RENFIELD

États-Unis – 2023
Support : Blu-ray
Genre : Comédie fantastique
Réalisateur : Chris McKay
Acteurs : Nicholas Hoult, Nicolas Cage, Awkwafina, Benjamin Schwartz…
Musique : Marco Beltrami
Durée : 93 minutes
Image : 2.39 16/9
Son : DTS HD Master Audio 7.1 Anglais, DTS HD High Resolution 7.1 Anglais, Français, Allemand, Italien…
Sous-titres : Français, Allemand, Italien
Éditeur : Universal
Date de sortie : 27 Septembre 2023
LE PITCH
Dans cette version moderne du mythe de Dracula, Renfield est l’assistant torturé du maître le plus narcissique qui ait jamais existé : Dracula. Renfield est contraint par son maître de lui procurer des proies et de pourvoir à toutes ses requêtes, mêmes les plus dégradantes. Mais après des siècles de servitude, il est enfin prêt à s’affranchir de l’ombre du Prince des ténèbres. À la seule condition qu’il arrive à mettre un terme à la dépendance mutuelle qui les unit.
Vampire, vous avez dit vampire ?
Si le nom de Dracula est connu de tous, ceux qui savent citer le nom de son serviteur sont bien moins nombreux. Histoire de rafraîchir la mémoire de chacun, sachez qu’il se nomme Renfield, et comme vous êtes perspicace, vous aurez vite compris que ce film lui est dédié… Quoique.
Ne faisons pas durer le plaisir ni le suspense que nous savons insoutenable, ne vous attendez pas à ce que ce Renfield entre au panthéon des œuvres linéaires permettant d’approfondir le personnage dans le respect de l’auteur. Ici, nous lorgnons plus sur le parodique, voir l’irrévérencieux. Déjà par sa temporalité ainsi que par sa géographie. Bye bye, l’époque victorienne et les châteaux gothiques de Transylvanie, l’action se transpose dans la Nouvelle-Orléans d’aujourd’hui. Soit. Pour ceux qui souhaiteraient se plonger dans une suite ou un spin-of du fameux Dracula de Francis Ford Coppola, il vaut mieux passer votre chemin. Pour les autres, restez un petit peu car si vous avez vu la bande-annonce du film, vous avez sans doute l’intention de partir illico. Pourtant, vous risqueriez de passer à côté d’une surprise plutôt agréable. On vous aura prévenu.
Le bal des acteurs
Max Schreck, Bela Lugosi, Christopher Lee, Gary Oldman, autant d’acteurs iconiques ayant prêté leurs traits au seigneur de la nuit. Aujourd’hui, nous pouvons ajouter celui de Nicolas Cage (même si on penserait plus le mettre à côté de Leslie Nielsen dans le Dracula, mort et heureux de l’être de Mel Brooks). Ne nous voilons pas la face, l’acteur est la principale attraction du film ; un peu comme le grand huit de la fête foraine. C’est d’ailleurs sur lui que la campagne de com’ s’est axée. Après avoir surpris son monde par sa sobriété dans l’excellent Pig, l’acteur semble conscient de son statut d’acteur looser mais culte. Contrairement à des acteurs comme Bruce Willis et consort, il ne se contente pas de simples apparitions dans ses films le mettant en vedette. Lucide, conscient de son statut, il tente son come-back en mode Jean-Claude Van Damme dans JCVD avec Un talent en or massif. Si le film est louable, on reste sur sa faim, le long-métrage n’allant pas aussi loin qu’il aurait fallu dans son concept. Buzz faisant, Universal débloque le budget plus que conséquent de 65M$ et le metteur en scène de Lego Batman, Chris McKay pour lancer la production. Quoi qu’il fasse, bon comme mauvais, Cage s’approprie toujours les rôles et garantit à son public son lot de mimiques incontournables. Les fans ne peuvent que jubiler à l’idée de le voir prendre à bras le corps le rôle de Dracula. Concentrer l’intérêt de Renfield à son acteur star serait méchamment réducteur d’autant plus qu’il n’est pas le rôle-titre. Nicholas Hoult, le Hank McCoy de la prélogie X-men, est Renfield, personnage que nous retrouvons dans une thérapie de groupe s’axant sur les relations toxiques (ici avec son « patron » Dracula). Son rêve d’indépendance et d’émancipation amène les scénaristes à s’en donner à cœur joie en le confrontant à une pseudo affaire criminelle où les bad guys sont tous aussi barrés les uns que les autres. Si Hoult s’en sort avec les honneurs dans la comédie pure, la palme revient sans contexte à Benjamin Schwartz (plus connu pour ses doublages ou ses séries TV), visiblement heureux d’être là, son énergie communicative emmène le film vers le burlesque. Mais Renfield va plus loin. Il assume encore plus son côté décomplexé par l’approche de ses effets spéciaux à l’ancienne à base d’hémoglobine et de maquillages outranciers Proportion gardée, on se retrouverait presque un quart de siècle en arrière avec le trio KNB (Greg Nicotero, Robert Kurtzman et Howard Berger-les artisans des sfx fait maison des années 90) . Du gore à gogo comme on aime.
Et si tout cela ne vous avait pas suffit, il suffit de voir la tête de ce bon vieux Nicolas Cage remplaçant celle de Bela Lugosi dans une intro hommage de la grande époque du muet pour s’en convaincre. Voilà donc une surprise comme on aime, l’anti-prise de tête qui amuse aussi bien ses acteurs sur le tournage que ses spectateurs dans leur canapé. C’est déjà bien davantage que pas mal de films.
Image
Tirée de sa source numérique 8K, l’image est comme souvent de nos jours devenue une norme de qualité. Que ce soit dans la séquence d’intro reprenant le noir et blanc des Lugosi au monde urbain tantôt obscur tantôt sous les néons du monde de la nuit. Elle reste irréprochable.
Son
Un réjouissant spectacle sonore où les ambiances, show des acteurs et démembrements divers s’en donnent à cœur joie. Spatial et dynamique, le son sait très bien remplir l’espace sans être tonitruant.
Interactivité
Des bonus calibrés mais suffisamment nombreux pour prolonger le film avec une bonne poignée de scènes coupées qui auraient pu s’inscrire dans le montage de départ accentuant encore plus l’aspect parodique du film. S’ensuivent les modules servant de making of et un plus réjouissant sur les effets spéciaux avec ce bonheur de les voir réalisés à l’ancienne.
Liste des bonus
Scènes coupées et versions longues 17′, Prises alternatives 3′, Dracula libéré 4′, Des monstres et des hommes 12′, Cures de rajeunissement 6′, De chair et de sang 5′, Combat déloyal 6′, Making of d’une scène 3′, Commentaire audio.