SMILE

Etats-Unis – 2022
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Parker Finn
Acteurs : Kyle Gallner, Caitlin Stasey, Sosie Bacon, Robin Weigert, Jessie T. Usher
Musique : Cristobal Tapia de Veer
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Digital 5.1 français, italien, espagnol…
Sous-titre : Français, anglais, italien, espagnol…
Durée : 115 minutes
Distributeur : Paramount
Date de sortie : 8 février 2023
LE PITCH
Après avoir assisté à un incident traumatisant impliquant un patient, le Dr Rose Cotter se met à vivre des évènements effrayants qu’elle ne peut expliquer. Alors qu’une terreur écrasante s’empare de sa vie, Rose doit affronter son passé afin de survivre et d’échapper à sa nouvelle réalité terrifiante.
Rictus
Les concepts simples font bien souvent les meilleurs films d’horreur, et clairement avec Smile le débutant Parker Finn, repéré par son court métrage primé Laura n’a pas dormi, a ferré un gros poisson. Tout est dans le titre puisqu’ici la plus grande menace visible à l’écran reste un simple sourire.
Enfin simple… Un sourire qui se fige sur les visages d’inconnus ou de proches et dont la crispation irréelle, presque douloureuse, vient bien souvent révéler une douleur profonde et enfouie. Derrière les sourires de façade se cache ainsi des traumas que les pressions sociales, professionnelles ou familiales, imposent d’écarter poliment afin d’être accepté. Un sous-texte plutôt intéressant qui se donne ici la forme d’une nouvelle malédiction contaminante qui fait tout autant penser au Ring japonais qu’aux allusions aux MST de l’excellent It Follows. Même si un croquemitaine franchement flippant et terriblement grotesque prendra finalement corps dans une dernière bobine plus démonstrative et cauchemardesque, Smile se veut donc un film d’horreur relativement minimaliste. A ce titre-là, la très réussie séquence d’ouverture, hérité justement du court métrage de Finn et largement mis en avant dans les bandes annonces et autres extraits promotionnels, privilégie une mise en scène carré, discrète mais précise. Un face-à-face relativement calme entre patiente en plein hystérie et la psychiatre Rose Cotter qui, témoin du suicide sanglant de la jeune femme, va à son tour être hanté par des visions plus que troublantes.
There is something on your face
Classique, sobre, efficace, cependant rapidement rattrapé par ses propres limites car si Smile s’efforce par la suite de jouer la carte du doute entre surnaturel et folie et de construire un personnage principal plus élaboré qu’à l’accoutumé (et un triangle amoureux qui a du sens), il peine à préserver ses bonnes intentions et son intensité tout au long de ses deux heures un peu poussives. Surtout, en voulant impérativement souligner des aspirations psychologiques, il peine véritablement à installer sa propre mythologie horrifique, entre une enquête à rebours de la protagoniste assez laborieuse, et des plans chocs, jump scares officiés comme des passages obligés, disséminés à intervalles régulières et syndicales. L’ultime confrontation, dans une cabane abandonnée et presque uniquement éclairée par une lampe à huile, renvoi merveilleusement à une tradition plus ancienne et plus scabreuse, mais semble tout autant presque faire hors-sujet avec les thématiques et les schémas esthétiques mis en place dans le métrage. Un peu comme si les volontés du jeune réalisateur se voyaient constamment piratées par les recettes de Conjuring et sa clique assenée à la masse par le cahier des charges du studio.
Effectivement on ne peut plus intéressant et pertinent dans son illustration de l’un des grands maux du monde moderne, Smile sait se faire oppressant, inquiétant, intelligent même parfois, mais peut tout aussi bien délivrer quelques séquences totalement foirées (Rose Vs sa propre psy…) et semble en bout de course ne plus trop savoir là où il voulait en venir.
Image
Smile profite d’une superbe source numérique et d’un traitement extrêmement poussée pour son arrivée sur support UHD. Avec une source capturée en 6.5K par une caméra Arri Alexa, le film se plie plus qu’aisément aux contraintes du format et surtout dépasse de quelques belles coudées le Bluray pourtant solide en faisant disparaitre toute trace de bruit disgracieux. Ici l’image est d’une précision absolue, les textures admirablement soulignées et le rendu très naturel. Mais c’est surtout dans la dernière bobine que la copie 4K en met plein les yeux avec une photographie intensément sombre, renfermée, qui dévoile une netteté totale et une richesse de couleurs uniquement possible grâce à l’apport du Dolby Vision.
Son
Comme trop souvent la version française doit se contenter d’un ridicule petit Dolby Digital 5.1 qui parait plus qu’anachronique sur UHD, là où la version originale se déploie largement sur un Dolby Atmos toujours aussi généreux. Un standard toujours aussi impressionnant sur des films d’horreur où l’atmosphère sonore est particulièrement mise en avant. Ici des ambiances contemporaines où les dissonances se font de plus en plus présentes, des jaillissements impeccablement soulignés par une dynamique fluide et puissante…. Très efficace.
Interactivité
Bonne idée de présenter ici le court métrage original de Parker Finn, Laura n’a pas dormi, qui convainc la Paramount d’investir dans le projet Smile et qui servit de base à son développement et en particulier à sa séquence introductive. Il en est d’ailleurs beaucoup question autant dans le commentaire audio du réalisateur que dans le making of principal, qui rejoint cependant un peu trop rapidement les habituels propos promotionnels. On plonge ensuite un petit temps du coté du travail musical de Cristobal Tapia de Veer, avant de découvrir deux scènes coupées venant surtout étoffer la relation entre Rose et son fiancée et souligner leurs mondes professionnels diamétralement opposés.
Liste des bonus
Commentaire audio de Parker Finn, « Rose a quelque chose qui cloche » : making of (29′), « Des mouches sur le mur » : au cœur de la musique (9′), Scènes inédites (12 », Court métrage : « Laura n’a pas dormi » avec introduction de Parker Finn (« Laura Hasn’t Slept », 2020, 11′).