SABOTAGE

Canada – 1996
Support : Bluray
Genre : Action
Réalisateur : Tibor Takàcs
Acteurs : Mark Dacascos, Carrie-Ann Moss, Tony Todd, Graham Greene, John Nevill, James Purcell…
Musique : Guy Zerafa
Durée : 99 minutes
Image : 1.77 16/9
Son : Anglais & Français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Editeur : Metropolitan Film & Video
Date de sortie : 14 novembre 2025
LE PITCH
Michael Bishop est le seul survivant d’une mission commando qui a mal tourné. Soupçonnant un sabotage en interne, ses supérieurs décident d’étouffer l’affaire. Après des années de convalescence, Bishop a entamé une nouvelle vie en tant que garde du corps. Son expérience et ses compétences font de lui le meilleur dans ce domaine. Pourtant ses clients commencent à mourir violemment. Le passé se répète et Bishop va devoir faire face à une sombre conspiration…
Black Ops
Drôle de choix pour Metropolitan, en cette fin d’année 2025, que de ressusciter en bluray un obscur DTV de 1996, à ce point oublié qu’il n’a même pas eu les honneurs d’une toute petite page Wikipedia ! Mais faisons fi de cette bizarrerie de programmation pour nous pencher sur le cas d’un actionner 90’s somme toute très honorable, conçu pour capitaliser sur l’aura d’un Mark Dacascos tout juste sorti du Crying Freeman de Christophe Gans.
Il fut un temps – celui du Pacte des Loups – où l’on aurait pu croire que la carrière de Mark Dacascos allait enfin décoller et que cet artiste martial charismatique, originaire d’Honolulu, deviendrait une véritable star du cinéma d’action. Ce ne fut malheureusement jamais le cas et Dacascos, aujourd’hui âgé de 61 ans, s’est au final construit une carrière discrète, composée pour la grande majorité de films tournés pour le marché de la vidéo et d’apparitions sur le petit écran. Oublié des Expendables de Stallone & Cie (alors qu’il y avait pourtant sa place), il s’est néanmoins fendu d’un rôle mémorable de bad guy au crâne rasé dans le troisième volet de la franchise John Wick. Ceinture noire 4ème dan de Kajukenbo (un mélange de karaté, de kung-fu et de judo, né à Hawaï dans les années 50), Mark Dacascos est le fils d’un émigré philippin, Al Dacascos, fondateur du Wun Hop Kuen Do, une sous-branche du Kakujenbo, et de Moriko Mc Vey-Murray, métisse irlando-japonaise. Un mélange pour le moins étonnant qui lui vaut d’être remarqué par des assistants du réalisateur Wayne Wang. Après quelques années de galère et de figuration, Dacascos goûte en 1993 à la célébrité en tant que tête d’affiche d’Only the Strong, film d’arts martiaux plutôt recommandable signé Sheldon Lettich (Full Contact et Double Impact avec JCVD) où il interprète un champion de capoeira défiant un gang de voyou qui terrorise un lycée. Puis vint le Crying Freeman de Christophe Gans, adaptation réussie d’un manga de Kazuo Koike. Puis vint Le Pacte des Loups, toujours réalisé par Christophe Gans et où il dominait sans sourciller de la tête et des épaules un all-star cast à la française. Puis … plus rien. Ou si peu.
Hitman & Bodyguard
Produit dans la foulée de Crying Freeman, Sabotage est à ranger dans le haut du panier des films d’action à petit et moyen budget que Dacascos enchaîne consciencieusement, histoire de faire bouillir la marmite. Il y joue un soldat d’élite reconverti en garde du corps, trois ans après un fiasco en Bosnie qui a bien failli lui coûter la vie. De nouveau confronté à Sherwood (Tony Todd), un mercenaire psychopathe, il fait équipe avec un agent du FBI (Carrie-Ann Moss) pour mettre à jour une conspiration nébuleuse. Et nébuleuse, le terme n’est pas choisi au hasard puisque le fin mot de l’histoire ne vole au final pas bien haut. Point faible du film, le scénario est dépourvu d’enjeux significatifs ou d’une toile de fond parfaitement définie. Il y est question de trafiquants d’armes, de la CIA et de vengeances mais tous ces éléments peinent à s’emboîter ensemble d’une manière convaincante.
Artisan sérieux, Tibor Takàcs masque la faiblesse de son intrigue par une mise en image musclée (moult explosions et fusillades filmées au ralenti et à la longue focale) et un rythme soutenu qui ne laisse pas le temps de se poser trop de questions. Sabotage se distingue aussi et surtout par un casting solide et impliqué. Outre un Mark Dacascos que l’on en viendrait presque à confondre avec le Brandon Lee de Rapid Fire (pas étonnant qu’il ait fini par endosser le costume d’Eric Draven dans la série dérivée de The Crow!), Tony Todd s’impose en tueur à gages sans pitié, cabotinant juste ce qu’il faut. On retrouve aussi une Carrie-Ann Moss déjà singulièrement bad ass, trois avant Matrix, un Graham Greene qui prend plaisir à jouer les ordures haut gradés et un John Neville tout à fait impayable en barbouze gay vieillissant et coincé dans un fauteuil roulant.
Typique des thrillers parano et boom boom des années 90 jusque dans ses moindres effets de styles, ce qui lui donne un certain charme, Sabotage se savoure sans accroc, un verre de whisky à la main, cigare au bec, et s’oublie presque aussitôt.
Image
Le bluray recycle un master propre mais sans éclat. Le plus souvent délavés, les noirs manquent d’éclat, la colorimétrie est terne et la définition n’est pas toujours en grande forme. En béton armé, la compression compense heureusement tous ces menus défauts.
Son
Avantage et KO technique pour le mixage original aux basses bien rondes, aux explosions qui font ronronner les enceintes et aux rafales de mitraillettes carrément exagérées. Un DTS-HD tout à fait fidèle au matraquage acoustique d’une décennie qui ne faisait pas dans la dentelle.
Liste des bonus
Aucun.





