SILVERADO

Etats-Unis – 1985
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Western
Réalisateur : Lawrence Kasdan
Acteurs : Scott Glenn, Kevin Kline, Kevin Costner, John Cleese, Brian Dennehy, Danny Glover, Jeff Goldblum, Linda Hunt…
Musique : Bruce Broughton
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais Dolby Atmos, DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0, Français, Allemand et Italien Dolby Digital 5.1
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Italien…
Durée : 133 minutes
Editeur : Sony Pictures
Date de sortie : 15 octobre 2025
LE PITCH
A la fin du XIXe siècle, au Far West. Emmett se dirige vers Silverado. En cours de route, il vient en aide à Paden, un aventurier. Les deux hommes font équipe afin de délivrer Jake, le jeune frère d’Emmett. Bientôt, Mal, un cowboy noir se joint à la petite bande…
La chevauchée héroïque
Véritable fantasme cinéphilique, nourri de nostalgie admirative, Silverado était une totale anomalie à sa sortie en 1985 alors que le genre était moribond depuis l’échec retentissant de Les Portes du paradis de Michael Cimino. Traité comme une grande aventure et porté par un casting de fou, Silverado reste cependant un pur plaisir qui comme les grands westerns, semble se bonifier avec le temps.
Incontournable scénariste de L’Empire contre-attaque et des Aventuriers de l’arche perdue passé à la réalisation avec le néo noir La Fièvre au corps et le film de potes par excellence Les Copains d’abord, Lawrence Kasdan est, comme ses camarades Lucas, Spielberg ou Coppola, un fervent cinéphile et un grand nostalgique de l’âge d’or des studios. Son approche du western se fait donc en premier lieu par celui du souvenir et de son regard d’enfant, dégustant les grands classiques de John Ford, Les 7 Mercenaires, L’homme aux colts d’or ou découvrant les plus réalistes et violent cousins italiens. Et c’est clairement ces sensations de fascination et d’excitation qu’il s’efforce de revitaliser dans Silverado, western presque post-moderne, en tout cas extrêmement conscient de son genre et de ses archétypes, qui tout au long d’un scénario qui part dans tous les sens multiplie les passages attendus entre cavalcades, duels dans la rue désertique, attaques à mains armées, cascades, assaut d’une maison en feu, rixe dans le saloon ou le bordel, évasion…Tout y est ou presque, non pas égrené comme un catalogue, mais bien avec une énergie et un plaisir des plus communicatifs. Kasdan joue sur la corde sensible des grands classiques et réinvestit avec bonheur le bon vieux cinémascope d’autrefois, donnant corps à un monde de l’ouest aux apparences, malgré les barbes des protagonistes, assez propres et très loin des excès décadents ritals avec sa photographie lumineuse et sa violence presque BD.
Les as de la gâchette
Surtout, il réactive la fibre héroïque du genre, installant une nouvelle bande des quatre cowboys disparates et ultra charismatiques dont les talents finiront par s’opposer à l’inénarrable shériff ripou et son gang de propriétaires terriens sans foi ni loi dans la ville de Silverado. Kevin Kline est impeccable en ancien truand repenti, parfois encore moralement ambiguë. Scott Glenn s’impose sans peine en écho des vieux héros taiseux. Dany Glover apporte beaucoup de noblesse à un personnage souvent maltraité pour sa couleur de peaux. Mais c’est inévitablement le tout jeune Kevin Costner, encore peu connu, qui vole souvent la vedette en chien fou excité, as de la gâchette et séducteur invétéré. Un quatuor inoubliable accompagné de quelques pointures toutes aussi marquantes comme Brian Dennehy imposant et sinueux, Jeff Goldblum mielleux à souhait en jouer et traitre professionnel, Linda Hunt en tenancière de bar extrêmement attachante et même un John Cleese assez fabuleux en shérif flegmatique croisé en cours de route. Seule la jolie Rosana Arquette, sous exploitée, semble avoir un peu de mal à faire sa place dans ce large tableau. Le film pourrait craquer sous le trop plein, et pourtant tout fonctionne à merveille, optant effectivement plus pour le rythme trépidant de l’aventure que les élans contemplatifs et introspectifs du western moderne. Dialoguiste extrêmement doué et pointu, Kasdan joue tout aussi fermement sur une réalisation iconique et diablement efficace, forcément entrainée par les musiques épiques d’un Bruce Broughton (Le Secret de la pyramide, Monster Squad, Tombstone…) qui s’échappait enfin du cadre télévisé pour signer l’une de ses meilleures partitions.
Et au-delà de ces qualités intrinsèques, Silverado est effectivement le film sur lequel John Cleese se mit à imaginer l’excellente comédie Un Poisson nommé Wanda suite à sa rencontre avec Kevin Kline, tandis que le « petit » Kevin Costner y appris ses gammes pour préparer son futur Danse avec les loups. Ce dernier et Kasdan se retrouveront d’ailleurs 10 ans plus tard pour produire le beaucoup plus sérieux, mais finalement assez proche dans sa trame, Wyatt Earp autour du duel à O.K. Coral.
Image
Silverado était déjà en son temps l’un des meilleurs Bluray du catalogue Sony. Il est aujourd’hui certainement l’une de ses meilleurs restaurations 4K…. Si ce n’est la meilleure. Reparti à la source avec un scan 4K des négatifs 35mm, le film a connu un nettoyage approfondi, une stabilisation totale des cadres et un réetalonnage extrêmement respectueux du matériel initial. Rien de bien nouveau soit, mais ici tout est à sa place, avec un cinémascope à la profondeur vertigineuse (on se croirait physiquement dans les rues de l’ouest), une incroyable finesse dans la restitution des détails, des matières et textures et une revivification des couleurs en Dolby Vision qui donne la sensation de redécouvrir un film totalement neuf. Splendide de bout en bout, cinématique en diable (les argentiques resplendissent) avec juste ce qu’il faut de maintien des aspérités de la pellicule et un grain organique et vibrant. Très impressionnant.
Son
Si la version doublée française, parfaitement réussie, reste un peu coincé malheureusement dans un Dolby Digital 5.1 qui peut sembler un peu trop propre, la version originale en plus de ses prestations DTS HD Master Audio 2.0 et 5.1 se voit désormais dotée d’une toute nouvelle prestation Dolby Atmos. Là aussi, on n’est pas loin de la révélation avec une source extrêmement claire et rigoureuse, mais aussi et surtout une réinterprétation admirable de la dynamique générale du film. Sans jamais trahir l’objet, le mixage développe une spatialisation et des ambiances toujours incarnées, énergiques et naturelles.
Interactivité
Si on excepte le bande annonce du film, le disque UHD de Silverado ne contient aucun véritable bonus. Pour ces derniers, il faut donc se tourner vers le disque Bluray qui contient les suppléments déjà connus que sont la discussion cinéphile avec Kevin Costner qui évoque ses souvenirs du tournage et surtout tout ce qu’il y a appris sur le métier de réalisateur aux cotés de Kasdan, et un très bon making of rétrospectif revenant sur les origines du film, ses influences, les acteurs, le tournage et sa pérennité avec quelques images des coulisses à la clef.
Liste des bonus
« Retour à Silverado avec Kevin Costner » (21’), Making of (37’), Bande annonce.






