STAR TREK : SECTION 31

Etats-Unis, France – 1992
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Science-Fiction, Action
Réalisateur : Olatunde Osunsanmi
Acteurs : Michelle Yeoh, Omari Hardwick, Sam Richardson, Robert Kazinsky, Kacey Rohl, Sven Ruygrok…
Musique : Jeff Russo
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Digital 5.1 Français, Espagnol…
Sous-titres : Français, Anglais, Espagnol…
Durée : 95 minutes
Éditeur : Paramount Pictures France
Date de sortie : 7 mai 2025
LE PITCH
L’empereur Philippa Georgiou rejoint une division secrète de Starfleet chargée de protéger la Fédération des planètes unies et doit faire face aux péchés de son passé.
« Where No One Has Gone Before »
Alors que la licence Star Trek connait un nouvel âge d’or à la télévision grâce aux séries Discovery, Picard, Strange New Worlds et même l’animé Lower Decks, celle-ci peine manifestement à revenir sur le grand écran. Alors que les projets se multiplient sans aboutir en coulisses, voici Star Trek Section 31, téléfilm grand luxe qui aurait pu ouvrir une nouvelle voie vers les étoiles. Aurait pu.
Bientôt 10 ans sans nouveau chapitre cinéma de Star Trek avec la conclusion de la trilogie Kelvin Timeline (les opus réalisé ou produits par J.J. Abrams). D’autant plus étonnant qu’effectivement l’univers crée par Roddenberry a profité d’un nouveau souffle grâce à une poignée de programmes plutôt ambitieux et variés. Pas aussi daté, mais tout de même, Section 31 trainait lui aussi dans les cartons depuis pas loin de cinq ans, en l’occurrence le départ de Michelle Yeoh de la série Star Trek Discovery et la mise à l’écart de son personnage Le Capitaine Philippa Georgiou en 2020. L’une des meilleures trouvailles de la série d’ailleurs, présentée au départ comme une véritable figure tutélaire et honorable, avant d’être remplacée par son homologue échappé d’un univers parallèle où elle aurait été une dictatrice cruelle, impitoyable, voir sadique. Dans les deux cas, l’excellente actrice hongkongaise Michelle Yeoh affirmait une nouvelle fois son charisme cinétique tout autant que ses capacités toujours impressionnantes de femme d’action. Tellement charismatique d’ailleurs qu’il est envisagé de lui offrir sa propre série spin-off, puis un film cinéma avant de finalement se rabattre sur un projet de téléfilm. Une première d’ailleurs dans l’histoire de la franchise et qui en s’intéressant à ce qu’on nous présentait au départ comme les black ops, ou la CIA version 50’s, de la Fédération, aurait pu nous donner à découvrir tout un pan caché de la démocratie planétaire idéale finalement assez peu remise en question tout au long de la saga. Des missions suicides, des magouilles de barbouzes, des coulisses politiques douteuses…
Marchandise douteuse
Las, les scénaristes ont préféré opter pour une énième aventure sur les traces d’un nouveau MacGuffin, une arme de destruction planétaire lié au passé de l’anti-héroïne, et de l’obliger à collaborer avec une bande d’allumés et de bras cassés pour sauver l’univers. L’inspiration tient autant du vénérable Les 12 Salopards que du plus récent The Suicide Squad, mais manque surtout bien évidemment d’originalité dans la dynamique mise en place et peine sévèrement à intéresser à cette énième course contre la montre. Malgré leur présentation post-Tarantino et leurs looks aliens parfois assez improbables (mentions spéciales au parasite-traitre et au gros bras mécanisé), aucun des seconds rôles ne réussit vraiment à s’imposer, tandis que Michelle Yeoh se livre à une caricature assez triste de son personnage machiavélique mais cool. Habitué de la télévision et de Discovery justement, le réalisateur Olatunde Osunsanmi aurait bien aimé donner des airs de blockbuster à son affaire, mais la multiplication des scènes d’actions, spatiales ou martiales, ne fait que souligner leur répétitivité entre deux longs tunnels dialogués où on ne retrouve jamais l’intelligence et la profondeur d’un Star Trek. Même comme simple épisode double d’une série, Section 31 aurait eu du mal à convaincre, mais au moins l’aspect simple parenthèse aurait éviter que les amateurs se sentent véritablement trahis par le ton général, assez crétins et faussement amoral.
Finalement, si Section 31 s’inscrira dans les mémoires c’est certainement pour avoir réussi pour la première fois de son histoire à foirer totalement un opus de Star Trek… « là où personne n’était allé jusqu’ici ».
Image
A l’instar des dernières grandes séries Star Trek, Section 31 a bien entendu été entièrement tourné et produit en numérique, capturé en 4K HDR. Son arrivé sur support UHD se fait donc sans grandes difficulté, assurant une belle restitution des couleurs, des noirs, des contrastes, et profitant pleinement des possibilités du fameux mur VR, devenu la norme depuis quelques années sur ce type de productions. L’avantage d’une sortie physique se fait ici évidente, la galette permettant une meilleure stabilité et une définition plus creusée et pointue, moins compressée qu’en streaming sur Paramount + ou Canal +.
Son
Disponible en Dolby Atmos (sur UHD et Bluray), la version originale rejoint là aussi les sensations largement appréciées sur les dernières séries Star Trek avec de véritables ambitions de Space Opera cinéma, déployant une belle dynamique et des sensations particulièrement enveloppantes pour toutes les scènes (trop rares) spatiales. Les scènes d’actions plus physiques ne sont pas en reste, profitant d’une énergie appréciable, tandis que dialogues, effets d’arrières plans et musiques trouvent un bel équilibre tout du long. Carré.
La pauvre VF, en Dolby Digital 5.1 reste elle plus vissé aux codes de la télévision classique, même si on préserve une certaine efficacité.
Interactivité
Les productions Star Trek s’efforcent toujours de délivrer quelques suppléments à même de satisfaire les fans. Ici donc un making of plus complet qui retrace les origines du pitch, la création de l’histoire (sic) et son tournage, suivi de quatre featurettes plus spécifiques s’intéressant tour à tour à la troupe de personnages, aux chorégraphies des combats et aux effets spéciaux, aux nombreux accessoires et aux évolutions du personnage de Georgiou en compagnie de Madame Yeoh. Classique, mais bien fait et plutôt agréable. Le tout s’achève par un bêtisier plutôt sympa qui démontre que l’équipe s’est manifestement beaucoup plus amusée à tourner le film que les spectateurs à le regarder.
Liste des bonus
Les équipes (26’), Les cascades (13’), Le design (11’), L’équipement (11’), Georgiou (15’), Bêtisier (4’).







