POLICE

France – 2020
Support : Bluray
Genre : Drame
Réalisateur : Anne Fontaine
Acteurs : Virginie Efira, Omar Sy, Grégory Gadebois, Peyman Maadi…
Musique : Divers
Durée : 83 minutes
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titres : Aucun
Éditeur : Studiocanal
Date de sortie : 06 janvier 2021
LE PITCH
Virginie est agent de police. Elle oublie le fiasco de sa vie privée pour se perdre dans son travail. Un soir, alors qu’elle devrait rentrer tôt pour un dîner de famille, elle accepte une mission nocturne : reconduire un migrant à l’aéroport. Sur le chemin, elle apprend que repartir dans son pays le met en danger de mort.
Sous l’uniforme
Si on devait résumer la filmographie d’Anne Fontaine en quelques mots, « Humanité » serait en bonne place, tant cette qualité transpire de chacun de ses films, qui regorgent de personnages souvent touchants et attachants. Peu de grandes histoires, surtout des petits destins qui se croisent et s’entrechoquent. Des vies prisent au hasard de sa plume, incarnées par une myriade de comédiennes et comédiens qui changent souvent devant sa caméra. Rien d’étonnant donc, que son dernier film consacré aux forces de l’ordre ne déroge pas à la règle. Pas de grand thriller, pas d’action explosive. Mais une adaptation du roman du même nom d’Hugo Boris qui remporta le prix Eugène-Dabit du roman populiste en 2016. Un prix qui se définit lui-même comme récompensant une œuvre littéraire qui « préfère les gens du peuple comme personnages et les milieux populaires comme décors à conditions qu’il s’en dégage une authentique humanité ». Tiens donc !
Au centre de cette histoire, Virginie (Virginie Efira, parfaite comme toujours), femme flic dont la vie privée se délite et qu’elle fuit en passant tout son temps au boulot. Un boulot épuisant pour le corps et usant pour les nerfs. Un boulot dans lequel elle a trompé son mari avec un collègue, Aristide (Omar Sy, impeccable aussi), colosse noir à la blague facile, au sourire contagieux, qui va lui apporter ce qui lui manquait le temps d’une soirée.
Virginie est taiseuse, Aristide se livre facilement et pose trop de questions. Pour oublier les conséquences dramatiques des faits divers morbides qu’il vit tous les jours avec ses collègues et ramènent à la maison le soir. Virginie et Aristide sont différents mais ils se sont trouvés. Du moins le temps d’une minuscule échappatoire. Alors que leur hiérarchie cherche des volontaires pour reconduire un migrant à l’aéroport, elle va accepter pour fuir sa vie privée, lui va accepter pour l’accompagner. Entre eux, un troisième collègue, Erik (Grégory Gadebois, au diapason de ses deux partenaires de jeux), vieux briscard à cheval sur le règlement dont le couple part lui aussi à vau-l’eau et qui va avoir fort à faire avec ses deux collègues.
L’heure bleue
En quelques courtes scènes, Anne Fontaine pose son décor et ses personnages. Via quelques lignes de dialogues savamment dosées et une direction d’acteurs au cordeau, elle nous plonge tête la première dans son histoire et capte définitivement notre attention. Une force tranquille, toute en finesse, qui est une de ses marques de fabrique et qui ici prend corps sous la forme d’une virée nocturne souvent silencieuse où les regards s’affrontent. Face aux trois flics, un migrant qui ne parle pas un mot de Français (incarné par Peyman Maadi, acteur iranien révélé par la caméra d’Asghar Farhadi et vu récemment dans la saison 3 de Westworld). En fait un demandeur d’asile politique qui sera probablement tué s’il retourne dans son pays, le Tadjikistan. Un fait obtenu par hasard par Virginie, qui va alors tout faire pour soustraire le réfugié à son destin funeste. Le film se transforme alors en drame surréaliste, où les trois flics vont s’engueuler autour du sort de leur « client ». Se contenter de tout simplement suivre les ordres ou bien le laisser s’échapper ? L’accompagner aveuglément vers une mort qu’on sait certaine ou lui donner une ultime chance, fut-elle infime, de s’en sortir ? Tout le propos du film est là, dans ce soubresaut d’humanité agonisante cachée sous un uniforme bleu qui se fond presque avec la noirceur de la nuit. Si on peut trouver l’exercice périlleux et s’appesantir sur le rythme peu soutenu du film dans sa seconde partie et dans sa conclusion finalement un peu facile, on peut aussi se satisfaire du courage à montrer nos forces de l’ordre sous un jour nouveau, comme une réponse au film coup de poing de Ladj Ly récemment couronné. Un double positif tout en force émotionnelle certes moins marquant mais qu’il serait dommage d’ignorer.
Image
Parfaite. La nuit avale littéralement l’écran, les teintes sombres se succèdent sans nuances. Entre deux scènes sombres ou nocturnes, les blancs sont éclatants, aèrent la vision. Un sans-faute.
Son
Un 5.1 sans soubresauts, toute en finesse, qui donne du relief, presque de la matière, aux voix des personnages. Un résultat au diapason de l’image donc.
Liste des bonus
Aucun.