QUAND SIFFLE LA DERNIÈRE BALLE

Shoot Out –USA -1971
Support : Bluray & DVD
Genre : Western
Réalisateur : Henry Hathaway
Acteurs : Gregory Peck, Patricia Quinn, Robert F. Lyons, Susan Tyrell
Musique : Dave Grusin
Durée : 94 min
Image : 1.85
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 2.0
S-T : Français
Editeur/distrib. : Sidonis Calysta
Date de sortie : 16 février 2023
LE PITCH
Un homme, Clay Lomax, sort de prison après avoir purgé une peine de 8 ans et veut se venger de Sam Foley, un complice qui l’a trahi. Mais au passage, il lui échoit la petite fille de 7 ans de la femme qu’il avait aimé avant son incarcération et qui est morte entre temps. Donc il lui reste à poursuivre son objectif, avec une petite fille dans les pattes, et une bande de tueurs à ses trousses engagés par le fameux traitre.
Baroud d’honneur
Décidément, le hasard du calendrier permet au cinéphile distrait de redécouvrir ou mieux de réévaluer l’un des plus sous-estimés des cinéastes de l’âge d’or d’Hollywood. Après les éditions de ses œuvres de jeunesse sorties l’année dernière chez Eléphant Films et avant la réédition collector du Plus grand chapiteau du monde que nous concocte Rimini, l’éditeur Sidonis nous sort en HD Quand siffle la dernière balle, l’avant-dernier film d’Henry Hathaway.
Des années trente aux années soixante-dix, le réalisateur a roulé sa bosse sur cinq décennies surfant parmi de nombreux genres avec la même aisance. Parmi ceux-ci, les westerns ont une place particulière. D’une part, c’est un genre qui a lancé sa carrière et d’autre part c’est le point culminant de son parcours puisqu’il a permis à John Wayne d’obtenir son unique Oscar en 1969 pour le film 100 dollars pour un sheriff (que les frères Coen remakerons sous son titre original True Grit). A 70 ans passés, Hathaway sent la fatigue monter et commence à tourner en mode pilotage automatique. Le succès public et critique presque inespéré de son True Grit aurait pu clore sa carrière en beauté. Mais après tant d’années passées sur les plateaux, difficile de s’arrêter. Sans doute par soucis d’opportunité et de facilité, les producteurs lui proposent un dernier western avec Gregory Peck. Comme pour le film avec John Wayne, le scénario prévoit de ratisser large en lui mettant à nouveau dans les pattes une petite fille sur fond d’histoire de vengeance.
Compromis
Comme dit précédemment, le scénario ne prêche pas l’originalité et nous avons connu Henry Hathaway plus inspiré. Le début des années soixante-dix n’est plus propice aux westerns classiques. Sergio Leone est passé par là et le public se tourne vers d’autres horizons. Le genre vit sur son prestige d’antan. Pour le moderniser on lui insuffle une violence sèche à la Sam Peckinpah qui ne sied pas vraiment au style d’Hathaway. Mis à part Gregory Peck fidèle à lui-même, le casting composant les trois malfrats ressemble plus aux trois stooges qu’à des durs à cuire. Pas facile de croire à la menace qu’ils représentent. La mise en scène un tantinet statique fait quant à elle preuve de cadrage particulièrement léché avec des profondeurs de champ et un sens du détail inspirés. Et si certaines scènes peuvent sembler maladroites comme celle en flash-back illustrant le passé du protagoniste, Hathaway s’affranchit du cahier des charges voulu par la production dans son dernier acte. Le réalisateur prouve qu’il n’est jamais plus à l’aise que lorsqu’il s’agit de faire monter la pression par le suspense du huit clos. Il l’a déjà prouvé auparavant à plusieurs reprises dans des films comme L’attaque de la malle-poste ou 14 heures. Cette fois-ci il réitère l’exercice par un concours digne de Guillaume Tell avec des bandits tirant sur des tasses posées à même des têtes d’enfant. La séquence vaut elle seule le visionnage.
Chant du cygne d’un vétéran de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, Quand siffle la dernière balle, s’il reste un film mineur dans la carrière de son metteur en scène fatigué, montre s’il fallait encore le prouver que ce mercenaire des studios ne s’effacera jamais totalement derrière la routine.
Image
Tournée en Technicolor, la copie de Quand siffle la dernière balle en respecte admirablement la chaleur. Si le piquet reste probant certains plans restent par moment flous. Néanmoins le master reste de bonne qualité avec un grain de pellicule bien travaillée.
Son
Les dialogues et les ambiances sont de très bonnes tenues sur la VO. Comme souvent ceux-ci sont plus en retrait et un tant soit peu plus sourds sur la piste française.
Interactivité
Repris de l’édition sortie en 2013, le film est présenté par l’incontournable Patrick Brion qui fidèle à son habitude resitue le film dans son époque. Une toute nouvelle intervention de Jean-François Giré vient compléter cette nouvelle édition. Celui-ci plus enthousiaste que son illustre collègue fait ressortir le travail du réalisateur dans ce film de commande.
Liste des bonus
Présentation du film par Patrick Brion 7’, présentation du film par Jean François Giré 11’, bande annonce 2’.