce film de mafieux qui sent un peu trop la naphtaline et la maison de retraite.
Image
Entièrement tourné en numérique, avec des camera Sonice Venice 2, The Alto Knights aurait certainement pu prétendre à une sortie sur support 4K. Son échec commercial le lui a sans doute interdit, dommage car techniquement le film n’a pas grand-chose à se reprocher et la photographie qui passe du chaud et suranné dans les années 40 à des lumières de plus en plus froides alors qu’on se reproche de la fin des années 60 fonctionne plutôt bien. Les teintes généralement dorées, les noirs très creusés, les intérieurs tamisées et même les divers inserts en noirs et blancs affirment une tenue solide avec un piqué toujours précis et un léger relief bienvenu. Un Bluray des plus solides.
Son
La version doublée française, assez fonctionnelle, doit se contenter d’un petit Dolby Digital 5.1 à l’ancienne. Pas désagréable mais sans grandes performances, il se fait aisément écraser par le Dolby Atmos de la version originale. Non pas sur de quelconques scènes musclées ou de grands moments d’action (il n’y en a pas) mais dans sa mise en place constante d’un champs sonore complexe, habité et doté d’un relief constant et naturel. Au milieu des multiples bruits de foules, échos de rues ou conversations diverses, les dialogues sonnent toujours avec clarté et évidence.
Interactivité
Il y avait sans doute beaucoup à dire sur ce film de mafia, que ce soit dans les contours historiques ou sur la performance de Robert De Niro, mais aucun supplément n’a été proposé sur l’édition Bluray, en France ou ailleurs.
Liste des bonus
Aucun.







