PSYCHO BEACH PARTY

Australie, Etats-Unis – 2000
Support : Bluray & DVD
Genre : Comédie, Horreur
Réalisateur : Robert Lee King
Acteurs : Lauren Ambrose, Thomas Gibson, Nicholas Brendon, Kimberley Davies, Matt Keeslar, Charles Busch, Beth Broderick, Amy Adams, Kathleen Robertson…
Musique : Ben Vaughn
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 95 minutes
Editeur : Extralucid Films
Date de sortie : 16 juillet 2025
LE PITCH
Eté 1962. Le soleil brille et une jeunesse insouciante s’éclate à Malibu Beach. L’ambiance festive est à peine gâchée par le meurtre d’une spectatrice de drive-in, au terme d’un flirt poussé. Pourtant, ce n’est qu’un début. Quelques meurtres plus loin, les soupçons s’orientent vers Chicklet, une surfeuse un peu schizo sur les bords…
Vague arc-en-ciel
Petit OVNI propulsé au tout début des années 2000 alors que le slasher faisait son grand retour sur les écrans grâce à Scream, Psycho Beach Party célèbre lui aussi, à sa façon, ce genre sanglant, mais il rend tout autant hommage à tout un pan du ciné pop des 50’s et 60’s, ainsi qu’à une culture queer ultra bath.
A l’origine Psycho Beach Party était une pièce de théâtre déjantée et très très gay imaginée par le dramaturge et acteur travesti Charles Busch qui fit sensation sur la scène indépendante et les mauvais quartiers new-yorkais. Une expérience sans queue ni tête (c’est l’auteur qui le dit) bourré d’humour gras, de sous-textes douteux et de personnages caricaturaux transformant les anciens beach movies des années 60 en célébration queer. Pour le passage au cinéma, le jeune réalisateur Robert Lee King (Bad Actress) décide d’y ajouter ses propres souvenirs nostalgiques entre vieux films de SF fauchés et slasher 80’s bien gores et crétins. Le mélange prend à la perfection tant tout ici respire l’amour du cinéma d’exploitation d’antan, des drive-ins, des séries B et Z et bien entendu… du surf sur fond vert. Avec ses couleurs pétantes et psychédéliques, ses effets spéciaux et optiques à l’ancienne et ses petits contours constamment too much, à commencer par le jeu des acteurs, on se croirait dans une version moderne d’un bon film de notre cher Ed Wood, où la maladresse prête à une certaine poésie.
“I’ve never been to an orgy before. What do I wear?”
Il faut reconnaitre que la mise en scène, entre deux détournements d’iconographies bien reconnaissables, n’est pas forcément des plus énergiques et ne profite finalement que bien peu des atours du film d’horreur pour resserrer son scénario. Celui-ci semble en effet trop secondaire avec ses meurtres un peu expédiés et son whodunnit jamais poussé, le film préférant suivre les explorations adolescentes délurées de la jeune Florence, dite Poulette, découvrant la joie de fendre la vague, de se faire chatouiller par les garçons, et dont la particularité est d’être atteinte d’un spectaculaire dédoublement de personnalité. Si la principale est celle d’une adolescente peu sure d’elle, la seconde est celle d’une dominatrice appelant le sexe et la débauche. On n’est jamais très loin ici de certains films de John Waters (Cry Baby, Hairspray…) dans la volonté constante de détourner l’imagerie bien proprette de l’Amérique idéalisée pour révéler toute la charge sexuelle et perverse dissimulée, mais mettre aussi en valeurs les nombreuses différences de chacun… Justement cibles du mystérieux serial killer balnéaire. Et cela va ici d’un jeune homme ne possédant qu’un testicule à une emmerdeuse en chaise roulante, en passant bien entendu par l’homosexualité de nombreux personnages, dont deux beaux-garçons qui trouvent toujours une bonne occasion de faire de la lutte sur la plage avec beaucoup d’huile sur le corps.
Le second degré fait nettement plus mouche que les gros gags, et on comprend aisément qu’une grande partie de la communauté LGBT ait transformé l’objet en véritable film culte. Il faut dire que si le métrage est interprété par de nombreuses figures de la télévision comme Nicholas Brandon (Buffy contre les vampires), Laurene Ambrose (Six Feet Under), Thomas Gibson (Dharma & Greg, Esprits criminels), Kathleen Robert (Beverly Hills) ou même une toute débutante Amy Adams, il se font tous voler la vedette par l’auteur Charles Busch. Il est en effet absolument réjouissant dans le rôle de la Capitaine Monica Stark, cheffe de police qui multiplie les catch-phrase de vieux (et mauvais) films noirs et fait les yeux doux au beau Kanaka, mentor du cool et de l’esprit du surf. So Camp et so fun !
Image
Pas beaucoup de choix pour Psycho Beach Party, le film n’a quasiment pas été édité en Bluray en dehors des USA et le master qui date d’une dizaine d’années avait déjà été produit à partir de la source vidéo précédente. Si les couleurs sont plutôt bien incarnées et vives et que les bords se montrent bien stables, la définition n’est jamais vraiment spectaculaire et le grain peut se montrer assez fourmillant d’une scène à l’autre. Et petite particularité supplémentaire, ce dernier contient la version complète du film, avec une dizaine de minutes supplémentaires inédites en France, dont les segments se montrent beaucoup plus abimés à l’origine (apparition de taches et spots divers). Pas une rolls, mais les plus indulgents diront que ces défauts participent à l’ambiance du film.
Son
Les pistes sonores restent fidèles à leurs petites stéréos d’origines, mais installées plus confortablement sur un DTS HD Master Audio, et assurent un bon confort d’écoute. Les dialogues sont bien équilibrés, les musiques pop jaillissent avec énergie et les bruitages restent très discrets.
Interactivité
Présenté dans un digipack slim avec fourreau cartonné au collage visuel bien rococo, Psycho Beach Party est accompagné grâce à Extralucid Films d’une longue interview en visio du scénariste et acteur Charles Busch. Ce dernier revient sur ses envies de théâtre découvertes très jeune, mais aussi son besoin de trouver une scène qui refléterait sa personnalité et son univers, d’où la naissance de la pièce Vampire Lesbians of Sodom qui recontrera un franc succès, puis de Psycho Beach Party, née au départ comme une simple blague. De la pièce au film, la rencontre avec le réalisateur Robert Lee King, l’adaptation plus tournée vers le slasher, la collaboration avec les jeunes acteurs, pour certains amenés à devenir très célèbre, et son interprétation de la capitaine Monica Stark sont passé en revue avec beaucoup de bonne humeur.
La section comporte aussi une présentation du film par Mylène Da Silva (la chaine Youtube welcometoprimetimebitch) qui revient aux lointaines origines du slasher pour expliciter sa vision camp et décalée dans le film en présence. Un ton et un regard très sympa.
Liste des bonus
« Queerabunga » : entretien inédit avec Charles Busch, « Slasher, Camp and Sun » : la capsule temporelle, « Psycho Beach Party » par Mylène Da Silva, Bande-annonce.








