SUBSTITUTION

Bring Her Back – Australie – 2025
Support : Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Michael Philippou, Danny Philippou
Acteurs : Billy Barratt, Sora Wong, Jonah Wren Phillips, Sally Hawkins, Olga Miller…
Musique : Cornel Wilczek
Image : 2.35 16/9
Son : DTS Master Audio 5.1 Anglais, Français et Allemand
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Turque, Arabe…
Durée : 104 minutes
Éditeur : Sony Pictures
Date de sortie : 3 décembre 2025
LE PITCH
Un frère et une sœur découvrent un rituel terrifiant dans la maison isolée de leur nouvelle mère adoptive.
Ces chers disparus
Les réalisateurs du très remarqué La Main, film d’horreur bien tendu mais plombé par des facilités d’écriture et un besoin de se rattacher artificiellement à une tradition trop pesante du film de possession, passent à la vitesse supérieure avec Bring Her Back, développant une même fascination pour la mort, mais avec une finesse qui ne fait que mieux ressortir les saillies de violences perturbantes.
Les personnages de La Main étaient plus ou moins collectivement fascinés par l’inéluctabilité de la mort et une quête de transgression qui les poussaient directement dans ses bras. Cette entité est toujours aussi présente dans le second long métrage des frères Philippou mais semble peser beaucoup plus lourdement sur les épaules des protagonistes. La Main avait encore des ressorts de films pour ados (sans que cela soit péjoratif), Substitution (sympa le titre français qui annonce tout le plot !) y oppose un regard plus adulte, plus complexe, abordant des psychologies nettement plus douloureuses. Passé un générique mystérieux mais qui avec ses accents de found-footage bien flippant fait clairement son effet, le film confronte immédiatement Andy et Piper à la tragédie de la disparition, mais aussi à l’image même du corps décédé, lorsqu’ils découvrent leur père mort nu dans la douche en rentrant du lycée. La froideur clinique de la scène, dont on découvrira quelques détails plus scabreux encore lors de flashs, impose cette notion d’une décrépitude annoncée, d’une vie terriblement incertaine et d’une physicalité des plus faillibles. Dès lors la mort sera de presque de toutes les scènes, dissimulée derrière la buée d’une fenêtre, dans une chambre littéralement hantée, dans les bruits provenant d’un bout de couloir ou dans les remarques, les regards et les attitudes perturbante de Laura (la Sally Hawkins de La Forme de l’eau) qui tente de noyer la perte de sa propre fille en accueillant des orphelins dans son domicile.
Les yeux dans les yeux
Elle et le grand frère semblent même vouloir se battre l’attention et l’affection de la fragile Piper, non voyante (et cela a son importante dans la mise en scène), alors que se joue en arrière-plan la question d’une parentalité non-réglé pour tous. Construit comme un drame terrible sur une reconstruction presque impossible, Substitution manie dès lors un solide équilibre entre une lente et longue montée en tension jouant énormément sur les plans malaisants et les détails perturbants, et des jaillissements particulièrement brutaux. Le gore est bel et bien présent, mais toujours abordé avec un réalisme qui fait froid dans le dos, que ce soit lorsqu’un corps est percuté, sans pitié, par une voiture lancée à tout vitesse, où que le pauvre Oliver se mette à croquer un couteau de cuisine du coté de la lame. Atroce tout simplement, le rapport au corps et la chair pouvant provoquer quelques frissons même chez les plus habitué. Un film d’horreur atmosphérique et sensationnaliste à la fois d’autant plus efficace qu’il n’en oublie jamais les blessures et les émotions de ses personnages. C’est peut-être à ce niveau justement que le petit Oliver, gamin présenté comme perturbé, mutique en tout cas et constamment décalé par ses attitudes presque animales, manque pour le coup d’un peu de finesse. Celui par qui le mal arrive, mais à la fois présenté trop frontalement et pas assez creusé, il annonce bien trop limpidement la catastrophe à venir et la nature horrifique d’un film qui aimerait justement tant le faire oublier.
Une silhouette comme échappée du précédent La Main et qui emmène avec lui les petites faiblesses d’écriture et une iconisation presque traditionnelle qui a parfois du mal à trouver sa place ici. Il est évident cependant que les Philippou Brothers sont lancés dans une phase de progression des plus intéressantes.
Image
Proposé en édition collector 4K uniquement sur le site officiel de A24, Substitution profite tout de même d’une impeccable copie en HD. Tourné intégralement en numérique, ce dernier apparait donc avec une grande propreté et une limpidité constante, offrant des cadres parfaitement propres et stables, et un piqué des plus précis. Le film préserve autant son affichage franc et sa définition impeccable du numérique, n’apportant aucun filtre ou autres astuces pour le rapprocher d’une source pellicule, permettant en effet un affichage des plus performant, au détriment parfois d’un esthétique qui auraient pu être plus nuancée. Question de goûts.
Son
Sony n’a pas manifestement pas eu le droit de reprendre le Dolby Atmos de A24 et c’est bien dommage. Le DTS HD Master Audio 5.1, autant en version originale que française, s’en sort cependant parfaitement bien, imposant dès la séquence d’ouverture une atmosphère particulièrement inquiétante et enveloppante, qui s’installe généreusement sur l’ensemble de l’installation. Une spatialisation minutieuse qui ne montrera jamais de signe de faiblesses, distillant longuement son venin pour finalement monter crescendo avec les révélations du film. Tétanisant même parfois.
Interactivité
Du classique pour Substitution avec un petit making of qui présente efficacement la nature du projet et les investissements collectifs tout en soulignant la bonne ambiance générale. On trouve dans la foulée une petite scène coupée par forcément des plus nécessaires, la vidéo Russe bien flippante dans son intégralité et surtout un commentaire audio plutôt complet des réalisateurs, qui s’amusent autant à se remémorer le tournage et à revoir les différents moments forts du film, qu’à délivrer quelques petites infos techniques. Pas mal.
Liste des bonus
Commentaire audio des réalisateurs, Coming Full Circle : Making Bring Ger Back (19’), Scène coupée (1’), Russian Video (1’).






