SHADOW FORCE

Etats-Unis – 2025
Support : Bluray
Genre : Thriller, Action
Réalisateur : Joe Carnahan
Acteurs : Omar Sy, Kerry Washington, Jahleel Kamara, Mark Strong, Da’Vine Joy Randolph, Method Man…
Musique : Craig DeLeon
Image : 2.39 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 104 minutes
Editeur : Metropolitan Film & Video
Date de sortie : 18 septembre 2025
LE PITCH
Un couple séparé dont la tête est mise à prix, doit s’enfuir avec leur fils pour éviter une milice qui a été envoyée pour les tuer.
Marche à l’ombre
Omar Sy deviendrait-il la nouvelle tête de proue d’un sous genre de DTV dont personne ne veut ? Après le pas si mal remake de The Killer par John Woo himself, le voici en tête d’affiche du dernier Joe Carnahan. L’acteur français est manifestement prêt à en découvre… mais où est passé l’action ?
Car malheureusement, un peu comme John Woo mais en pire, Joe Carnahan n’est clairement plus le metteur en scène qu’il était. En tout cas le fossé qui le sépare du cinéaste d’action qu’il aurait pu devenir ne fait que se creuser. Il est loin le temps des Narc, Mise à prix ou Le Territoire des loups et après l’anecdotique Boss Level, Carnahan enfonce le clou de son propre cercueil avec cet étrange actionner qui se traine depuis près de six ans en multiples réécritures et relances de production. Pourtant il n’y a pas ici grand-chose de bien neuf à raconter, le trip rejouant à nouveau l’acte de rébellion de deux anciens assassins d’une organisation secrète dont la romance a provoqué les foudres de leur grand patron barbouze (et on le comprend très vite très très méchant), les obligeants à disparaitre de la circulation. Pendant que lui restait auprès de leur fils, elle entamait, à priori plutôt laborieusement, une longue quête pour éliminer dans l’ombre tous ceux qui pourraient leur nuire. Bien entendu, un petit braquage de banque où monsieur et le fiston se retrouvent par inadvertance et tout ce beau monde se remet en tête de définitivement les enterrer.
Balles perdues
Tandis que Mark Strong nous livre une caricature de lui-même dans le rôle du boss de fin fulminant et rancunier, la coproductrice Kerry Wahington (Django Unchained, Scandal…) tente difficilement de nous faire croire à la mama badass, au milieu d’un défilé de seconds rôles sous ou sur développés de manière inconsistante (Da’Vine Joy Randolph amuse sans doute en alliée coriace mais ne sert pas à grand-chose) et d’un univers de tueurs professionnels qui rêverait d’avoir la présence d’un épisode de John Wick. Les dialogues se perdent dans les multiples expositions et ne font que souligner la vacuité des personnages. Il n’y a bien finalement qu’Omar Sy qui arrive à sortir un peu son épingle du jeu lors de ses nombreuses scènes de connivence avec le jeune acteur Jahleel Kamara, faisant résonner une petite fibre paternelle mignonne et touchante, et même pourquoi pas un semblant de souriante émotion.
Ce sont ces petites scénettes familiales, un peu mélo qui sont les plus réussies dans Shadow Force pourtant vendu comme une pure série B d’action. Triste, le braquage de banque qui tourne au massacre nous sera escamoté et réservé à quelques effets sonores et une caméra de sécurité, et il faudra attendre la seconde moitié du film pour que les choses se corsent un peu. Un peu. La grande poursuite en véhicule blindé (pourtant survendu durant quelques minutes d’intro) tourne court et le grand final, sur une ile paradisiaque et colorée, se perd dans un montage surcuté, sans gestion de l’espace et du rythme avec une bonne dose d’images de synthèses craignos par-dessus. Un long climax qui n’en fini pas de sombrer.
Difficile de prendre son pied là-dedans et le terrible échec du film dans les salles américaines, suivi d’un passage direct sur Amazon Prime chez nous, s’explique sans mal. Ce que l’on explique plus difficilement est comment un cinéaste comme Joe Carnahan dont justement la solidité des scènes musclés, plutôt inventives, généreuses et autrefois percutantes, a pu en arriver là. Espérons vraiment que le prochain The Rip, polar plus terre-à-terre avec les copains Matt Damon et Ben Affleck, lui permettra de retrouver son âme de bon artisan.
Image
Production numérique souvent aux airs de DTV un peu musclé (la diffusion sur Prime Video confirme la sensation), Shadow Force assure assez honorablement en Bluray affichant une copie HD tout à fait solide et colorée. Les noirs tiennent assez bien, le piqué est plutôt constant, les contours restent naturels et les textures tout autant. Efficace au moins.
Son
Carrées et plutôt dynamiques, les deux pistes DTS HD Master Audio 5.1 accompagnent le spectacle du mieux qu’elles peuvent. La spatialisation est plutôt bien dosée, avec des dialogues qui ne se contentent jamais d’être statiques et les quelques scènes d’action développent des prestations plus percutantes et généreuses, quitte même parfois à sembler plus costaudes que les images. On privilégiera franchement la version originale cependant où l’alternance entre le parlé américain et de nombreux échanges en français donnent un peu plus d’existence et de réalisme aux personnages.
Interactivité
Étrangement, aucun des suppléments disponibles aux USA (commentaire audio et featurettes thématiques) ont survécu jusqu’à nous.






