POTINS DE FEMMES

Steel Magnolias – Etats-Unis – 1989
Support : Bluray
Genre : Comédie dramatique
Réalisateur : Herbert Ross
Acteurs : Sally Field, Dolly Parton, Shirley MacLaine, Daryl Hannah, Julia Roberts, Olympia Dukakis, Tom Skerritt, Sam Shepard, Dylan McDermott…
Musique : Georges Delerue
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 5.1 Anglais, Dolby Surround 2.0 Français, Allemand, Italien…
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Italien, Espagnol…
Durée : 117 minutes
Editeur : Sony Pictures
Date de sortie : 8 janvier 2025
LE PITCH
Confidences de nanas et papotages en tous genres. Dans un petit salon de coiffure provincial, six femmes se confient l’histoire de leurs vies…
Un mariage et un enterrement
C’est ce que certains, mâles, appelleraient un film de gonzesses. Et le titre français le rappelle avec une jolie condescendance. Un mélodrame tendre et idéalisé autour d’une petite communauté de femmes d’une ville de Louisiane qui se retrouve régulièrement dans le salon de coiffure local. La vie, l’amour, la mort, l’amitié, les permanentes…
Peu connu en France, même si la version française eu un certain succès sous le titre Coiffures pour dames, Steel Magnolias est une pièce très célèbre outre-Atlantique, régulièrement reprise et adaptée, et à laquelle de nombreuses actrices se sont essayées. C’était avant tout pour le dramaturge Robert Harling (Le Club des ex, Une Affaire de cœur) un moyen d’exorciser le décès de sa sœur dans des conditions très proches de celles rencontrées par le personnage de Julia Roberts dans le film. Il y a forcément dans le texte donc une note intensément personnelle, baignée d’une certaine nostalgie et d’une tendresse toute particulière pour une galerie de personnages assez farfelus et une famille directement héritées de ses souvenirs. Mais la pièce avait aussi assez naturellement choisi de se circonscrire à l’unique cadre du salon de coiffure, reposant sur le dialogue entre ses femmes si différentes (« et pourtant si proches »), faisant le point sur leurs situations, parlant avec regret du passé, espoir du futur, et multipliant les anecdotes sur des évènements qui se sont déroulés dans toute la ville. La où Steel Magnolias, le film, gagne des points, c’est en refusant totalement la rigidité du théâtre filmé (comédie française, si tu nous entends) et en multipliant justement les décors, en allant voir dehors ce qu’il se passe. Le salon est bien entendu toujours central, mais beaucoup moins étouffant : le réalisateur Herbert Ross assiste avec sa caméra au fameux mariage, retrouve tout ce beau monde quelques mois plus tard dans des rues en pleines célébrations nationale puis bien entendu dans les couloirs de l’hôpital où le drame se joue.
Mèches gaufrées
Plutôt à la mode dans les années 80, Herbert Ross n’a jamais été un grand esthète, mais à tout de même déjà signé d’authentiques succès avec Les Secrets de mon succès et surtout l’excellent Footloose dont on retrouve ici la volonté de ramener le divertissement à une certaine réalité plus rurale, de réduire le grand mélodrame hollywoodien à un quotidien plus prosaïque. Comme lors de cette annonce d’une grossesse ardemment désirée par la fille et crainte (pour de très bonnes raisons) par une mère prête à tous les sacrifices, qui se cantonnera en mode feutré à une cuisine, certes bourgeoise, mais finalement bien ordinaire. Un cadre dramatique qui cultive une certaine retenue à même de compenser partiellement les grands élans lacrymaux et les bons sentiments indispensables à ce type de longs métrages, et lui offre ainsi une appréciable légèreté. Mais si Potins de femmes a crée un lien indéfectible avec toute une communauté de spectatrices, c’est surtout, il faut bien le dire, pour ce casting 5 étoiles qui permet de croiser Sally Field (Madame Doubtfire, Forrest Gump…) et une Julia Robert à l’orée de son succès (Pretty Woman arrive quelques mois plus tard), toutes en émotions, épaulées comme il se doit par les solides Olympia Dukakis, la chanteuse country Dolly Parton , la fabuleuse Shirley MacLaine en vieille acariâtre et même la débutante Daryl Hannah. Les hommes ne s’en sortent pas si mal (Tom Skerritt d’une rare justesse comme toujours) mais avouons que la parole ne leur est pas si souvent laissée, apparaissant surtout comme des petits bonhommes un peu largués, fragiles et qui frôlent la position de sympathique balourd.
Malgré le statut que peut garder le film aux USA (essentiellement), gageons que Potins de Femmes n’a rien d’un grand chef d’œuvre du mélodrame, mais il fait au moins passer un bon moment en très bonne compagnie, entre rires et sanglots, prises de becs et petit ragots pas bien méchants.
Image
Petit décalage de calendrier (et sans doute que le film n’a pas la même aura là-bas qu’ici), Potins de femmes sort chez nous pour la première fois en Bluray alors qu’aux USA il est désormais disponible en 4K. il s’agit cependant de la même source, sérieusement nettoyée et parfaitement stabilisée et qui, si elle n’impose pas forcément une définition absolument renversante, cajole tout de même un piqué solide qui redonne une certaine présence aux décors, costumes et visages. Les couleurs ne sont pas en reste, en particulier durant la première partie du film, plus joyeuse, avec de très jolis contrastes et un rendu chaleureux très agréable.
Son
La version originale est proposée en DTS HD Master Audio 5.1 mais ce dernier ne fait pas vraiment de prouesses, restant plutôt concentré sur les avants et les dialogues. Les quelques essais de mise en place d’une dynamique plus ample ne sont pas vraiment gênants, mais pas vraiment concluants non plus.
La version française conserve sa stéréo d’origine pour un rendu très plat, très télé, mais heureusement sauvé par quelques doubleuses de qualité.
Interactivité
L’édition Bluray reprend les bonus d’une ancienne édition DVD et ces derniers sont donc restés en SD. Les scènes coupées délivrent quelques anecdotes et détails supplémentaires mais n’auraient effectivement pas changé le visage du film. En guise de Making of, « En pleine floraison » se concentre presque uniquement autour des interviews de Robert Harling et d’Herbert Ross avec coté casting uniquement Shirley MacLaine qui passe la tête… et c’est bien dommage. Le propos est tout de même assez intéressant, évoquant bien entendu le riche casting, mais aussi les origines très personnelles de la pièce et l’important travail d’adaptation.
Liste des bonus
En pleine floraison : Le Souvenir de Potins de femmes (28′), Scènes Supplémentaires.