SOUVIENS-TOI… L’ÉTÉ DERNIER

I Know What You Did Last Summer – Etats-Unis – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Thriller, Slasher
Réalisateur : Jennifer Kaytin Robinson
Acteurs : Madelyn Cline, Chase Sui Wonders, Jonah Hauer-King, Tyriq Withers, Sarah Pidgeon, Billy Campbell, Freddie Prinze Jr., Jennifer Love Hewitt, Sarah Michelle Gellar…
Musique : John Barry
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, DTS HD Master Audio 5.1 Français et Allemand
Sous-titres : Français, Allemand, Espagnol, Italien…
Durée : 111 minutes
Editeur : Sony Pictures
Date de sortie : 19 novembre 2025
LE PITCH
Lorsque cinq amis causent involontairement un accident de voiture mortel, ils décident de dissimuler leur implication et concluent un pacte pour garder le secret plutôt que de faire face aux conséquences de ce terrible évènement. Un an plus tard, leur passé revient les hanter et ils sont confrontés à une terrible vérité : quelqu’un sait ce qu’ils ont fait l’été dernier… et est déterminé à se venger. Traqués un à un par un mystérieux tueur, ils découvrent que cela s’est déjà produit auparavant et se tournent vers deux survivants du terrible Massacre de Southport de 1997 dans l’espoir d’obtenir leur aide.
La mémoire courte
Toujours un peu à la traine, la série des Souviens toi… l’été dernier ne pouvait échapper à son tour à un remake / reboot / sequel / legacy, s’efforçant de reproduire ouvertement les succès des petits concurrents Scream et Halloween. Les vieux ont été ressortis du frigo, les jeunes tressaillent sous le poids du maquillage et le spectateur attend que la malédiction s’achève enfin.
Même si au final le premier film, scénarisé par le même Kevin Williamson, n’avait été mis en boite que pour surfer sur la vague du néo-slasher lancée par le phénomène Scream, il avait réussi à se faire une jolie place dans le paysage du genre grâce à un premier degré, un aspect thriller plus développé et une production très soignée. Le film a ses défenseurs (dont l’auteur de ces lignes fait partie) mais le laborieux et crétin Souviens-toi l’été dernier 2, le tardif et lamentable troisième opus et la pathétique série tv diffusée en 2021 sur Amazon et oubliée dans la foulée, ne peuvent expliquer cette aura nostalgique sur laquelle Sony s’est efforcé de s’appuyer pour annoncer en grande pompe un nouveau long métrage. Mystère. Bref ce dernier ne fait en définitive que singer la recette des deux grands concurrents nouvelle génération (Scream et Halloween donc) en mélangeant allègrement les règles du pur remake, n’offrant durant ses premières vingt minutes qu’une nouvelle variation autour du drame routier et des petits jeux (peu convaincants) de la culpabilité, avant d’embrayer dans un grand moment de bassesses scénaristiques vers la suite fan service.
« C’est Emile le tueur… EMILE ! »
Freddie Prinze Jr. et Jennifer Love Hewitt jouent les revenants rigidifiés faces à de nouvelles « stars » rapidement insupportables pour un whodunit mollasson, déjà mille fois vu et qui n’essaye même pas, comme le Scream de 2022, de jouer un peu au malin en brandissant la carte du délire méta. Ici les petites prises de bec s’enchainent, nos jeunes héros changent d’état nerveux comme de chemises, la psychologie de base est aux alouettes et les révélations s’annoncent avec tambours et trompettes. Jusqu’à la succession absolument lamentable, et même pas drôle, de twists ringards et ridicules, le scénario de ce Souviens-toi… l’été dernier est une simple catastrophe, un long crash auquel on assiste médusé. Tous les clichés et les facilitées du slasher de base sont de sorties, mais sans une once de second degré ou de sauvagerie gratuite pour sauver le naufrage. Filmé comme un épisode d’Outer Banks les minauderies adolescentes et les petites crises de nerfs jamais convaincantes laissent parfois place à quelques meurtres (très rares) bien sages et aux giclées de sang numériques gênantes. D’autant plus embarrassant lorsque Jennifer Kaytin Robinson (réalisatrice ET scénariste… bravo madame !) tente de revisiter la meilleure séquence de poursuite du film de 97 et multiple les cuts, se perd dans le décor et au final n’intéresse pas grand monde.
Électrocardiogramme plat, mort cérébrale, ennuis profond et gène face à un enchainement de scènes risibles, Souviens toi… l’été dernier 2025 devrait rapidement se faire oublier à son tour. Parfois les vieux souvenirs devraient rester à leur place… loin.
Image
Au bon vieux 35mm et sa photographie chaude d’autrefois répond une source fraichement numérique, ultra propre, aux contours très sombres mais sans grandes impressions. La photographie du nouveau film est aussi lisse et impersonnelle qu’une production télévisée lambda, même si effectivement le Dolby Vision fait des efforts considérables en 4K pour lui donner un peu d’énergie et de relief. Le piqué est exemplaire, les contours toujours parfaitement dessinés, les noirs solides et la performance immuablement stable. Solide certainement.
Son
C’est comme toujours la version originale qui profite d’une piste sonore Dolby Atmos et qui impose donc l’ouverture et la dynamique la plus poussée. Même si le film reste avare en sensations fortes, le mixage fait tous les efforts du monde pour musclée la moindre menace présentée à l’écran ou attendue hors-champs. Les ambiances naturelles (bar, rue, océan…) profitent elles aussi d’une restitution solide et pointue. Avec son DTS HD Master Audio 5.1 le doublage français n’en est vraiment pas loin. Un poil moins souple mais tout aussi efficace.
Interactivité
Un premier petit making of promotionnel vient célébrer ce fier retour de la franchise avec les interviews de toute l’équipe (enthousiaste), les accolades habituelles et les félicitations collégiales d’usage. Bizarrement le second segment tente de nous faire croire que l’opus est un slasher sanglant, voir gore, et s’arrête longuement sur des effets spéciaux presque exclusivement conçus en numérique. Reste un bêtisier d’usage et une poignée de scènes coupées qui étonnement donnent un peu plus d’épaisseur au personnage de Stevie (grande sacrifiée du montage final) et approfondissent l’opposition entre Ray et le Maire Grant Spencer. Certes le film est trop long, mais ces passages là aurait été plus pertinents que les épilogues à rallonges.
Liste des bonus
Retour à Southport (9’), Chills, Kills and Thrills (11’), Outtakes & Bloopers (3’), Scènes coupées (8’), Bandes annonces.






