SOUTH PARK LE FILM

South Park : Bigger, Longer and Uncut – Etats-Unis – 1999
Support : UHD 4K
Genre : Comédie, Animation
Réalisateur : Trey Parker
Acteurs : Trey Parker, Matt Stone, Mary Kay Bergman, Isaac Hayes, George Clooney, Brent Spinner, Minnie Driver, Dave Foley, Eric Idle, Mike Judge…
Musique : Marc Shaiman
Image : 1.85 16/9
Son : Dolby True HD 5.1 Anglais, Dolby Audio 5.1 Français et Espagnol
Sous-titres : Français, Espagnol, Anglais…
Durée : 81 minutes
Editeur : Warner Bros. Entertainment France
Date de sortie : 15 octobre 2025
LE PITCH
Kyle, Stan, Cartman et Kenny se rendent à la projection d’un film interdit aux enfants : le célèbre duo canadien de pétomanes. Pendant le film, ils découvrent avec bonheur une avalanche d’injures ordurières qu’ils ne tarderont pas à utiliser au risque de déclencher la troisième Guerre Mondiale…
Le déclin de l’empire américain
Il y a 25 ans déjà sortait sur les écrans l’un des fleurons du cinéma d’animation américain, venant défier les contes de Disney et les comédies recyclables de Dreamworks : South Park le film. Le sous-titre de ce dérivé de la série déjà culte annonçait clairement la couleur : « Plus Long, plus grand et pas coupé ».
Série phénomène de la fin des années 90, South Park frappa fort et ne manqua pas de faire scandale avec son esthétique mal fichue, ses personnages détestables, ses dialogues grossiers et son humour cul et scato à outrance. La vulgarité en bandoulière pour mieux se moquer de la culture américaine, et plus c’est profond meilleur c’est, d’autant plus horripilant pour ses détracteurs que la série de Comedy Central use d’une technique en « papier découpé » et d’une animation simplifiée qui renvoient directement à une esthétique de programme pour les plus petits. Une autre manière de titiller les réactionnaires de tous poils se faisant renvoyer constamment leur idée nauséeuse (racisme, patriotisme, machisme, homophobie…) en pleine tronche au milieu d’allusions sexuelles très douteuses, de jaillissements de vomi et même pourquoi pas d’un gentil petit bonhomme caca. Aussi détesté qu’adulé, le programme fait fureur et les quatre sales gosses, Stan, Kyle, Cartman et « putain ils ont tués » Kenny, deviennent de véritables stars et les héros d’un long métrage qui sort sur les écrans seulement deux ans après le lancement du programme ! Il faut battre le fer lorsqu’il est encore chaud. Mais plutôt qu’un simple dérivé bêtement mercantile, South Park Le Film joue pleinement sur la démesure de l’entreprise montrant comment le nouveau film de Terance & Phillip, roi canadien de l’humour pétomane et des blagues incestueuses, et héros de nos braves bambins, transforment tous les braves enfants américains en déversoirs à jurons.
« Shut your fuckin’ face, uncle fucker »
Une mise en abime forcément outrée qui monte crescendo, partant de la petit ville toujours aussi dégénérée et abrutie de South Park, pour contaminer tout l’Amérique et provoquer une véritable guerre les deux pays voisins. La satire poussée à son comble, l’absurde porté au pinacle du n’importe quoi et pourtant cette évocation d’une Amérique qui sombre en quelques instants dans la déviance droitière et le totalitarisme moral ne semble plus si illuminée que cela aujourd’hui. Même si Satan en personne se fait sodomiser par Sadam Hussain, que les images de synthèses assez dégueulasses viennent moquer l’idée même d’un blockbuster animé, que Stan finira bel et bien par trouver le clitoris et que l’apocalypse est évitée grâce à de beaux sentiments hollywoodiens, la satire vise juste et fort dans un flot de déversements orduriers inédits dans l’histoire du cinéma. C’est con et pas franchement délicat, mais c’est ce qui fait son charme.
Il ne faut d’ailleurs pas oublier que si South Park reste aujourd’hui encore l’œuvre la plus célèbre et lucrative de ses créateurs, les trublions Trey Parker et Matt Stone, ont toujours eu des ambitions cinématographiques, comme l’avaient déjà montré l’hilarant Capitain Orgazmo et son super héros mormon acteur de porno ou comme le rappellera le très irrévérencieux hommage aux marionnettes de Gerry Anderson Team America. Mais avec son délire de comédie musicale à la Disney où les belles paroles lyriques sont le plus souvent remplacées par un flot de gros mots et d’outrages, le film d’animation fait surtout penser aux tout début des deux bonhommes, soit Cannibal The Musical, petit bijou de mauvais goût se moquant en musique et en effets gores des premiers pèlerins de cette belle nation. Gerber sur l’imagerie américaine est plus qu’une passion pour eux, un véritable sacerdoce et les récents épisodes de la série fustigeant la politique et la personnalité de Donald Trump en rappellent toute la pertinence.
Image
On ne peut pas dire que la subtilité de l’esthétique de South Park soit l’une des qualités les plus reconnues du programme. Le passage du long métrage de la simple HD (attention le Bluray est resté inédit en France) à une nouvelle copie 4K Native pouvait laisser dubitatif quant à son intérêt. Pourtant, on remarque effectivement une nette amélioration de la définition et de la précision des cadres, qui souligne mieux qu’autrefois les petites variations de textures des différents « papiers découpés ». Même ressenti du coté de la fermeté des noirs, de la justesse des contrastes, donnant vraiment parfois l’impression d’assister à un petit théâtre de carton. Étonnement, où peut-être à cause de la précision du format, quelques fluctuations de couleurs, généralement plus sombres, apparaissent désormais à l’écran, et les plus pointus observeront quelques plans étonnement un poil plus resserrés, comme zoomés. Aucune explication connue à ce curieux phénomène.
Son
La version originale manque l’occasion de passer au Dolby Atmos mais propose un Dolby True HD 5.1 (déjà présent sur le Bluray US) tout à fait clair et efficace. Quelques ambiances sont de la partie, mais en dehors de rares performances (l’arrivée en enfer, le final « épique…) le mixage reste très axé sur les sonorités avant et bien entendu sur les dialogues. L’incontournable doublage français, que beaucoup considèrent comme supérieur à l’américain, est lui toujours proposé uniquement dans son Dolby Audio 5.1 déjà glissé sur le DVD il y a 25 ans. Pas grand-chose à redire, mais les largeurs « cinéma » y manquent clairement de muscle.
Interactivité
Pas de bonus sur le disque UHD, pas de Bluray glissé dans le packaging à contrario de l’édition US, nous privant dès lors de son seul supplément, le commentaire audio enregistré par les deux réalisateurs pour la première sortie vidéo. Aucun making of à l’horizon, où que ce soit et c’est bien dommage.
Liste des bonus
Aucun.







