PUSHING HANDS

推手 – Taiwan, Etats-Unis – 1991
Support : Bluray
Genre : Drame
Réalisateur : Ang Lee
Acteurs : Sihung Lung, Lai Wang, Bo Z. Wang, Deb Snyder, Fanny De Luz, Haan Lee…
Musique : Qu Xiao-Song, Hsu Tai-An
Durée : 105 minutes
Image : 1.85 16/9
Son : Mandarin DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Editeur : Carlotta Films
Date de sortie : 17 juin 2025
LE PITCH
Mr. Chu, un maître chinois de Tai Chi à la retraite, rejoint à New York, la famille de son fils Alex. Sa belle-fille américaine, Martha, peine à écrire son second roman et supporte mal sa présence. Alex va devoir lutter pour garder sa famille unie, prisonnier entre tradition culturelle et style de vie moderne à l’américaine.
En exil
Ang Lee est un metteur en scène captivant. Si l’essentiel de sa carrière et de sa filmographie s’est fait aux États-Unis, il n’en n’a jamais oublié ses racines taïwanaises. Cinéaste de son temps, il porte un œil iconoclaste sur son pays d’adoption tout en gardant un pied dans sa culture d’origine.
Avec Garçon d’honneur et Salé Sucré qui lui font suite, Pushing Hands inaugure sa trilogie que l’on appelle « Father knows best ». Son triptyque le touche profondément car au-delà de l’œuvre cinématographique, c’est sa propre histoire qu’il veut raconter. Celle de l’acceptation et de l’immigration. Il prend dans son film le prétexte d’un vieux monsieur qui arrive chez son fils qu’il n’a pas revu depuis sept ans. Partagé entre la tradition paternaliste chinoise et l’américanisation par sa femme, son fils se retrouve tiraillé. Cette opposition ouvre la porte à une cacophonie familiale comme aurait pu la mettre en images le cinéma de Yasujiro Ozu notamment avec le Voyage du Père où dans une situation analogue, le vieil homme devait partir en maison de retraite pour soulager la famille incapable d’y trouver son équilibre. Son échappatoire sera le quartier de Chinatown où notre homme retrouvera un semblant de racines. Celui du respect venant de la communauté chinoise installée là, plutôt que par son fils assimilé et déchiré entre les deux cultures.
Héritage
Petit film à 400,000 dollars Ang Lee produit, écrit, réalise et co-monte Punching Hands. Comme souvent dans les premiers films, le metteur en scène évoque des choses personnelles qui le touchent particulièrement. Au détour de nombreux dialogues, en filigrane, nous pouvons comprendre sa fuite du communisme, de l’oppression du parti chinois qui a fait exiler sa famille vers Taïwan avant de migrer vers les États-Unis. Ce besoin identitaire va devenir une constante dans le cinéma d’Ang Lee ; sa sensibilité le travaille aussi bien dans ses films indépendants que dans les blockbusters que les studios lui ont courageusement commandés à coup de millions de dollars. Il n’en oublie pas nécessairement son pays puisqu’il lui rend hommage avec le carton inespéré en langue chinoise de Tigre et Dragon. On retrouve cette thématique aussi bien dans la première aventure du géant vert l’Incroyable Hulk que dans son Secret de Brokeback Mountain. Chacun de ces films explore les questions identitaires et la place de l’individu dans ce monde.
S’il ne fait pas forcément parler de lui, Ang Lee est un cinéaste qui compte. Lauréat de trois Oscars dont deux du meilleur réalisateur, de deux Lions d’or à Venise ainsi que de deux Ours d’or à Berlin, Ang Lee s’est imposé avec un naturel déconcertant. Même si son dernier film Gemini man avec Will Smith remonte déjà à 2019, cette sensibilité ne l’a jamais quitté. Il prouve au fil des années que dans cette jungle urbaine et individualiste, l’individu quel qu’il soit est en droit de trouver sa place. Un cinéaste pas forcément médiatisé mais un homme entier.
Image
L’ombre du cinéma indépendant imprime la pellicule d’un bout à l’autre. Pas d’effet wahou mais un travail classieux et respectueux de l’œuvre originale. Un master des plus agréable débarrassé et nettoyé de parasites.
Son
Uniquement en version originale, la piste son, si elle est souvent claire trouve certains passages plus étouffés que d’autres. Effet que l’on peut considérer comme négligeable vu le budget ridicule du film.
Liste des bonus
Bande annonce (2′).






