SHADOW IN THE CLOUD

Nouvelle Zélande – 2021
Support : Bluray
Genre : Aventure, Fantastique
Réalisatrice : Roseanne Liang
Acteurs : Chloé Grace Moretz, Nick Robinson, Taylor John Smith…
Musique : Mahuia Bridgman-Cooper
Durée : 83 minutes
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Editeur : Metropolitan Film & Video
Date de sortie : 15 avril 2021
LE PITCH
Une jeune pilote embarque dans un avion avec un mystérieux sac noir. Son équipage est entièrement composé d’hommes odieux. Ils vont, pourtant, devoir tous faire face à une embuscade japonaise mais aussi à une mystérieuse entité maléfique.
Gremlins Origins
Survolant les cinémas pour passer directement par les cases VOD et DVD-Blu-ray, Shadow In The Cloud débarque chez nous après plusieurs déboires. Avec son pitch (et son budget) de série B, le film est vendu comme un petit divertissement horrifique et efficace mais qui, hélas, pèche souvent par excès de zèle.
Le mythe du Gremlins n’est pas né en 1984 avec le film de Joe Dante, il existait déjà depuis plusieurs décennies et prend sa source pendant la Seconde Guerre Mondiale, dans le milieu de l’armée de l’air Britannique, la Royal Air Force. En effet, c’est au cours de la convalescence d’un de leur pilote (un certain Roald Dahl) suite à un crash, que celui-ci va écrire une histoire mettant en scène un Gremlin, une créature s’amusant à saboter tous les appareils techniques qui lui tombent sous la patte et notamment les avions. Cette légende vient d’une vraie tradition entre les pilotes qui s’amusaient à accuser les bestioles de toutes les avaries techniques dont ils étaient victimes. Roald Dahl, développera autour de ce récit un projet d’adaptation en film d’animation avec Walt Disney qui n’aboutira jamais mais les créatures apparaitront quand même chez le concurrent Warner, dans un cartoon de Bugs Bunny. Un cartoon qui apparaitra dans Gremlins 2, histoire de boucler la boucle. Mais avant le film de Joe Dante, les Gremlins avaient déjà fait des apparitions en live. D’abord sur le petit écran, dans La Quatrième Dimension avec l’un des épisodes les plus marquant, Cauchemar à 20 000 Pieds, réalisé par Richard Donner qui mettait en scène un personnage interprété par un tout jeune William Shatner, pris au piège dans un avion de ligne où il est le seul témoin des exactions d’un gremlin sur l’aile de l’appareil. Cet épisode sera ensuite remaké dans le film La Quatrième Dimension de 1982, cette fois mise en scène par George Miller avec John Lightgow. Et c’est bien cette histoire qui sert de principale source d’inspiration à Shadow In The Cloud.
Y-a-t-il un pilote dans le B-57 ?
L’histoire revient donc aux sources de la légende puisqu’elle met en scène une mécanicienne de l’armée de l’air en prise avec un de ses fameux Gremlins lors d’un vol qui sera très mouvementé. Comme dans l’épisode de La Quatrième Dimension, Maude, le personnage incarné par Chloé Grace Moretz, sera durant une grosse partie du film la seule témoin de l’existence du Gremlin, à cause de son isolement dans la tourelle de l’avion. Cet isolement constitue la meilleure partie du film, car la caméra ne la lâchera jamais et le reste de l’équipage n’existera que par l’entremise de la radio. Une bonne idée, très « série B » dans l’esprit mais qui hélas souffre constamment d’un fort déséquilibre entre l’intention et la forme.
Si ce type d’histoire marchait parfaitement bien dans un format de court-métrage de 20min, dans un long-métrage, même plutôt court (1h20), l’histoire se trouve rallongée avec des péripéties externes qui parasitent le déroulement plutôt que de le développer. On retrouve donc une courte scène de gunfight aérien, totalement logique dans le contexte historique mais qui a lieu alors que le gremlin a déjà fait son apparition et attaqué l’héroïne. La scène perd alors beaucoup en force, puisque la principale menace est déjà connue, un peu comme si l’attaque du village dans Predator (qui semble être une référence vue que son générique de fin est ici repris) avait lieu après l’apparition du monstre. Une autre sous-intrigue concerne le mystère autour du coffre que transporte Maude, là-aussi c’est un élément intéressant dans le traitement réaliste du personnage et de l’époque, qui subit la misogynie crasse de l’équipage mais il est aussi au cœur de la scène la plus cartoonesque du film où les lois de la physique (et la suspension d’incrédulité) sont fortement mises à l’épreuve. Le genre de scène qui peut marcher parfaitement dans un film comme La Momie ou Indiana Jones mais qui ici se heurte au réalisme qu’il cherchait à insuffler auparavant.
Il reste tout de même dans le film quelques idées sympathiques, le design du Gremlin plutôt réussi, une jolie photographie, une Chloé Grace Moretz qui se donne à fond dans son rôle et qui porte vraiment le film sur ses épaules et une indéniable générosité. Il est juste dommage que le fond du film, la dénonciation du traitement de la femme dans la société, très bien illustrée par l’enfermement de Maude dans la tourelle, entre en contradiction avec sa forme, les scènes qui la révèlent en héroïne, alors qu’elles auraient dû en être la suite logique et organique.
Image
Rien à redire au niveau de l’image, le film est très récent et le bluray en fournit un excellent rendu. La jolie photographie de Kit Fraser, très marquée « EC comics » est parfaitement bien rendu, les contrastes sont bien gérés et les différents jeux de lumières très agréables à l’œil.
Son
Comme pour l’image, Metropolitan ne fait pas les choses à moitié et nous propose les deux pistes, VO et VF, en DTS-HD Master Audio 5.1. De quoi faire trembler votre salon que ce soit au niveau des fusillades et des explosions lors des scènes d’action, des silences pendant les suspens ou lors des dialogues plus calmes au travers de la radio le mixage reste parfaitement équilibré et vous donnera l’impression d’être coincé dans la tourelle avec l’héroïne du film.
Interactivité
L’édition ne propose que deux modules, un making-of assez court (18 minutes) et dont la moitié se compose principalement d’autocongratulations de la part de l’équipe, le producteur, la réalisatrice et l’actrice. La deuxième moitié aborde les problèmes logistiques du tournage notamment le fait de tourner dans un lieu très étroit comme la tourelle mais reste, hélas, trop en surface pour être intéressant.
Le deuxième bonus est un tour du plateau de tournage en compagnie d’un des acteurs (Benedict Wall) qui n’a pas vraiment le temps d’être exhaustif puisque ça dure moins de trois minutes. Les bonus se concluent avec des bandes-annonces des dernières nouveautés de Metropolitan.
Liste des bonus
Making of (18’), Suivez le guide (2’41).