POLTERGEIST II & III

Poltergeist II : The Other Side, Poltergeist III – Etats-Unis – 1985, 1988
Support : Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Brian Gibson, Gary Sherman
Acteurs : JoBeth Williams, Craig T. Nelson, Heather O’Rourke, Oliver Robins, Tom Skerritt, Nancy Allen, Zelda Rubinstein, Lara Flynn Boyle…
Musique : Jerry Goldsmith, Joe Renzetti
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 90 et 98 minutes
Editeur : BQHL Éditions
Date de sortie : 30 septembre 2025
LE PITCH
Poltergeist II : La famille Freeling ont emménagé dans une nouvelle maison après la destruction de leur résidence de Cuesta Verde par des visiteurs terrifiants venus de l’au-delà… Mais les esprits sont toujours aussi déterminés à atteindre Carole-Anne. Conduits par Kane, un démon déguisé en prêtre, les spectres maléfiques tentent d’emmener Carole-Anne « de l’autre côté »…
» They’re here too «
Joli classique du cinéma d’horreur des années 80, Poltergeist aura connu deux suites officielles tournées trois et six ans plus tard toujours sous l’égide de la MGM mais loin des yeux avisés de Tobe Hooper (Massacre à la tronçonneuse) et Steven Spielberg (E.T.). Deux propositions plutôt sympathiques cependant où malgré les soucis de production, le surnaturel persiste à l’écran.
Rien n’aura jamais vraiment été facile autour des coulisses de la saga Poltergeist, rongées dès l’origine par la question de la paternité du premier film (qu’elle est vraiment la part de Hooper, réalisateur crédité mais souvent éclipsé par son producteur charismatique?) et qui malgré le succès important lors de sa sortie en salles, va rapidement connaitre des tensions entre la MGM et les deux « papas » qui se retirent d’un projet de suite. Pas gênant pour le studio qui rattrape au vols les scénaristes Michael Grais et Mark Victor et une bonne partie du casting, afin de rejouer dans les grandes lignes plus ou moins la même petite mélodie gentiment effrayante de la famille américaine middle-class (Craig T. Nelson et JoBeth Williams sont toujours aussi crédibles en parents lambda) devant faire front face à une menace venue de l’au-delà. Si le premier film se contentait d’évoquer des âmes agitées par la profanation de leurs sépultures (le pâté de maison était construit directement sur l’ancien cimetière), Poltergeist II s’efforce d’en offrir une raison plus concrète avec la découverte des restes enfouis d’une terrible secte maléfique menée par le Révérend Kane. De quoi permettre d’expliquer pourquoi la petite Carole Anne, détentrice de pouvoirs médiumniques, est leur cible privilégiée, mais aussi d’installer un véritable antagoniste, faisant d’ailleurs directeur écho à quelques épisodes sombres de la colonisation du continent. Si le personnage marque d’ailleurs autant, et bien plus d’ailleurs que dans le troisième opus, c’est certainement grâce à l’interprétation inquiétante et la présence saisissante de l’acteur Julian Beck, malheureusement très malade et qui décèdera au cours du tournage.
L’autre grand argument de Poltergeist II reste ses effets spéciaux, plus luxueux encore que ceux du premier film, confiés à une batterie de spécialistes débauchés de chez ILM et associés au spécialiste des maquillages Screaming Mad George et au designer H.R. Giger. Des effets optiques toujours spectaculaires, des maquillages et cadavres bondissants impressionnants, quelques délires amusants (l’appareil dentaire agressifs…), mais il parait vite évident que l’agenda du studio et du réalisateur débutant Brian Gibson, qui ne persistera pas vraiment dans le genre,consiste surtout à rester gentiment dans les rails et à surtout limiter consciencieusement les risques. A ce titre la dernière bobine qui s’engouffre dans un happy-end dégoulinant dans un monde des esprits plus catho que new âge refroidit quelque peu l’enthousiasme.
Cortège funèbre
Doté de quelques bons moments mais certainement moins marquant, plus timide dans l’horreur pur et pourtant doté d’un budget deux fois plus important que son modèle, Poltergeist 2 n’en remporte que la moitié des recettes attendues. Cela n’empêche cependant pas la MGM d’imaginer un troisième film, mais avec une optique radicalement différente. Exit cette fois la famille Freeling dont seule l’iconique Heather O’Rourke dans le rôle de Carol Anne a accepter de rempiler, le décor confortable de la banlieue américaine et les moyens surdimensionnés du blockbuster estival.
