POISSONSEXE

France, Belgique – 2020
Support : DVD
Genre : Comédie dramatique
Réalisateur : Olivier Babinet
Acteurs : Gustave Kervern, India Hair, Ellen Dorit Petersen, Okinawa Valérie Guerard, Alexis Manenti, Sofian Khammes, …
Musique : Jean-Benoît Dunckel
Durée : 85 minutes
Image : 2.35 16/9
Son : Français Dolby Digital 5.1
Editeur : Blaq Out
Date de sortie : 6 janvier 2021
LE PITCH
Alors que la faune océanique est au bord de l’extinction, un biologiste timide rêve de paternité. Sa quête l’amènera à deux découvertes extraordinaires : un poisson et l’amour …
Le Monde du silence
Passé totalement sous les radars en raison d’une sortie calée entre deux confinements nationaux, le troisième long-métrage d’Olivier Babinet (Swagger) s’offre une nouvelle chance avec une sortie en DVD plus que minimaliste. Quand ça veut pas …
Et si les poissons, baleines, dauphins et autres animaux marins venaient à disparaître ? C’est la question plutôt angoissante qui sert de toile de fond à cette drôle de fable d’anticipation, partagée entre écologie et romantisme 2.0. Le concept ne manque pas de potentiel mais Olivier Babinet, loin de sentir inspiré, préfère se reposer sur des références faciles en espérant que la sauce finisse par prendre. Entre un poisson drone au look de vieux jouet retro, un amphibien mystérieux et tout mignon qui change de couleur, des théories fumeuses sur le langage des piranhas et même une rivalité (très peu développée) entre notre héros biologiste et le scientifique très médiatisé qui lui a piqué sa femme, on retrouve là de nombreux éléments piochés directement dans La Vie Aquatique de Wes Anderson. Mais le réalisateur de Grand Hotel Budapest n’est pas le seul à faire les frais du manque d’originalité de Poissonsexe. Fleuron de la comédie romantique contemplative et à l’épreuve des technologies modernes, Her de Spike Jonze est également de la fête. Même rythme langoureux, même musique électro ronflante, même désert amoureux rythmé par les algorithmes des sites de rencontre, même scène de sexe désincarnée qui vire au fiasco. C’est un peu facile mais on ne va pas s’en priver : Olivier Babinet nage en terrain connu.
Gustave in love
Comment faire pour différencier Poissonsexe de cette multitude de films indépendants qui se regardent le nombril en étirant au-delà du raisonnable (un peu comme cette phrase) un argument de court-métrage et en affichant une esthétique de pub pour produits Apple ? En vantant ce parallèle de fond très ambitieux qui ramène le manque de libido de deux petits poissons, derniers représentants de leur espèce, à l’un des nombreux symptômes d’une frustration sexuelle globalisée ? Hmmm, non, pas vraiment. En espérant que Gustave Kervern, maillon essentiel de la galaxie Groland et binôme de Benoît Delépine, devienne par on ne sait quel miracle le Bill Murray français ? Encore raté, le non-jeu du bonhomme constituant -et de loin – le défaut le plus rédhibitoire de Poissonsexe.
Le peu de sympathie ou d’intérêt que le film d’Olivier Babinet génère, il le doit à l’épatante India Hair. Sur le papier, le rôle de Lucie flirte avec le cliché pur et dur, celui de la jeune fille un peu paumée, malheureuse en amour et dont les cicatrices ne sont pas qu’émotionnelles ou psychologiques. À l’écran, le miracle opère et l’actrice porte littéralement le film sur ses épaules. Un film qui aurait mieux fait de zapper Daniel, le looser bouffeur de donuts qui voudrait bien être papa, et de se recentrer sur la caissière de la station essence, demoiselle triste et solitaire qui regarde en boucle les images de Miranda, dernière baleine au monde, et qui lit du Nietzche pour s’endormir l’esprit serein. Pas de bol.
Image
Déjà obsolète pour beaucoup, le DVD fait de la résistance. Malgré les limites techniques du support, le transfert de Poissonsexe n’a pas à rougir de la concurrence en haute-définition. Une très belle palette de couleurs, naviguant entre le rose et le bleu, et un encodage solide qui déjoue les pièges des sources multiples et des basses lumières sont là pour nous prouver que la bonne vieille galette standard n’a pas encore dit son dernier mot.
Son
Peu ou pas d’effets pour un mixage très clair mais aussi très mou. Vu le sujet, on pouvait s’attendre à une sorte de cocon acoustique, aux sonorités réconfortantes. Il n’en est rien et ce 5.1 ressemble tout juste à une stéréo de journal télévisé de 20h.
Liste des bonus
Aucun.