RÊVES SANGLANTS

The Sender – Royaume-Uni – 1982
Support : Bluray & DVD
Genre : Fantastique
Réalisateur : Roger Christian
Acteurs : Kathryn Harrold, Zeljko Ivanek, Shirley Knight, Paul Freeman, Sean Hewitt, Harry Ditson…
Musique : Trevor Jones
Image : 1.78 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio mono
Sous-titres : Français.
Durée : 92 minutes
Editeur : Rimini Éditions
Date de sortie : 12 juillet 2025
LE PITCH
Un malade mental suicidaire, The Sender, transforme ses terribles cauchemars en réalité en choisissant des récepteurs pour ses pensées démentes à l’hôpital du coin.
Phase paradoxale
Véritable curiosité du début des années 80, Rêves sanglants explorait déjà, comme son titre l’indique, la frontière entre le réel et les songes deux ans avant le bien plus célèbres Les Griffes de la nuit de Wes Craven. C’est aussi un premier film étonnement réussi pourtant réalisé par le futur auteur de l’atroce Battlefield Earth. Comme quoi…
Il faut rappeler cependant, qu’avant de devenir un petit réalisateur bis très inégal (Nostradamus, Compte à rebours et Masterminds sont le haut du panier), Roger Christian se fit largement remarquer pour son travail de directeur artistique (Mahler de Ken Russell, Alien, La Vie de Brian…) ou de décorateur sur le premier Star Wars ce qui lui valu d’ailleurs un Oscar. Il en gagna un second avec son court métrage The Dollar Botton. Une carrière qui commençait sous les meilleurs auspices donc et qui devait se concrétiser par un premier long métrage particulièrement attendu. Mais à une époque où le cinéma de genre se vautre dans les meurtres mécaniques du slasher et multiplie les effets gores à outrance, le jeune réalisateur choisit d’adapter le roman fantastique de Thomas Baum, The Sender, d’en préserver l’étrange tonalité mélancolique et de mettre en avant plutôt une forme d’ambiance onirique plutôt que les enchainements d’effets chocs.
Thérapie du sommeil
Certains sont bel et bien présents puisque la faculté du jeunes John Doe recueilli en hôpital psychiatrique est de transmettre ses rêves, ou plutôt ses cauchemars, aux personnes autour de lui. Invasion de cafards ou de rats, apparitions fantomatiques, miroirs qui pleurent du sang, explosion cinétiques spectaculaire durant une tentative de lobotomie… Les effets spéciaux toujours très efficaces et la mise en scène en font de beaux moments de tension, mais ils ne sont pas réellement le cœur du métrage qui s’apparenteraient plus à un film fantastique psychologique, voir même à un thriller médical où la question n’est pas de survivre à un mal quelconque mais bien de découvrir la cause des tourments de ce jeune homme amnésique. Un récit en grande partie inspiré par la jeunesse même de l’auteur du roman, victime d’une mère castratrice et agoraphobe qui l’obligeait à se couper du monde, et qui prend donc des cheminements assez freudiens (du moins autant qu’un Psychose) pour venir éclairer une opposition entre les apparitions de la figure maternelle et le transfert qui s’opère envers une praticienne très concernée. Le film ne va pas toujours au fond de ses idées, aurait pu mieux développer ses personnages (même si certains autres patients, dont le vétéran du Vietnam persuadé que la guerre continue, sont plutôt attachants) et surtout se montre moins surprenant dans sa seconde partie, mais il préserve tout du long une personnalité assez originale, hors des sentiers battus, qui fait tout son charme.
Doté d’une réalisation très soignée, d’une interprétation convaincante où on reconnait l’excellent Paul Freeman (fameux Belloq du premier Indy), de saillies horrifiques maitrisées mais aussi d’une superbe bande originale, inquiétante et triste, signée par le désormais trop rares Trevor Jones (Dark Crystal, Le Dernier des Mohicans, Mississipi Burning…), Rêves sanglants est un joli film fantastique qui mérite effectivement d’être redécouvert. Dommage que Roger Christian n’ait pas vraiment continué dans cette voie-là.
Image
Rimini reprend la même copie que les Américains d’Olive Films et que les Anglais d’Arrow, soit un master HD un peu étrange. Il est marqué par un bel effort de stabilisation des bords, un travail tout à fait appréciable sur la définition qui, en dehors de quelques plans plus softs, réussit à imposer un certain relief à l’image et plus généralement des textures assez agréables et naturel. Cependant on note du coté de la colorimétrie une carnation un peu trop rosée, ainsi qu’une absence de véritable restauration de l’image. Les cadres sont constamment traversés de divers spots et points blancs bien visibles, et même d’une belle griffure verdâtre à un moment.
Son
Honorables mais pas forcément des plus percutantes, les deux pistes monos distribuées en DTS HD Master Audio 2.0 accusent souvent leur âge avec un manque d’énergie notable. La version anglaise souffre de quelques dialogues un peu étouffés, mais heureusement les belles compositions de Trevor Jones surnagent aisément. La version française assez écrasée ne profite pas de son coté d’un doublage particulièrement pertinent.
Interactivité
Rimini inscrit tout logiquement Rêves sanglants dans sa grande collection de films fantastiques / horreur avec son désormais bien connu habillage récurrent sous la forme d’un digipack avec fourreau cartonné. Sur les disques Bluray et DVD aucun supplément vidéo à signaler malheureusement. faut donc pour recueillir quelques informations sur la création du film, les coulisses et les carrières des uns et des autres se tourner vers le livret bien fourni concocté par Marc Toullec.
Liste des bonus
Le livret « De tête à têtes » écrit par Marc Toullec (24 pages).