Cinéaste venu de la série B Gary Sherman (Le Métro de la mort, Vice Squad, Réincarnations, Mort ou vif avec Rutger Hauer) imagine donc la pauvre jeune fille désormais hébergée par sa tante (Nancy Allen) et son nouveau maris (Tom Skerritt) fiers propriétaires d’un gigantesque building ultra moderne. Outre la confrontation évidente entre le monde de l’immatériel et la symbolique rutilante de la débauche capitaliste et du modernisme tape-à-l’œil, Poltergeist III marque d’emblée par des effets spéciaux beaucoup plus économes, nettement plus à l’ancienne, reposant uniquement sur des effets mécaniques et surtout des trucages optiques, jeux de miroirs, de reflets et de doublures diverses, qui viennent constamment faire douter la réalité de l’image présentée. Les errances dans les couloirs de l’immeuble où les silhouettes du vilain révérend apparaissent en se démultipliant reste l’une des plus belles trouvailles du film. Dommage malheureusement que le scénario en lui-même ne tienne jamais vraiment la route, peinant à imposer ses nouveaux personnages (la direction d’acteur et les dialogues pêchent clairement) ou plus largement à se renouveler durant la seconde moitié. On reste aussi circonspect devant toute la trame secondaire incluant un psychologie hypnotiseur convaincu que Carol Anne est une affabulatrice. Il faut dire aussi que question ambiance, la musique somptueuse et incarnée de Jerry Goldsmith manque cruellement au spectacle, et que les coupes budgétaires limitent la portée des apparitions fantomatiques.
Enfin, la fin du tournage fut cruellement marquée par les soucis de santé de la jeunes actrice Heather O’Rourke, atteinte de la maladie de Crohn et dont les apparitions se font de plus en plus rare à l’image. Elle décéda malheureusement quelques jours après la fin des prises principales. Elle ne put donc être présente pour les reshoot du triste et très expédié final, remplacée par une doublure constamment montrée de dos. Une faute de goût quelques peu douteuse qui laisse une petite note amère pour une trilogie qui reste définitivement attachée à sa bouille angélique, ses longs cheveux blonds et surtout cette fameuse frange aux airs de punition. Bien entendu le troisième film lui a été dédié et c’était la moindre des choses.
Image
On avait connu les transfert HD de la première édition de la Fox apportant des teintes décolorées, des cadres lissés et un grain des plus envahissants. Ici BQHL reprend les nouveaux transfert US de Shout produits à partir de nouveaux scan 2K de sources interpositives. Quelques défauts de pellicules persistent alors forcément (points blancs, petites instabilités, restes de griffures diverses…) et les plans à effets spéciaux se détachent aisément, reste que le résultat final n’a plus rien à voir : couleurs naturelles et joliment contrastées, noirs impeccables, luminosité stable et grain de pellicule organique délivrent des masters de très bonnes qualités qui permettent, enfin, de redécouvrir les films dans de bonnes conditions.
Son
Les deux films se dotent désormais de mixages DTS HD Master Audio 5.1 qui tout en respectant une source plutôt frontale, disposent assez efficacement quelques effets sur les enceintes arrières et latérales pour accompagner au mieux les séquences les plus effrayantes. Quelques ambiances, mais plutôt discrètes, et qui ne tombent jamais dans l’artificiel clinquant. Pour les puristes, il reste tout de même les deux pistes stéréo d’origines en DTS HD Master Audio 2.0, bien fermes et équilibrées même avec le doublage français.
Interactivité
Comme trop souvent BQHL ne reprend malheureusement pas les nombreux suppléments des éditions américaines (commentaire audio, making of, archives…) et laisse le soin à un journaliste locale de tenter de compiler un maximum d’information dans ses présentations. Si Jean-François Dickeli commence mal en minimisant le travail de Tobe Hooper sur le premier film, offrant toute la paternité à Steven Spielberg, il se rattrape ensuite en délivrant les petites infos et anecdotes attendues (filmographies, reshoot, décès des acteurs…) tout en s’efforçant de souligner les thèmes récurant de la trilogie (l’Amérique moderne hanté par ses vieux fantômes) et pourquoi pas même des traces d’une œuvre plus personnelle avec Gary Sherman.
Liste des bonus
Présentations du chroniqueur Jean-François Dickeli.








